Photos Daniel M (Habitation Clément, Martinique)
Avec l'apparition de la dynamique accrue de nos capteurs d'image numérique, le contre-jour n'a plus bonne presse et est même perçu comme un raté de l'image enregistrée avec son exposition contrastée et radicale. Et pourtant il y a tant à rechercher en terme d'impact avec une technique de contre-jour bien maitrisée qui allie composition graphique avec le moment critique de prise de vue. De plus, avec nos viseurs électroniques modernes et nos écrans de visionnement, anticiper un contre-jour devient un jeu d'enfant.
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Si le contre-jour une délimitations évidentes des arêtes du sujet principal elle ne se limite pas à ce simple effet de lumière et, par extension, d'exposition extrême de l'image. Il propose aussi un narratif plus étendue sur le pourquoi de l'image et laisse planer le doute sur son essence même avec une forme extrême de conversation visuelle tronquée.
Photos Daniel M
Dans le ballet des images successives que la vie nous expose quotidiennement, il y a parfois une harmonie des formes, des nuances et des lignes qui nous appelle, qui nous charme et nous enchante. Car l'exposition à une image quel qu'elle soit n'est pas toujours une agression des yeux mais parfois une floraison de couleurs même monochromes et d'émotions qui nous emporte vers le rêve et la pensée idéale.
Il y a une certaine perfection des sens qui se sublime même dans la dissonance des arrangements des choses ou encore dans les contextes plus chaotiques des environnements. L'histoire implicite de toute image photographique est un déclencheur d'émotions et un vecteur qui conduit à la réflexion. À la limite du perceptif visuel, l'aspect onirique de cette image peut engendré une vision poétique du sujet lorsque que l'auteur lui inclut cette dimension qu'il s'agisse d'un sujet particulier ou d'un contexte choisi.
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La poésie exprime bien l'idéalisme de son auteur et rebelle des notions qui subliment l'émotion dans un sens ou dans un autre. L'amour, la tendresse, la peur, le rejet, l'espoir ou sa contrepartie, autant de sentiments et d'autres encore plus que la poésie des sons, des images, des écrits leur attribuent une valeur additive. Nous avons tous cet envie de poésie dans nos vies qui ne demande que de pouvoir s'exprimer et s'exposer. Oui on peut l'écrire, la chanter, la dessiner, la sculpter mais aussi l'illustrer visuellement en photo. Alors pourquoi s'en priver?!
Photo Daniel M
Photos Daniel M
Créer une impression de profondeur sur une image à plat, de deux dimensions seulement fait souvent appel à une certaine habilité à composer cette image avec un soin plus particulier car il faut faire appel à l’intuition de l’observateur à déceler celle-ci plus qu’à simplement la percevoir comme en vision trois dimensions. Il y a donc une sorte de foi en l’expérience visuelle de celui ou celle qui observera la photographie et la transposera dans sa perception virtuelle.
L’art d’arranger avant-plan et arrière-plan n’est pas nouveau tant en photographie que dans la projection d’images animées comme au cinéma ou en vidéographie. Mais c’est sur le terrain et lors de la prise de vues que cet exercice doit d’abord être pratiqué avec adresse et perspicacité. Il y a donc une analyse préliminaire du contexte et du choix des ou du sujet(s) à réaliser avec soin. Le cadrage, la position des objets-sujets et leur proportions respectives jouent un rôle déterminant dans la réussite de l’effet souhaité par le ou la photographie.
Il faut aussi bien comprendre le rapport qu’il peut exister entre les sujets proposés pour s’assurer de la vraisemblance de la scène enregistrée. Par exemple en illustration documentaire ou même publicitaire, cette approche est bien connue et maîtrisée. Donc cette profondeur n’est pas seulement un aspect physique de l’image mais lui confère ausssi une dimension métaphysique non négligeable en ce sens qu’elle étoffe le coté anecdotique de l’image.
Il y a donc avant-plan et arrière-plan et peut-être aussi plan central qui sont des éléments déterminants de l’impact d’une photographie soignée et plus percutante.
