14 mars 2026

Mes plus belles optiks!

 On parle souvent d'appareils photo en omettant l'un des éléments matériels essentiel de la pratique du médium, soit l'optique de prise de vue. Et pourtant cela reste un incontournable qui définit bien les caractéristiques et la définition de l'image enregistrée. Tout au long de mon modeste pèlerinage entre différents équipements de prise de vue, j'ai expérimenté toutes sortes d'objectifs avec parfois un bonheur inégal mais souvent aussi avec un appétit renouvelé de produire la plus belle représentation visuelle de mes sujets.

Voici quelques optiques parmi d'autres qui ont marqué mon imaginaire créatif à travers le temps:


Photographie argentique

Les 50mm incontournables! Au début de tout en ces temps du reflex mono-objectif obligé, l'optique de 50/55mm régnait en maitre quand il s'agissait de s'introduire au format de film 135 (35mm). Il est vrai que ces objectifs dits normaux ou standards étaient probablement la meilleure "affaire" à se procurer pour plusieurs dont l'avoir financier était limité. Dotés d'une grande ouverture maximale très utile, tous ces objectifs normaux furent une initiation finalement très fructueuse en opportunités de prise de vue tout azimut. Les Canon SC, Cosinon, Nikkor Ai, Olympus Zuiko, Pentax SMC, etc. ont tous contribué à l'intensification d'une passion pour la photographie.

Nikkor 24mm F2.8 Ai-S / 35mm F2.8 Ai-S J'adorais ces courtes focales de Nikon. Elles personnifiaient avant l'heure toute la versatilité qu'on associe maintenant à la "street photography". Petite, légère, discrète, le mot compact n'a jamais été aussi mieux défini dans le format 135. Aucun souci à se faire du coté optique, elles répondaient de la réputation de leur manufacturier à l'étendard jaune-bleu de l'époque avant qu'il abhorre toutes ces dorures actuelles. Mon affection pour l'angle de champs du Nikkor 24mm (autour de 84 degrés) s'est transporté tout au long de mes acquisitions optiques futures peu en importait la marque ou le format de film et de capteur. 

Nikkor 300mm F4.5 Ai Avant l'introduction du vénéré Nikkor 300mm F2.8 par toute la diaspora photo-journalistique, il y eu ce Nikkor 300mm F4.5, un téléobjectif compact, de belle facture avec un pare-soleil coulissant intégré (une merveille) et surtout une belle définition optique pour peu que vous maitrisiez vos paramètres de prise de vue. On disait de la longueur focale de 300mm en format 135 (35mm) qu'elle constituait le premier véritable téléobjectif avec un grossissement de 6X par rapport à la normale de 50mm. Il est vrai que son effet de compression était une signature visuelle reconnaissable et indéniable. Et que dire de cette bague rotative de prise de montage pour mono pied ou trépied, tout simplement bluffant pour le photographe d'action! 

Tamron SP 80-200mm F2.8 LD Adaptall II (monture Nikon Ai-S et Leica R) C'était l'âge d'or du photo-reportage et tous ces premiers objectifs-zoom-télé modérés représentaient l'avant-garde de l'émergence des objectifs à focale variable dont la définition allait enfin s'approcher des focales fixes. Avec cette série SP, Tampon allait enfin recevoir la reconnaissance de son sérieux optique. Si on le combinait avec le doubleur Tampon SP, il se transformait en un redoutable 160-400mm F5.6, parfait pour le photographe de course automobile que j'étais durant cette ère de la super-empreinte carbone! Lui aussi était doté d'une bague-trépied dont l'usage devenait essentiel avec ses longues distances focales à une époque où la stabilisation était plus un objectif politique ou médical, et où la sensibilité des films argentiques restait fort limitée.

Leica 90mm F2.8 Elmarit M / 135mm F2.8 Elmarit R Oui je peux témoigner aujourd'hui de la finesse de toutes optiques estampillées par Leica que l’on pouvait aisément distinguer à l'examen attentif d'une diapositive 135 (35mm)par exemple. Leur contraste plus élevé, les couleurs plus vives, mieux séparés, le point focal très précis, autant de caractéristiques qui en faisaient des jaloux dans la communauté. Certes leur coût d'acquisition était déjà indécent et leur gamme restait restreinte et bien peu novatrice mais leur rendu iconographique n’était jamais décevant. Cependant à cette époque de l'invasion et l'invention toute nipponne, Leica s'est perdu dans une rigidité traditionnelle qui a failli causer sa perte puis ensuite assurer paradoxalement sa rédemption auprès surtout des collectionneurs d'objets d'art photographique! 


Photographie numérique

Olympus M.Zuiko 45mm F1.8 Ce fut l'objectif qui m'a convaincu de la pertinence du format de capteur numérique Micro Four Third (µ43) avec sa définition exemplaire, un bon contraste et un beau rendu des couleurs. Petit, discret, compétent mais non stabilisé comme son cousin le Panasonic Lumix G 42.5mm F1.7 OIS qui, avouons-le, est du même niveau. C'est plus qu'une optique portraitiste mais surtout un semi-téléobjectif avec un pouvoir discriminant accru par rapport à un objectif standard. OM System fait bien de le maintenir dans son catalogue et devrait le tropicaliser au plus tôt.

