03 octobre 2026

Photomatique


 Deux mots, photographie et automatique, enchâssés en un seul terme pour lequel l'académie française ne s'est pas encore prononcé s'il le fait un jour! Mais "photomatique" définit bien comment l'exercice photographique a évolué depuis sa naissance bien qu'en pratique, le désir de simplifier l'acte de déclencher existe depuis toujours. Certes nous sommes des voyants de tous les instants dans notre vie quotidienne mais sans être pour autant des techniciens aguerris de la mécanique de la voyance.

Aujourd'hui c'est la versatilité et la brillante performance de la photomatique souvent reliée à sa propre intelligence électronique qui constitue le meilleur ami du photographe plus spontané qui se consacre beaucoup plus à l'étude de son sujet sans s'encombrer du souci technique de l'enregistrer pour le préserver adéquatement. Si j'avais à produire un nouveau guide compact de la photographie à l'image du "The 35mm Photographer's Handbook" de Julian Calder et John Garret paru originalement en 1979, il serait probablement beaucoup plus succinct et se consacrerait essentiellement sur l'art d'aborder le sujet plutôt que sur les aspects purement techniques de la photo.

Bien sûr, il ne faut pas nier l'importance que certains paramètres photographiques peuvent avoir sur le résultat final de l'image captée et enregistrée. Et il est vrai également que la plupart des appareils numériques traditionnels offrent toujours l'option de les déterminer par son utilisateur mais l'inverse, soit l'automatisation complète est de plus en plus, une avenue que plusieurs privilégient ouvertement ou secrètement. D'ailleurs dans le domaine du photo-journalisme le constat n'est pas nouveau et remonte aux premiers 35mm offrant la fonction de réglage de l'exposition programmée (P). 

En couvrant un tournoi de tennis cet été, j'ai utilisé de façon extensive pour la première fois en assignation l'intelligence prédictive de mise au point automatique du sujet en mouvement dans un mode totalement dédié à cet effet, soit la photo d'action en rafale. Le résultat fut étonnant car le taux de rebut d'images a drastiquement diminué et j'ai pu me consacrer vraiment à ma composition du sujet et au déclenchement de l'instant critique. Comme professionnel, ces avancements technologiques sont inestimables et il serait contreproductif de les ignorer.

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Plusieurs dits puristes de la photo prétendront qu'en absence de contrôle manuel de tous les paramètres de l'exposition et de la mise au point, ce n'est plus de la véritable photographie au sens classique du médium et de son art. À ceux-là il faut répondre que l'expression photographique est d'abord et avant tout le rendu final de son sujet et beaucoup moins que les moyens utilisés dans sa manière de le capter. À ce compte il faut bien avoir conscience que la photographie est une expression visuelle conçue en priorité pour être vue et revue si ce n'est que par son auteur mais aussi, souhaitons-le, par un public observateur et c'est là que la photomatique devient un outil formidable pour ce faire!

Photo Daniel M


26 septembre 2026

Olympus M.Zuiko 25mm F1.8 Premium: retour à la simplicité!


 Cette pseudo-trilogie serait incomplète si j'avais omis de présenter le coeur cette combinaison optique à l'ancienne (avec les 12mm F2 et 75mm F1.8 déjà présentés), i.e.  avec l'objectif Olympus M.Zuiko 25mm F1.8 Premier. Cette première version, made in Japan, est compacte (diamètre filtre de 46mm), légère (136g avec une fabrication très polymère) et offerte en deux livrées noir ou argent. La nouvelle version II de OM System en noir seulement, made in Vietnam, est maintenant résistante aux intempéries (AW) et construite de façon plus métallisée (156g pour cette nouvelle version versus le 136g original).

En format d'image Micro Four Third ou µ43, la longueur focale de 25mm représente l'optique normale ayant un angle de champs visuel de 47 degrés. Avec cette focale, les dimensions des objets apparaitront proportionnellement identiques à notre vision habituelle. C'est donc une optique très prévisible en termes de sujet et de sa perspective contextuelle.

Les objectifs dit standards ont été longtemps considérés comme la porte d'entrée ou initiatrice pour beaucoup d'appareils photo peu importe en était leur format d'image respectif que ce soit en l'argentique (pellicule-film) ou même en numérique à l'occasion. Ils sont aujourd'hui grandement supplantés par des objectifs-zoom dits trans-standards dont la longueur focale varient la plupart du temps du semi-grand angulaire au petit téléobjectif et dont leur ouverture maximale reste variable très souvent et donc, très modeste au contraire des optiques fixes normales, avec une perte allant de deux à trois crans d'exposition et, ce faisant, leur latitude de profondeur de champs reste limitée également. 


En termes de versatilité, le M.Zuiko 25mm F1.8 a des atouts indéniables en vertu de sa grande simplicité. Sa définition d'image est au dessus de beaucoup d'optiques zoom d'entrée de gamme, son ouverture maximale lui permet d'aborder la plupart des situations de faible à grande luminosité, sa distance de mise au point minimale est suffisante pour la photographie de proximité pour beaucoup de sujets, et il est léger et compact et discret en toutes circonstances. Reste la question de son angle de champs fixe de 47 degrés qui suppose une plus grande mobilité du photographe ou une plus grande sélectivité de composition et de cadrage de sa part. 