Photo Daniel M
L'absence d'équilibre nous induit à une instabilité peu rassurante comme s'il fallait qu'il y est toujours un début et une fin de toute chose par la présence d'un rebord ou d'une arête scénique rassurante et délimitante. En photographie le cadre même de l'image personnifie les limites pour lesquels l'agencement du sujet et de son contexte nous entraine dans ce discours de la symétrie parfois même au dépens de l'histoire implicite du propos de celle-ci. Quand l'univers penche, le regard glisse vers un extérieur inconnu et dérangeant comme une ligne d'horizon qui se cherche et qui se perd.
Une photographie qui présente une asymétrie évidente est souvent associée à une mauvaise maitrise de la composition du sujet qui, elle, devrait s'en tenir aux dictats de certaines règles de composition longtemps proclamées pour l'exercice de cet art visuel. Or d'autres formes artistiques importantes comme la sculpture ont démontré qu'on peut volontairement dépasser les limites imposées par un académisme contraignant et obtus.
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L'asymétrie n'est pas pour autant une nouvelle panacée auquel il faudrait maintenant se conformer à tout prix mais tout bonnement une autre façon de faire et de montrer qui peut avoir sa place dans notre imaginaire et ses représentations concrètes.
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Aux Antilles on nous appelle les "canadiens" ou plutôt ces chères canadiens bien que nous ne savons pas trop à quoi nous devons cette réputation bienveillante. Je ne saurais m'en plaindre surtout comparé à l'accueil beaucoup plus froid de nos voisins immédiats du sud dont l'agressivité peut-être innée nous déstabilise de plus en plus. Revenons donc à la chaleur antillaise et pas seulement calorifique mais bien plus rayonnante d'ouverture et de curiosité à notre égard.
J'aime bien ces longs séjours d'un mois ou plus qui nous font vivre un peu le charme débonnaire du sud caribéen et nous incite à ralentir notre rythme parfois jusqu'au point de l'inertie réparatrice tant pour le corps que l'esprit. Et de cette presqu'obligation de réflexion nait également celle de l'inspiration des idées et des émotions. Prenons-nous encore le temps de vivre et de laissez-vivre? En tout cas, aux Antilles, les secondes, les minutes, les heures, les jours s'allongent et se ressourcent au gré de l'onde maritime, des alizés et de l'alternance de l’azur du ciel.
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Les Antilles c'est l'été perpétuel pour tout nordiste que nous sommes qui doivent subir cet hiver si pittoresque pour les visiteurs non-résidents.
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On parle souvent d'appareils photo en omettant l'un des éléments matériels essentiel de la pratique du médium, soit l'optique de prise de vue. Et pourtant cela reste un incontournable qui définit bien les caractéristiques et la définition de l'image enregistrée. Tout au long de mon modeste pèlerinage entre différents équipements de prise de vue, j'ai expérimenté toutes sortes d'objectifs avec parfois un bonheur inégal mais souvent aussi avec un appétit renouvelé de produire la plus belle représentation visuelle de mes sujets.
Voici quelques optiques parmi d'autres qui ont marqué mon imaginaire créatif à travers le temps:
Les 50mm incontournables! Au début de tout en ces temps du reflex mono-objectif obligé, l'optique de 50/55mm régnait en maitre quand il s'agissait de s'introduire au format de film 135 (35mm). Il est vrai que ces objectifs dits normaux ou standards étaient probablement la meilleure "affaire" à se procurer pour plusieurs dont l'avoir financier était limité. Dotés d'une grande ouverture maximale très utile, tous ces objectifs normaux furent une initiation finalement très fructueuse en opportunités de prise de vue tout azimut. Les Canon SC, Cosinon, Nikkor Ai, Olympus Zuiko, Pentax SMC, etc. ont tous contribué à l'intensification d'une passion pour la photographie.
Nikkor 24mm F2.8 Ai-S / 35mm F2.8 Ai-S J'adorais ces courtes focales de Nikon. Elles personnifiaient avant l'heure toute la versatilité qu'on associe maintenant à la "street photography". Petite, légère, discrète, le mot compact n'a jamais été aussi mieux défini dans le format 135. Aucun souci à se faire du coté optique, elles répondaient de la réputation de leur manufacturier à l'étendard jaune-bleu de l'époque avant qu'il abhorre toutes ces dorures actuelles. Mon affection pour l'angle de champs du Nikkor 24mm (autour de 84 degrés) s'est transporté tout au long de mes acquisitions optiques futures peu en importait la marque ou le format de film et de capteur.