Olympus M.Zuiko ED 12-40mm F2.8 Pro / M.Zuiko ED 40-150mm F2.8 Pro Si on devait dater le début véritable de la vocation professionnelle du format µ43, on pourrait citer sans arrière pensée leur introduction en septembre 2013 bien que les Panasonic Lumix G Vario 12-35mm et 35-100mm F2.8 OIS les ont précédé d'un an. Dans les deux cas, ces optiques Pro d'Olympus ont fait école chez plusieurs photographes bien appuyés par des versions aussi Pro des modèles d'appareils de la série OM-D E-M1. Pour ma part je les ai particulièrement apprécié en combinaison du OM-D E-M5 Mark II. Ce n'est que plus tard que je me suis questionné sur leur résistance à plus long terme avec deux exemplaires fautifs mécaniquement parlant.


Olympus M.Zuiko ED 14-150mm F4-5.6
II Non ce n'est pas une optique Pro tant s'en faut! Et pourtant je ne sais vraiment pourquoi, elle a incité ma créativité maintes et maintes fois. Sa longueur focale en position grand angulaire est limitée et je soupçonne toujours une baisse définition dans sa plus longue focale de 150mm. Malgré tout il remplit son mandat de plus grande versatilité avec une dimension compacte, un poids léger et une certaine discrétion. Serait-ce l'optique à tout faire ou encore celui à choisir s'il y en a qu'un seul? Bien malin qui pourrait me le dire.

Panasonic Lumix G 20mm F1.7 J'ai découvert ce petit joyau (un peu fragile cependant, il me semble) avec l'acquisition d'un boitier Lumix GX7. Équivalent à l'ancien mais très aimé 40mm en format 135 (35mm), ce 20mm est une perle qui mériterait cent fois une mise à jour de Panasonic mais n'attendez pas en vain! Sa construction, malgré tout, reste suspecte et l'expose trop aux aléas de la vie plus mouvementé et son mécanisme de mise au point automatique est, avouons-le, une horreur qui se laisse bien entendre. Mais que voulez-vous, l'amour est aveugle...

Panasonic Lumix G Vario 12-60mm F3.5-5.6 Power OIS / G Vario 45-200mm f4-5.6 II P OIS Ce duo Lumix G Vario "amateur" m'a toujours étonné par sa compétence et une certaine versatilité. C'est un ensemble tropicalisé qui se prête bien à la photographie baladeuse, urbaine ou rurale, en banlieue ou en voyage dans des lieux plus exotiques. Comme optique urbaine, le Lumix G Vario 12-60mm a beaucoup à offrir et plus particulièrement en rendu monochrome noir et blanc. Quant au G Vario 45-200mm, sa performance pour des sujets rapprochés (close focusing) est étonnante et remarquable tout comme d'ailleurs sa bonne versatilité en téléobjectif. 


Fujifilm Fujinon XF27mm F2.8
Aussi terrible que le Panasonic Lumix G 20mm F1.7 plus haut mentionné, ce Fujinon 27mm n'a certainement pas contribué à la réputation de solidité de construction des optiques fabriquées par et pour Fujifilm. Sa dimension minimaliste (Pancake) lui confère une grande discrétion surtout quand il est couplé avec un boitier Fujifilm X-Mount des séries X-E et X-M. Discret en dimension, ce semi grand-angle standard a de très bonne performances optiques ce qui le rend attrayant en photographie spontanée et de proximité. La nouvelle version WR est cependant assez onéreuse.

Fujifilm Fujinon XF50mm F2 WR Avec un rapprochement d'environ 1,5X par rapport au standard APS-C de 35mm et aidé de sa plus grande ouverture maximale de F2, ce petit téléobjectif donne juste assez de pouvoir séparateur pour isoler adéquatement un sujet rapproché. Sa finesse dans les détails et son rendu chromatique typique de Fujifilm en ont fait un des préférés des photographes exigeants au budget plus restreint. Il se distingue aussi comme optique performante en illustration de produit notamment. Bien sûr je salue aussi son coté compact toujours bienvenu.

Fujifilm Fujinon XF18-55mm F2.8-4 R LM OIS / XF55-200mm F3.5-4.8 R LM OIS Il aurait impossible de ne pas mentionner ces deux optiques Fujinon X-Mount qui ont été le pain et le beurre à maintes reprises dans mes incursions APS-C de boitiers Fujifilm. Je n'ai jamais été déçu de leur performance respective tout à fait comparable à des objectifs Pro. Bien que la plage des longueurs focales du XF18-55mm était plutôt limitée, son utilité comme objectif zoom trans-standard de voyage fut indéniable. Quand au XF55-200mm il m'apparait comme le secret bien gardé d'une optique télé tout bonnement exceptionnelle. Bref ne manquait qu'une tropicalisation qui les aurait rendu encore plus justice.

***

Est-ce que ce sont les seules optiques impressionnantes que j'ai côtoyées? Bien sûr que non! En faisant cet exercice discriminatoire, j'en ai omis certainement qui méritait d'être mise en vedette (Je pense, entre autres, au délicieux Micro Nikkor 55mm F2.8 Ai-s, au bijou et étrange Canon FD 35-70mm F4 ou encore au compagnon fidèle Nikon AF-S DX 18-70mm F3.5-4.5). Ce qui m'amène souvent à permuter d'un modèle de boitier à un autre mais sans changer ma combinaison d'objectifs peut-être parce que je fus de l'école de pensée où le choix d'une optique importe plus que celui de la caméra!

Photos Daniel M

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