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En 2017, j'avais déjà présenté un compte rendu personnel à propos de ce M.Zuiko 25mm F1.8 dans lequel j'illustrait les vertus de l'utilisation d'une optique standard peu en importait le format de capteur. D'ailleurs plusieurs photographes de renom ont souvent choisi cette catégorie d'objectifs dit normaux pour produire l'essentiel de leur portfolio. Cela tient également au facteur compact et discret de l'optique qui en a fait longtemps un préféré pour la photo baladeuse (street photography). Mais au delà de cette application pratique intéressante, à peu près tous les sujets sont à la portée d'un objectif standard et c'est souvent ce pourquoi 'il est perçu comme l'optique d'apprentissage par excellence à la prise de vue photographique.
Avec une large bague de mise au point manuelle, le M.Zuiko 25mm F1.8 ED invite le ou la photographe à ajuster ce paramètre soi-même pour en constater les effets de sélectivité du sujet principal et de profondeur de champs quand on choisit son ouverture maximale de F1.8. Cette bague de M.A.P. offre une résistance plutôt faible et n'a pas de butée de mise au point minimale et d'infini comme ses consoeurs, les M.Zuiko 12mm F2 ED et 17mm F1.8 ED. De plus, l'absence de permutation rapide et à la volée ("clutch system") entre la mise point automatique et manuelle rend l'option plus compliquée à concrètiser. Cependant la définition d'image du M.Zuiko 25mm F1.8 est très bonne et son rendu colorimétrique en accord avec les autres modèles d'optiques de la gamme M.Zuiko.


À l'usage, un objectif standard tel le M.Zuiko 25mm F1.8 ED  incite à la photographie simplement. Le déclenchement de la caméra n'engendre pas de questionnement sur la pertinence de la prise de vue. Il suffit d'anticiper, de cadrer et de presser le déclencheur avec une seconde nature du photographe quel qu'il soit. En fait c'est un peu un élan de pure nostalgie qui me renvoie à l'âge bienheureux de la découverte et de l'apprentissage fascinant de l'acte photographique. 

Tout est prévisible de cette optique, sa perspective, la dimension du sujet et sa réactivité couplée de sa plus grande ouverture maximale. Même son angle de champs plus restreint est à la fois un atout certes un peu contraignant qui incite à mieux se positionner et à explorer d'autres angles de vue, une habitude passablement oubliée depuis l'avènement des objectifs-zoom. L'option de photo panoramique quand elle est disponible,  peut aussi supplier à son angle de champs visuel plus restreint. 


En situation de photo-reportage et lorsque la luminosité générale est très pauvre, l'Olympus M.Zuiko 25mm F1.8 constitue une option très viable et suffisamment souple pour s'adapter à différents sujets à perspective variable. Si vous l'utilisez avec un appareil photo doté de la stabilisation interne de son capteur d'images, vous serez probablement en mesure d'opérer avec des temps d'obturation assez long de l'ordre de la demi-seconde et ce même à main levée.

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S'il reste un dernier argument pour vous convaincre d'explorer le monde d'une optique standard, eh bien que ce soit son tarif plutôt attractif d'acquisition. Cette expérience photographique est à la portée de tous les budgets et le M.Zuiko 25mm F1.8 Premium en est un bon exemple pour peu que vous en faites la recherche sur le Web que ce soit pour un produit neuf ou de seconde main. Mais ne vous méprenez pas car même à ce plus petit prix, cet objectif standard mérite toute notre respect!

Photos Daniel M
 

19 septembre 2026

Le facteur compact n'a pas d'âge!


 On entend souvent qu'en vieillissant
plusieurs photographes tendent à privilégier un équipement photo réduit en poids et en dimensions comparativement à ce qu'ils utilisaient antérieurement. Bien que cette affirmation contient certainement une part de vérité, elle cache cependant une toute autre réalité pour les chasseurs d'images peu importe leur âge ou leur niveau d'expérience. Cette réalité que de tout temps ou de toute autre époque, veut que beaucoup de photographes de ce monde ont recherché et recherchent toujours un matériel de prises de vues moins encombrant et plus léger.

Sur le terrain et à moins que vous ayez un-e assistant-e qui transporte une partie de votre équipement, le facteur d'encombrement joue un rôle-clé dans la promptitude à prendre des photos, dans la fatigue générée par votre mobilité souvent nécessaire surtout en reportage et en assignation extérieure ou simplement dans votre aptitude à faire des choix matériels entre vos appareils et vos objectifs. Si vous travaillez de façon professionnelle (rémunérée ou non), vous serez appelé à transporter ce matériel sur vous ou encore à l'aide de contenant(s) dédié(s) à votre pratique photographique. Le paradigme "une camera-un objectif" ne peut plus s'appliquer simplement en considérant les solutions de sauvegarde essentielles pour la réalisation de votre sujet que ce soit un boitier additionnel ou encore une ou des optique(s) alternative(s). Tout le monde a sa recette personnelle à cet effet mais peu importe, elle comporte immanquablement plusieurs ingrédients.