Nikkor 300mm F4.5 Ai Avant l'introduction du vénéré Nikkor 300mm F2.8 par toute la diaspora photo-journalistique, il y eu ce Nikkor 300mm F4.5, un téléobjectif compact, de belle facture avec un pare-soleil coulissant intégré (une merveille) et surtout une belle définition optique pour peu que vous maitrisiez vos paramètres de prise de vue. On disait de la longueur focale de 300mm en format 135 (35mm) qu'elle constituait le premier véritable téléobjectif avec un grossissement de 6X par rapport à la normale de 50mm. Il est vrai que son effet de compression était une signature visuelle reconnaissable et indéniable. Et que dire de cette bague rotative de prise de montage pour mono pied ou trépied, tout simplement bluffant pour le photographe d'action!
Tamron SP 80-200mm F2.8 LD Adaptall II (monture Nikon Ai-S et Leica R) C'était l'âge d'or du photo-reportage et tous ces premiers objectifs-zoom-télé modérés représentaient l'avant-garde de l'émergence des objectifs à focale variable dont la définition allait enfin s'approcher des focales fixes. Avec cette série SP, Tampon allait enfin recevoir la reconnaissance de son sérieux optique. Si on le combinait avec le doubleur Tampon SP, il se transformait en un redoutable 160-400mm F5.6, parfait pour le photographe de course automobile que j'étais durant cette ère de la super-empreinte carbone! Lui aussi était doté d'une bague-trépied dont l'usage devenait essentiel avec ses longues distances focales à une époque où la stabilisation était plus un objectif politique ou médical, et où la sensibilité des films argentiques restait fort limitée.
Leica 90mm F2.8 Elmarit M / 135mm F2.8 Elmarit R Oui je peux témoigner aujourd'hui de la finesse de toutes optiques estampillées par Leica que l’on pouvait aisément distinguer à l'examen attentif d'une diapositive 135 (35mm)par exemple. Leur contraste plus élevé, les couleurs plus vives, mieux séparés, le point focal très précis, autant de caractéristiques qui en faisaient des jaloux dans la communauté. Certes leur coût d'acquisition était déjà indécent et leur gamme restait restreinte et bien peu novatrice mais leur rendu iconographique n’était jamais décevant. Cependant à cette époque de l'invasion et l'invention toute nipponne, Leica s'est perdu dans une rigidité traditionnelle qui a failli causer sa perte puis ensuite assurer paradoxalement sa rédemption auprès surtout des collectionneurs d'objets d'art photographique!
Olympus M.Zuiko 45mm F1.8 Ce fut l'objectif qui m'a convaincu de la pertinence du format de capteur numérique Micro Four Third (µ43) avec sa définition exemplaire, un bon contraste et un beau rendu des couleurs. Petit, discret, compétent mais non stabilisé comme son cousin le Panasonic Lumix G 42.5mm F1.7 OIS qui, avouons-le, est du même niveau. C'est plus qu'une optique portraitiste mais surtout un semi-téléobjectif avec un pouvoir discriminant accru par rapport à un objectif standard. OM System fait bien de le maintenir dans son catalogue et devrait le tropicaliser au plus tôt.
Olympus M.Zuiko ED 12-40mm F2.8 Pro / M.Zuiko ED 40-150mm F2.8 Pro Si on devait dater le début véritable de la vocation professionnelle du format µ43, on pourrait citer sans arrière pensée leur introduction en septembre 2013 bien que les Panasonic Lumix G Vario 12-35mm et 35-100mm F2.8 OIS les ont précédé d'un an. Dans les deux cas, ces optiques Pro d'Olympus ont fait école chez plusieurs photographes bien appuyés par des versions aussi Pro des modèles d'appareils de la série OM-D E-M1. Pour ma part je les ai particulièrement apprécié en combinaison du OM-D E-M5 Mark II. Ce n'est que plus tard que je me suis questionné sur leur résistance à plus long terme avec deux exemplaires fautifs mécaniquement parlant.
