30 mai 2026

Une incertitude fotografik(e).


 Les temps d'aujourd'hui sont ce qu'ils sont: imprévisibles, peu sécurisants parce que hautement périlleux et surtout parce que souvent ils sont porteurs de désespoir. En fait, ce n'est pas l'histoire qui se répète mais plutôt qui se poursuit dans ses implacables variations. Même le langage, la logique et la raison sont de plus en plus mis à parti par l'ignorance institutionnalisée par un faux désir de liberté qui cache une intolérance de l'autre et de ses idées.

Le même phénomène dramatique se vit dans le domaine photographique où l'on conteste même le droit à l'expression différente, originale, contestante tout en encourageant la déformation systématique de son authenticité autant matérielle que d'intention par son auteur. Et pourtant les sujets photographiques potentiels n'ont jamais été aussi abondants pour peu qu'on veuille bien s'y pencher et s'y investir comme témoin-vecteur de société et d'environnement.

Existe-t-il un remède définitif à cette incertitude? Probablement pas mais c'est peut-être dans l'acte photographique même que l'apaisement de l'âme pourrait y trouver son compte. Après tout la photographie n'est-elle pas depuis quelques siècles la preuve d'une continuité de l'histoire humaine à travers toutes ces images figeant tant de moments décisifs. Il y a donc un devoir de photographier que nous, passionnés de l'image archivée, devons maintenir envers et contre toute forme de lassitude et de découragement stériles. 

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Arrêter de photographier, c'est comme cesser de respirer, cesser d'apprendre, cesser de s'émouvoir, en somme, cesser d'être vivant! 

Photo Daniel M

23 mai 2026

Le retour impossible de l'argentique


 Toute la planète Nostalgia le souhaite et le sujet se discute depuis maintenant presque dix ans. Y aura-t-il un retour de l'argentique face à l'empereur numérique d'aujourd'hui? La seule réponse définitive à cette question d'espoir est évidemment négative. Bien sûr une minorité d'acharnés alimenteront ce flambeau devenu frêle chandelle à la petite flamme vacillante mais le verdict final est sans appel parce qu'il reflète bien une logique de ressources, de performances, d'environnement et même de santé. 

Pour celles et ceux qui ont vécu le dernier âge d'or de l'argentique il y a plus de quarante ou cinquante ans, le chapitre est clos depuis quelques décennies et plus. Dans le milieu de la photographie professionnelle et commerciale, la technologie du film a été supplantée depuis longtemps car tout l'écosystème photographique s'est tourné vers l'avenir numérique. C'est ainsi et pas autrement. Il y a eu une date d'expiration incontournable et raisonnée à ce phénomène n'en déplaise à nos vaillants passéistes.

Si vous êtes vraiment un ancêtre de l'argentique, il vous sera quasi impossible de prétendre aux bienfaits de cette ancienne technologie tant ses limitations, son coût effectif et ses difficultés de diffusion sont flagrantes. J'ai même tenté l'expérience il y a 8 ans pour le plaisir de la chose et la chose est retournée sur une tablette de l'histoire de la photo qui lui convient parfaitement. Je ne dis pas que ce ne fut pas amusant de répéter de vieux gestes que je croyais oubliés mais j'ai vite constaté comment la photographie numérique avait introduit des avancements considérables à tout point de vue tant en prise de vue qu'en termes de performance et de résultats photographiques.

Certains ont même prétendu que la "vraie" photographie est argentique tout comme le "vrai" cinéma est monochrome et muet, cela va de soi. C'est vrai que le progrès ne s'embarrasse pas de détour et se proclame vainqueur au détriment de l'histoire même récente. Pour les tenants de l'ancienne technologie, il y a assurément une profonde amertume de se sentir maintenant déclassé sinon tout à fait obsolète. Cela nous arrive à tous et particulièrement quand le grand âge nous rattrape inexorablement. Notre mémoire s'emballe, se perd tout comme nos souvenirs d'une jeunesse qu'on aurait voulu si éternelle. Et c'est encore plus vrai dans un monde où le respect du passé et de l'histoire a disparu au profit de l'instantané éphémère.

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À toutes celles et à tous ceux de ma génération argentique, la dernière et la perdue, je lance cette bouteille à la mer photographique en leur disant comment la passion photographe peut survivre aux changements technologiques si radicals soit-il, car c'est au fond de nous le moment décisif de l'image qui reste notre meilleur témoignage.

