En folâtrant à travers l'espace Internet, on se rend compte comment la recherche de certitudes est devenue une obsession universelle et dont la présence a occulté bien d'autres préoccupations toutes aussi sinon plus impératives dans notre quotidien. Bien sûr nous parlons ici essentiellement de certitudes matérielles avant tout. Et bien que parfois contestables, elles ont sans contredit leur place face aux défis incessants de tous les jours.
En photographie, là aussi, on recherche le graal magique qui répond à toutes nos fantaisies théoriques de prises de vue ce qui contribue également à une certaine standardisation algorithmique des résultats picturaux obtenus même avec le meilleur effort des intelligences artificielles à notre service. Cette recherche de certitudes voient surtout son fondement dans notre insécurité séculaire depuis la nuit des temps et l'apparition de la bête humaine. Nous vivons moins d'espoirs et de découvertes, souvent plus déstabilisantes que rassurantes pour plusieurs, et préférons plutôt de banales et répétitives certitudes.
Bref l'interrogation et l'expérimentation ne sont plus vraiment à l'ordre du jour. Nous ne sommes plus des artistes mais bien des "pros" de la photo qui remplissent leur mandat réel ou virtuel en fonction de commandes toutes aussi prévisibles. L'inattendu et l'imprévisible sont jetés avec l'eau du bain de l'incertitude malheureuse et délaissée. Peux-t-on parler vraiment d'une civilisation d'explorateurs alors que nous vivons dans un environnement d'intense prévisibilité?
Il y aussi ce désir de plaire qui est au fond la recherche d'être aimé de tous et chacun, une utopie bien humaine et exacerbée par notre contexte ultra-médiatisé. C'est là que le courage d'être différent, de surprendre et de choquer parfois, d'être l'électron-libre de la tribu humaine nous manque foncièrement et, hélas, presque définitivement. Nous ne vivons plus dans la nuance, dans le sens critique mais bien dans l'amour ou la haine inconditionnelle, c'est selon.
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J'aurais conclure sur une note plus joyeuse en me disant qu'il reste des étoiles filantes au firmament de l'impromptu et de l'impact mais il faut bien se le dire qu'il va falloir s'y mettre tôt ou tard et soutenir la différence au détriment de la bêtise du troupeau. 😉
Photo Daniel M

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