Panasonic Lumix G 20mm F1.7 J'ai découvert ce petit joyau (un peu fragile cependant, il me semble) avec l'acquisition d'un boitier Lumix GX7. Équivalent à l'ancien mais très aimé 40mm en format 135 (35mm), ce 20mm est une perle qui mériterait cent fois une mise à jour de Panasonic mais n'attendez pas en vain! Sa construction, malgré tout, reste suspecte et l'expose trop aux aléas de la vie plus mouvementé et son mécanisme de mise au point automatique est, avouons-le, une horreur qui se laisse bien entendre. Mais que voulez-vous, l'amour est aveugle...
Panasonic Lumix G Vario 12-60mm F3.5-5.6 Power OIS / G Vario 45-200mm f4-5.6 II P OIS Ce duo Lumix G Vario "amateur" m'a toujours étonné par sa compétence et une certaine versatilité. C'est un ensemble tropicalisé qui se prête bien à la photographie baladeuse, urbaine ou rurale, en banlieue ou en voyage dans des lieux plus exotiques. Comme optique urbaine, le Lumix G Vario 12-60mm a beaucoup à offrir et plus particulièrement en rendu monochrome noir et blanc. Quant au G Vario 45-200mm, sa performance pour des sujets rapprochés (close focusing) est étonnante et remarquable tout comme d'ailleurs sa bonne versatilité en téléobjectif.
Fujifilm Fujinon XF50mm F2 WR Avec un rapprochement d'environ 1,5X par rapport au standard APS-C de 35mm et aidé de sa plus grande ouverture maximale de F2, ce petit téléobjectif donne juste assez de pouvoir séparateur pour isoler adéquatement un sujet rapproché. Sa finesse dans les détails et son rendu chromatique typique de Fujifilm en ont fait un des préférés des photographes exigeants au budget plus restreint. Il se distingue aussi comme optique performante en illustration de produit notamment. Bien sûr je salue aussi son coté compact toujours bienvenu.
Fujifilm Fujinon XF18-55mm F2.8-4 R LM OIS / XF55-200mm F3.5-4.8 R LM OIS Il aurait impossible de ne pas mentionner ces deux optiques Fujinon X-Mount qui ont été le pain et le beurre à maintes reprises dans mes incursions APS-C de boitiers Fujifilm. Je n'ai jamais été déçu de leur performance respective tout à fait comparable à des objectifs Pro. Bien que la plage des longueurs focales du XF18-55mm était plutôt limitée, son utilité comme objectif zoom trans-standard de voyage fut indéniable. Quand au XF55-200mm il m'apparait comme le secret bien gardé d'une optique télé tout bonnement exceptionnelle. Bref ne manquait qu'une tropicalisation qui les aurait rendu encore plus justice.
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Est-ce que ce sont les seules optiques impressionnantes que j'ai côtoyées? Bien sûr que non! En faisant cet exercice discriminatoire, j'en ai omis certainement qui méritait d'être mise en vedette (Je pense, entre autres, au délicieux Micro Nikkor 55mm F2.8 Ai-s, au bijou et étrange Canon FD 35-70mm F4 ou encore au compagnon fidèle Nikon AF-S DX 18-70mm F3.5-4.5). Ce qui m'amène souvent à permuter d'un modèle de boitier à un autre mais sans changer ma combinaison d'objectifs peut-être parce que je fus de l'école de pensée où le choix d'une optique importe plus que celui de la caméra!
Photos Daniel M
*Amère América tel que Luc De Larochellière compositeur-interprète québécois l'entonnait il y a presque quarante ans déjà comme le rêve perdue d'un eldorado comme un nouveau début sans limite ("the sky is the limit")... Aujourd'hui l'Amérique vit dans une confusion des genres, des personnes, des idéologies et des intérêts communs et individuels.
Tout nord-américain que nous sommes, canadiens, états-uniens ou même mexicains, la boussole du raisonné a complètement perdu son nord rassurant et inclusif pour une tornade où seuls les ultra-privilégiés semblent à l'abri de l'hallali final. Et on nous demande, nous fiers canadiens de l'empathie et de la tolérance de se dresser contre le monstre insensible du totalitarisme spéculatif économique. Le feriez-vous devant un voisin impulsif si désaxé que pourtant une armée de fidèles aveuglent supportent sans condition et sans lucidité il va s'en dire.
