Est-ce que le temps des grandes révolutions dans le système µ43 (Micro Four Third) est devenue chose d'un passé irrémédiable? Plusieurs se le demandent avec raison puisque les deux grands manufacturiers de ce format numérique soit OM System et Panasonic proposent plutôt une série d'évolutions ou de mises à jour subtiles de leur gamme respective de modèles offerte en ce moment. C'est souvent ce que l'on observe d'un marché dont la technologie a atteint une maturité dans les attentes, les besoins de sa clientèle-cible et dans la technologie associée aux produits. Malgré cela il y a eu des progrès indéniables quand on analyse plus finement les récentes introductions des OM-1 (Mark I & II) d'OM System et du GH7 de Panasonic issus dernièrement.
À coté de ces modèles haut-de-gamme, il y a aussi d'autres incontournables comme les OM-5 Mark I & II d'OM System (et anciennement l'Olympus OM-D E-M5 Mark III) ou encore comme le Lumix G97 de Panasonic qui est une mise à jour légère des anciens Lumix G90-91-95-95D-99. Leur architecture physique est demeurée presqu'intacte et leur interface logicielle est à peine retouchée. Donc rien de véritablement nouveau sous le soleil de la photographie numérique µ43. Sans vraiment vouloir prédire l'avenir en ces temps pour le moins incertains, il est tout de même remarquable de saluer leur longévité malgré ces quelques retouches cosmétiques souvent mineures ça et là.
Le Panasonic Lumix G97 fait parti de cette série G de modèles dont les ainés les plus récents sont le Lumix G85 et surtout les G90/95 par exemple. Et malgré toutes les interprétations et hypothèses d'abandon qu'on prête à Panasonic au sujet du format µ43, le manufacturier maintient son implication et sa gamme Lumix Micro Four Third. Ce Lumix G97 est d'abord et avant tout un appareil hybride combinant des vocations à la fois photographique et de vidéographie, une spécialité propre à Panasonic depuis maintenant plusieurs années. L'ergonomie du boitier G97 est bien connue avec une bonne prise en main et avec une caractéristique de résistance aux intempéries (splash proof) qui est de plus en plus recherchée par les photographes baladeurs de cette planète.
L'interface du Lumix G97 est plutôt simple à appréhender et à configurer. De plus le boitier du G97 est truffé de boutons et de trois rondelles (oui trois!) de commande des fonctions de l'appareil et cela sans compter son écran arrière tactile si vous le souhaitez. L'utilisation du G97 s'échelonne de la plus grande simplicité en étant pleinement automatisé jusqu'au contrôle total de tous ses paramètres de prise de vue. D'ailleurs le menu de l'interface logiciel est très convivial et en français convenable! La visée électronique OLED de 2.36K est propre et confortable et l'écran arrière de 1.840K est encore plus défini que les versions antérieures. Bref c'est presqu'un sans faute si on accepte ses dimensions physiques plus élevé du boitier en comparaison d'un OM-5 par exemple (mais sans sa poignée optionnel ECG-5!) mais qui reste tout de même l'équivalent d'un OM-1.
La définition d'image du capteur numérique de 20,3 mégapixels est excellente avec une bonne neutralité colorimétrique. Plusieurs palettes de couleur (en modes photo, simulations ou effets spéciaux) sont accessibles et peuvent être configurées à souhait. L'option de travailler en RAW pour un contrôle post-éditorial encore plus prononcé est également bien présente. Les rendus monochromes du Lumix G97 sont vraisemblablement inspirés de recettes concoctées par leur partenaire teutonique Leica.
Le contrôle automatique des paramètres d'exposition du Lumix G97 est suffisamment efficace pour s'en appuyer dans la plupart des situations de prise de vue mais sans empêcher le ou la photographe d'y introduire des biais systématiques en sélectionnant différentes options d'analyses de l'exposition (matriciel, centrale et spot) ou encore par l'utilisation des coefficients de correction d'exposition (général ou fractionné entre hautes et basses lumières), et dont l'appréciation peut se faire directement via la visée de prise de vue (EVF ou LVF) et cela avant le déclenchement final, très doux d'ailleurs, de l'appareil.
