Pour beaucoup d'entre nous, la recherche d'un équilibre qu'il soit physique, psychologique ou simplement matériel se traduit souvent par une quête et une exigence de symétrie des choses et même des êtres en une espèce de couple réel ou virtuel proche de la perfection. Chez le/la photographe, on peut s'astreindre à cet exercice avec le contraste des hautes et basses lumières, avec le jeu des formes, avec le choix des couleurs, avec la position des objets et des sujets, tout cela étant connu, reconnu et même implicite dans la critique avouée ou non d'une image en particulier.
L'absence d'équilibre nous induit à une instabilité peu rassurante comme s'il fallait qu'il y est toujours un début et une fin de toute chose par la présence d'un rebord ou d'une arête scénique rassurante et délimitante. En photographie le cadre même de l'image personnifie les limites pour lesquels l'agencement du sujet et de son contexte nous entraine dans ce discours de la symétrie parfois même au dépens de l'histoire implicite du propos de celle-ci. Quand l'univers penche, le regard glisse vers un extérieur inconnu et dérangeant comme une ligne d'horizon qui se cherche et qui se perd.
Une photographie qui présente une asymétrie évidente est souvent associée à une mauvaise maitrise de la composition du sujet qui, elle, devrait s'en tenir aux dictats de certaines règles de composition longtemps proclamées pour l'exercice de cet art visuel. Or d'autres formes artistiques importantes comme la sculpture ont démontré qu'on peut volontairement dépasser les limites imposées par un académisme contraignant et obtus.
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L'asymétrie n'est pas pour autant une nouvelle panacée auquel il faudrait maintenant se conformer à tout prix mais tout bonnement une autre façon de faire et de montrer qui peut avoir sa place dans notre imaginaire et ses représentations concrètes.
Photo Daniel M

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