Amérique, méfies toi de ton déni actuel d'effort et rappelles-toi des sacrifices de tes ancêtres pour subjuguer la menace de l'autoritarisme, du racisme, de l'intolérance et de l'intransigeance car tôt ou tard toi ou tes enfants auront à subir ce fardeau de la libération de ces chaines modernes d'asservissement. Quand les témoins même de cette vicieuse extravagance se font taire dans leurs paroles, dans leurs écrits, dans leur évocations visuelles, le danger n'est plus potentiel mais concret et inévitable.
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Il faut bien que la moquerie se poursuive mais elle ne doit nous distraire de notre devoir d'humain de rejeter toute tentative de divination abaissante de l'intelligence humaine. Amérique, ne devient pas la succursale de la vision autoritaire du pouvoir usurpé de quelques sous-humains vaniteux et éphémères car nos burins feront sauter ces stèles prétentieuses.
Photo Daniel M
Il y a toujours des moments dans la vie où l'on se dit qu'il serait intéressant de tracer un bilan de nos actions passés et de peut-être en déduire une ou plusieurs ligne(s) directrice(s) qui les ont orientées. Je ne sais pas pour vous mais pour ma part je fus un butineur assez compulsif dans l'essai successif et l'utilisation de plusieurs modèles d'appareils photos. Voici en quelque sorte un court témoignage d'un passionné non seulement du médium en soi, la photographie, mais aussi des outils qui permettent sa pratique.
À une époque où l'ère du numérique n'était que science fiction ou expérimentations crues de laboratoire, la photographie argentique régnait en maitre absolu et inévitable. Sa pratique était d'autant plus périlleuse car elle entrainait une démarche à l'aveugle du résultat final qui comprenait deux grandes étapes: la prise de vue et le développement de la pellicule et tirage du papier sensible. De plus la consommation de films et son traitement entrainait des coûts de production non négligeables pour l'amateur de photographie et en dictait souvent un usage beaucoup plus parcimonieux.
Mes premières armes (photographiques) furent rudimentaires avec des appareils de type instamatic en format 126 comme cet Argus Cosina Instant Load qui me fut offert en cadeau par mes parents ou encore ce Kodak Brownie Hawkeye de format 620 (rouleau) offert par une tante. Plus tard j'eue la chance d'utiliser un temps un Minolta Autopack 600-X chargé avec de pellicule dite "positive" (diapositive).
Ensuite un cours de base en photo au secondaire (équivalent québécois du lycée) m'a permis de m'initier au format 135 (35mm) avec un Asahi Pentax Spotmatic II et au format 120/220 avec un Yashica Mat 124G. Je me suis finalement lancé en me procurant un Argus Cosina STL1000 avec lequel j'ai entamé le début d'une véritable période productive en photo et aussi le commencement d'une saga d'acquisitions et de reventes de modèles d'appareils. Ont suivi un Argus Cosina EC 2000, un Asahi Pentax KX, un Canon AE-1 et A-1 avec lesquels j'ai débuté mes périples photo à travers le continent nord-américain (CDN-USA), un Nikkormat FT-3 (tout simplement splendide en livrée noire!) et un Nikon FM, et encore des Pentax LX et MX, et enfin des Leica Ig, M4P et R4. Tout cela a meublé ma période de photographie amateure et de pigiste débutant.
J'ai d'abord abordé la photo numérique en dilatante plus ou moins sérieusement la reléguant au niveau des curiosités technologiques du moment avec des modèles d'appareils comme les Olympus Camedia, différents Canon Powershot (Londres / Égypte)* (qui se sont tout de même avéré de bons compagnons de voyage), et avec le Panasonic Lumix LX5 (Barcelone / Bruxelles). Puis ce fut un premier saut vers les DSLR avec les Nikon D50, D70S (Yucatan, Mexique), D90, D700 (un monstre) et D7000. Il y a eu aussi une brève période Canon avec les X-Si et 50D.