Photo Paul P 

16 mai 2026

Ce que je préfère d’un appareil photo en voyage!


 Trouvez une combinaison d’appareil photo et d’optique qui nous incite à faire de la photo en voyage out simplement en se baladant, n’est pas simple et exige finalement une bonne anticipation de ses besoins et surtout de ses limites tolérables pour trimballer ce matériel. Et bien sûr il faut aimer en premier chef la photographie.

Chaque nouvelle expérience permet aussi de mieux cerner ce qui nous convient et ce qui est à éviter, sans compter la constante évolution technique de l’équipement photographique et de ses modes de diffusion. Il y a cependant certaines constantes à considérer malgré tout. Je vous en propose quelques unes de façon totalement arbitraire et gratuite, ce sera à vous d’en juger la pertinence ou l’irrévérence!

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Dimensions modestes et poids léger. C’est souvent l’élément-clé qui déterminera si l’appareil photo pourra faire parti du périple ou rester à la maison tout simplement; 

Discrétion esthétique et au déclenchement. Une caméra qui n’attire pas l’attention est souvent le gage de photo plus spontanée et d’expressions plus véridiques. Un petit appareil est souvent perçu comme moins sérieux voire amateur sinon purement touristique; 

Résistance aux intempéries et robustesse. Ici la ou le photographe ne veut pas se soucier de la vulnérabilité  de son appareil qui réduirait de beaucoup ses opportunités de prise de vues en toute circonstance;


Flexibilité, automatismes performants (exposition, mise au point automatique, réactivité, modes créatifs)
. On parle des facteurs essentiels pour réaliser de bonnes photographies bien exposées, nettes et interessantes ou originales;

Autonomie journalière. On veut éviter que notre caméra tombe à plat au moment critique ou pire encore devienne carrément non-fonctionnelle; 

Connectivité facile. Il s’agit de pouvoir transmettre aisément nos meilleures images sur des plates-formes de sauvegarde et de diffusion de façon aisée et fiable;

Viseur et écran lumineux et utilisable en plein soleil. On veut bien apprécier la composition et le moment de prise de vue de nos photos; 

Optique zoom étendue et/ou focale fixe lumineuse et discrète. On apprécie une optique flexible soit par sa plage de distances focales ou par sa grande luminosité dans toute sorte de situation d’éclairage; 

Ergonomie, interface et prise en main. Le design et la construction d’un appareil photo et de l’optique qui l’équipe sont aussi des facteurs de sécurité et de confort d‘utilisation non-négligeables. L’interface physique et logiciel peuvent également faciliter de beaucoup le fonctionnement de ceux-ci. Partant du principe que c’est en tenant l’appareil dans ses mains qu’on effectue une prise de vue, tout ceci joue un rôle déterminant pour la ou le photographe.

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Bref autant d’éléments qui peuvent jouer un rôle important dans l’exercice de notre passion photographique itinérante mais comme vous pouvez le constatez sur ses deux images illustrant ce post, l'essentiel reste peu importe la technique ou le matériel, c.a,d. de prendre des photos!

Photos Manon P et Daniel M


09 mai 2026

Urbanité


 Malgré nos efforts à vouloir préserver des espaces naturels ou même prétendus intacts (re: sauvages au Canada français), on ne peut que convenir que l'urbanisation humaine envahit peu à peu le territoire planétaire. Bien sûr notre croissance démographique y est pour beaucoup et cela, même après plusieurs efforts de densification passés, présents et futurs que nous déployons par monts et vallées ce qui est le cas de le dire.

L'urbanisation grandissante de nos espaces a des conséquences importantes et souvent tragiques sur les autres habitants de cette planète qu'ils soient animaux, végétaux ou même minéraux. Certains pourront peut être s'adapter à des milieux plutôt pauvres en écosystème vivant mais beaucoup sinon la plupart ne survivront pas en vertu d'une économie des ressources savamment saccagée par l'avidité humaine. 

Tous les jours nous sommes confrontés à ce dilemme car il n'y a pas de solution magique d'expansion territoriale qui permettrait de soulager le cheptel naturel par une dispersion salutaire des nuées envahissantes d'humains, cette planète Terre n'étant pas gonflable à souhait! Reste pour nous photographes et mémoires d'un nouveau passé, reste à documenter cette escalade urbaine et à en présenter les effets irrémédiables sur nos anciens partenaires naturels qui s'évanouissent au gré d'une escalade dont la finalité est profondément inquiétante...

Photo Daniel M