Le Lumix G97 est alimenté à l'aide d'une pile accu dédié BLC-12 dont l'autonomie est plutôt moyenne et qui engendre une certaine chaleur à l'usage. C'est pourquoi l'acquisition d'une pile accu supplémentaire est toujours recommandable. Il est bon de souligner que le Lumix G97 peut recevoir un bloc d'alimentation supplémentaire BGG-1 qui double son autonomie et permet un déclenchement plus confortable en cadrage vertical (portrait). Cet ajout plutôt onéreux à prime abord en vaut la chandelle si vous êtes un ou une photographe d'action, portraitiste ou animalier. Il permet la rotation de la pile accu du bloc BGG-1 sans le désolidariser du Lumix G97, un avantage indéniable pour le/la photo-reporter.
Compte des similitudes incontestables du Lumix G97 avec les versions G95 et G95D, on peut aisément se référer aux essais respectifs de ces modèles pour le détail de son fonctionnement. Voici en images comment repérer les changements extérieurs subtils introduits pour le Lumix G97:
Bouton d'activation directe du mode vidéo complètement rouge
Connexion USB-C (Type C)
Depuis l'introduction du Panasonic Lumix G85 en 2016 qui a connu un succès à la fois critique et commercial appréciable, cette série G s'est renouvelée à un rythme soutenu d'abord par un changement significatif de capteur numérique passant de 16MP à 20MP puis aussi par une reconfiguration sensible du boitier et de son interface. Malgré tout, la gamme d'accessoires (pile-accu BLC12, bloc d'alimentation BGG1, flashes externes série FL, télécommande RS2 et microphones externes MS2 & VMS10) associée aux différentes versions est demeurée la même, assurant ainsi une continuité tout à fait bienvenue dans ce monde de mises au rebut souvent trop hâtives.
Les qualités intrinsèques du Lumix G97 assurent non seulement son bon fonctionnement mais aussi une bonne versatilité d'utilisation qui encourage l'expérimentation créative. Son esthétique austère lui confère une certaine discrétion malgré ses dimensions excédant les normes introduites originalement pour un appareil compact du système µ43 (Micro Four Third). Si vous ajoutez à cela les avantages d’une stabilisation interne du boîtier, vous permettez le couplage d’une multitude d’optiques adaptées à la monture MFT. La double stabilisation (Dual I.S.2) quand elle est disponible et appliquée, peut constituer un facteur déterminant pour une meilleure définition de l'image enregistrée et pour un confort accru dans le visionnement EVF et LVF du sujet lors de la prise de vue à main levée.
Le coté tout-terrain du Lumix G97 ajoute un aspect plus sécurisant au photographe qui utilise l'appareil dans un environnement plus extrême. Bien sûr il faut tout de même coupler le boitier avec une optique ayant les mêmes vertus. La bonne préhension du Lumix G97 autorise son emploi avec des gants protecteurs, une caractéristique également appréciée en plusieurs circonstances.
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Pour terminer ce survol sur une note plus personnelle, je considère toute cette série Lumix G85, G95, G95D et maintenant G97 comme des appareils photo numériques à objectifs interchangeables de niveau quasi professionnel sinon carrément exploitable comme tel et sans arrière-pensée. Au gré de mes modestes pérégrinations sub-planétaires, tous ces différents modèles m'ont prouvé leur fiabilité et leur compétence dans plusieurs situations même les plus critiques (pluie, froid, neige, etc.). Leur versatilité est sans équivoque. Bien sûr ce ne sont pas les plus compacts ou les moins lourds, loin de là, mais leur discrétion de déclenchement reste remarquable. Ces qualités pour un ou une photographe en assignation de reportage ou dans le cadre d'un projet photo sont souvent essentielles. Je n'ai donc aucune réserve quant à recommander le Panasonic Lumix G97, un appareil photo numérique qui représente bien une continuité efficace pour le système µ43.
Illustrations Panasonic / Photos Daniel M








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