Puis la frénésie du compact à tout prix s'est emparé de moi avec les Nikon V1 et V2, les Olympus Pen EP-3 et Pen-F (Montréal, pandémie), OM-D E-M5 I (Cuba), II (Cuba-bis) et III, les OM-D E-M10 III (Guadeloupe) et IV, E-M1 I, II et III, les Lumix GM 5 (Athènes), GX 7, GX 8, GX 85 (Guadeloupe) et GX 9, et aussi les G85, G95(Martinique), G9, GH5 II et maintenant G97. Ensuite se déroula la grande expérimentation Fujifilm pour les fervents, fanatiques et convertis avec d'abord les X10 et X30, puis les plus sérieux X-E2 et X-E2S, X-E3 (Lisbonne) (mon préféré haut la main) et X-E4, les X-T10, X-T20 (Lisbonne / Sintra), X-T30 I et II (Guadeloupe), les X-S10 et X-S20, le X-Pro2 (Cuba) et surtout le X-H1 (un autre monstre aux vertus exceptionnelles cependant). Dernièrement l'OM-5 (Paris) de OM System fut un autre compagnon de voyage très apprécié.
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Plusieurs pourraient se demander si je possède une collection imposante issue de tous ces modèles ci-dessus mentionnés. Eh bien à la vérité je n'en conserve aucun sinon dans ma mémoire pour des fins de rappels nostalgiques occasionnels. Je n'ai ni le budget, ni la force morale de savoir que ces appareils photo dorment dans un placard ou sont exposés à la poussière sur une étagère. D'autres que moi les ont adopté avec plaisir, je n'en doute pas.
Il se peut aussi qu'involontairement j'ai fait quelques omissions à mettre en compte de cet exercice de mémoire parfois périlleux. Il m'est arrivé également de "tester" brièvement d'autres modèles pour diverses raisons mais ceux-là ne m'ayant jamais appartenu en main propre ne font pas parti de cette collection virtuelle.
Que conclure sinon que j'aime à aimer presque tous les appareils photo! Quelqu'un m'avait dit un jour: "Daniel, quel modèle d'appareil (photo) nous allons regarder aujourd'hui pour l'apprendre et l'apprécier à sa valeur?" Car il faut bien l'avouer, tous ces boitiers ont chacun leur charme particulier qui nous intrigue et qui tente de nous convaincre de les essayer! 😉📸
* Certaines destinations et certains séjours sont associés aux modèles mentionnés.
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Évidemment nous "consommons" quotidiennement une quantité formidable (comme dans terrifiante) d'images sous toutes sortes de formulations réelles ou, de plus en plus, virtuelles. Il nous en reste souvent que des souvenirs vagues et fragmentaires, comme des impressions instantanées mais somme toute vite oubliées dans le maelstrom d'une vie frénétique sans but véritable sinon l'action pour l'action.
Il ya aussi l'analyse de nos résultats photographiques qui révèle souvent des enseignements sur notre propre aptitude à "rendre" l'expression et l'émotion de notre sujet. Ce narratif visuel et personnel mérite d'être étudié plus en profondeur et pourra nous guider vers de meilleures façons de faire en prise de vues. Un sujet quel qu'il soit n'est jamais vraiment épuisé car ses angles d'attaque sont presqu'infinis. Observation, curiosité, audace et autres, autant de facteurs à considérer quand on aborde le traitement d'un sujet. Et la technique ne se limite pas à l'aspect matériel d'une démarche documentaire ou purement artistique.
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Photos Daniel M
En photographie, là aussi, on recherche le graal magique qui répond à toutes nos fantaisies théoriques de prises de vue ce qui contribue également à une certaine standardisation algorithmique des résultats picturaux obtenus même avec le meilleur effort des intelligences artificielles à notre service. Cette recherche de certitudes voient surtout son fondement dans notre insécurité séculaire depuis la nuit des temps et l'apparition de la bête humaine. Nous vivons moins d'espoirs et de découvertes, souvent plus déstabilisantes que rassurantes pour plusieurs, et préférons plutôt de banales et répétitives certitudes.
Bref l'interrogation et l'expérimentation ne sont plus vraiment à l'ordre du jour. Nous ne sommes plus des artistes mais bien des "pros" de la photo qui remplissent leur mandat réel ou virtuel en fonction de commandes toutes aussi prévisibles. L'inattendu et l'imprévisible sont jetés avec l'eau du bain de l'incertitude malheureuse et délaissée. Peux-t-on parler vraiment d'une civilisation d'explorateurs alors que nous vivons dans un environnement d'intense prévisibilité?
Il y aussi ce désir de plaire qui est au fond la recherche d'être aimé de tous et chacun, une utopie bien humaine et exacerbée par notre contexte ultra-médiatisé. C'est là que le courage d'être différent, de surprendre et de choquer parfois, d'être l'électron-libre de la tribu humaine nous manque foncièrement et, hélas, presque définitivement. Nous ne vivons plus dans la nuance, dans le sens critique mais bien dans l'amour ou la haine inconditionnelle, c'est selon.
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J'aurais conclure sur une note plus joyeuse en me disant qu'il reste des étoiles filantes au firmament de l'impromptu et de l'impact mais il faut bien se le dire qu'il va falloir s'y mettre tôt ou tard et soutenir la différence au détriment de la bêtise du troupeau. 😉
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Est-ce que le temps des grandes révolutions dans le système µ43 (Micro Four Third) est devenue chose d'un passé irrémédiable? Plusieurs se le demandent avec raison puisque les deux grands manufacturiers de ce format numérique soit OM System et Panasonic proposent plutôt une série d'évolutions ou de mises à jour subtiles de leur gamme respective de modèles offerte en ce moment. C'est souvent ce que l'on observe d'un marché dont la technologie a atteint une maturité dans les attentes, les besoins de sa clientèle-cible et dans la technologie associée aux produits. Malgré cela il y a eu des progrès indéniables quand on analyse plus finement les récentes introductions des OM-1 (Mark I & II) d'OM System et du GH7 de Panasonic issus dernièrement.
À coté de ces modèles haut-de-gamme, il y a aussi d'autres incontournables comme les OM-5 Mark I & II d'OM System (et anciennement l'Olympus OM-D E-M5 Mark III) ou encore comme le Lumix G97 de Panasonic qui est une mise à jour légère des anciens Lumix G90-91-95-95D-99. Leur architecture physique est demeurée presqu'intacte et leur interface logicielle est à peine retouchée. Donc rien de véritablement nouveau sous le soleil de la photographie numérique µ43. Sans vraiment vouloir prédire l'avenir en ces temps pour le moins incertains, il est tout de même remarquable de saluer leur longévité malgré ces quelques retouches cosmétiques souvent mineures ça et là.
L'interface du Lumix G97 est plutôt simple à appréhender et à configurer. De plus le boitier du G97 est truffé de boutons et de trois rondelles (oui trois!) de commande des fonctions de l'appareil et cela sans compter son écran arrière tactile si vous le souhaitez. L'utilisation du G97 s'échelonne de la plus grande simplicité en étant pleinement automatisé jusqu'au contrôle total de tous ses paramètres de prise de vue. D'ailleurs le menu de l'interface logiciel est très convivial et en français convenable! La visée électronique OLED de 2.36K est propre et confortable et l'écran arrière de 1.840K est encore plus défini que les versions antérieures. Bref c'est presqu'un sans faute si on accepte ses dimensions physiques plus élevé du boitier en comparaison d'un OM-5 par exemple (mais sans sa poignée optionnel ECG-5!) mais qui reste tout de même l'équivalent d'un OM-1.
Le contrôle automatique des paramètres d'exposition du Lumix G97 est suffisamment efficace pour s'en appuyer dans la plupart des situations de prise de vue mais sans empêcher le ou la photographe d'y introduire des biais systématiques en sélectionnant différentes options d'analyses de l'exposition (matriciel, centrale et spot) ou encore par l'utilisation des coefficients de correction d'exposition (général ou fractionné entre hautes et basses lumières), et dont l'appréciation peut se faire directement via la visée de prise de vue (EVF ou LVF) et cela avant le déclenchement final, très doux d'ailleurs, de l'appareil.
Le Lumix G97 est alimenté à l'aide d'une pile accu dédié BLC-12 dont l'autonomie est plutôt moyenne et qui engendre une certaine chaleur à l'usage. C'est pourquoi l'acquisition d'une pile accu supplémentaire est toujours recommandable. Il est bon de souligner que le Lumix G97 peut recevoir un bloc d'alimentation supplémentaire BGG-1 qui double son autonomie et permet un déclenchement plus confortable en cadrage vertical (portrait). Cet ajout plutôt onéreux à prime abord en vaut la chandelle si vous êtes un ou une photographe d'action, portraitiste ou animalier. Il permet la rotation de la pile accu du bloc BGG-1 sans le désolidariser du Lumix G97, un avantage indéniable pour le/la photo-reporter.
Compte des similitudes incontestables du Lumix G97 avec les versions G95 et G95D, on peut aisément se référer aux essais respectifs de ces modèles pour le détail de son fonctionnement. Voici en images comment repérer les changements extérieurs subtils introduits pour le Lumix G97:
Bouton d'activation directe du mode vidéo complètement rouge
Connexion USB-C (Type C)
Les qualités intrinsèques du Lumix G97 assurent non seulement son bon fonctionnement mais aussi une bonne versatilité d'utilisation qui encourage l'expérimentation créative. Son esthétique austère lui confère une certaine discrétion malgré ses dimensions excédant les normes introduites originalement pour un appareil compact du système µ43 (Micro Four Third). Si vous ajoutez à cela les avantages d’une stabilisation interne du boîtier, vous permettez le couplage d’une multitude d’optiques adaptées à la monture MFT. La double stabilisation (Dual I.S.2) quand elle est disponible et appliquée, peut constituer un facteur déterminant pour une meilleure définition de l'image enregistrée et pour un confort accru dans le visionnement EVF et LVF du sujet lors de la prise de vue à main levée.
Le coté tout-terrain du Lumix G97 ajoute un aspect plus sécurisant au photographe qui utilise l'appareil dans un environnement plus extrême. Bien sûr il faut tout de même coupler le boitier avec une optique ayant les mêmes vertus. La bonne préhension du Lumix G97 autorise son emploi avec des gants protecteurs, une caractéristique également appréciée en plusieurs circonstances.
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Il n'y a pas de formule magique à ce dilemme qui est plutôt relié intimement à notre propre désir en société de préserver les témoignages du passé souvent et malheureusement perçu comme encombrants pour notre conscience réduite à l'équation du présent exclusif. Et c'est toute l'écologie de l'histoire documentaire de l'humanité qui semble vouloir passer à la trappe sauf pour quelques éléments décoratifs (fashion) souvent remodelé suivant la saveur du moment.
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Il nous reste peut-être une autre forme d'impression moins palpable et plus durable, c'est celle qu'engendre l'exposition à nos images les plus marquantes, celles dont l'impact s'inscrit dans nos mémoires biologiques et dont l'effet peut se transmettre entre nous, entre générations. Du tangible on provoque l'intangible. Et le pourquoi du photographe s'en trouve justifié par sa pratique, par son partage et par sa persistance. Influer sur une personne peut être plus productif que s'inscrire dans la masse de la conformité vite oubliée des pseudo-critiques de notre civilisation néo-médiatisée. Car le nombre de clics n'est rien à coté d'un seul vrai déclic!
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Il y a nos petits malheurs physiques, psychologiques et même matériels qui deviennent des montagnes quasi-infranchissables et pour lesquels notre impuissance à les surmonter nous submerge parfois dans le vide dépressif mais qui, une fois franchis cependant, tombent dans l'oubli instantané d'une autre étape de la vie qui,elle, ne cesse d'exister. ll y a beaucoup à réfléchir et cela de tout temps sur le pourquoi des choses dont nous sommes nous-même partie prenante. Et il faut bien qu'un jour que cette fébrilité d'être s'apaise un peu ne serait-ce que pour s'y trouver un sens toujours aussi difficile à définir il est vrai.
Face au malheur, la spiritualité fait parfois office de baume pour notre conscient en perdition. Les mots, les images peuvent enfin s'harmoniser et nous délivrer momentanément de nos angoisses répétitives. Il y a bien une histoire en toute chose mais sans pour autant qu’elle nous gratifie obligatoirement d'une explication complète et définitive. Mais même les réponses deviennent secondaires devant l'état extatique de cet apaisement sans nécessaire justification. Et alors nos petits malheurs se transformeront en grandes plénitudes.
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