Il y a aussi cette conviction voulant qu'en ce qui concerne les différents formats de capteurs d'image qu'ils soient argentiques ou numériques voulant que plus ils sont grands, plus ils impliquent un matériel de plus grandes dimensions et de poids plus élevés. C'est juste si on considère seulement leurs équivalence en terme de caractéristiques comparables de performance comme par exemple l'ouverture maximale des optiques. Mais dans les faits, si vous acceptez certains compromis techniques et/ou budgétaires, il est possible d'utiliser de plus grand format. Dans mes années argentiques de reportage en sports motorisés, l'essentiel de mon équipement photographique était dédié au format mini 35mm mais il m'arrivait d'utiliser sur le terrain une Fujica GS645 dont le format de pellicule 6 X 4.5cm se prêtait bien à l'illustration de couverture des magazines avec une définition bonifiée. Pour sûr cette option comportait des contraintes additionnelles de prise de vues et exigeait du photographe plus de mobilité tout en étant un peu plus risqué!


Ce qui m'amène à cet argument contradictoire que j'ai moi-même parfois colporté (mea culpa!) voulant qu'avec l'âge, on opte nécessairement pour un système fondé autour d'un capteur d'images plus petit. L'une des raisons majeures pourquoi j'ai choisi le format Micro Four Third (MFT), c'est que physiquement c'était celui qui me rappelait le plus en terme d'ergonomie mes anciens boitiers 35mm reflex ou à télémètre couplé. En terme de manipulation, je retrouvais la même facilité d'utilisation et de transport. Et cette remarque prévaut aussi pour le format numérique APS-C jusqu'à un certain point. Au niveau de la performance pure et statistique, je pouvais accepter certains compromis théoriques qui ne mettaient pas en cause la faisabilité des projets photographiques envisagés. Déjà à l'époque de l'introduction du Olympus OM-D E-M5 original, de "jeunes" photographes de profession avaient adopté avec succès le système MFT que ce soit comme pour le reportage, l'événementiel comme le mariage, ou encore pour la photo d'action comme le ski alpin.


Il faut aussi considérer qu'un-e photographe en assignation doit nécessairement planifier une sauvegarde matérielle qui comporte souvent un second boitier et une certaine redondance en terme d'optiques à utiliser sur le terrain. Cela ajoute beaucoup à la réflexion quant aux choix possible de système photographique. À moins que vous aimez prendre le risque (ce qui m'est déjà arrivé!), une duplication matérielle est une police d'assurance presqu'incontournable en prise de vues professionnelle, rémunérée ou non. 

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Quand on aborde la question de la dimensions des objets usuels de la vie, on oublie souvent que "Small is beautiful" pour citer le titre fameux du livre de E.F. Schumacher publié en 1973. Et je dois admettre que j'admire l'ingéniosité souvent incluse dans la fabrication des objets plus compacts, autrement dit aux dimensions plus humaines. D'un cas spécifique comme la pratique de la photographie, on peut transposer cette approche aux autres aspects matériels de notre vie. Au fond cela reste de l'ordre d'une philosophie d'être et d'agir.

Photos Daniel M


12 septembre 2026

Un sursaut d'été!





 Une saison estivale s'achève dans l'hémisphère occidentale en bouleversement, mais d'une certaine manière, la nature, celle qui n'est pas encore totalement dénaturée ou anéantie, nous rappelle à une résilience de respect et de beauté. Pour l'humanité la leçon semble aujourd'hui inutile devant ses "fake" croyances de jeunesse éternelle et d'univers factice. Profitons tout de même de ce moment pour admirer la magnificence de l'imperfection et l'apaisement.


Photos Daniel M

05 septembre 2026

Le Sujet de la photo


 Le sujet de la photo ou encore l'objet d'une photographique restera toujours la base même de cette forme d'expression visuelle figée dans l'espace-temps de notre univers quotidien. On peut parler de technique tant soit-il mais le propos de la photographie reste son sujet même qu'il soit concret, abstrait ou même évanescent! C'est un peu la version imagée du sens de la vie qu'on recherche si souvent dans nos actes et nos expériences de ce parcours humain et terrestre.


Il y a donc cette motivation fondamentale de céder à l'impulsion de choisir ou subir, c'est selon, le sujet de la photo. Il peut être délibéré, concocté depuis longtemps, il peut être spontané en s'offrant à nous sans avertissement, il peut être inconscient mais présent dans nos intuitions de déclenchement, il peut être libérateur de notre réflection sur un univers de découvertes incessantes, bref il peut être tout et plus encore mais il demeure essentiel. 

C'est évident que nos propos tout comme nos photos ne sauraient captiver l'attention de tous et chacun car il n'existe pas de forme unique d'intérêt pour un sujet donné quel qu'il soit. Mais ici nous ne cherchons pas nécessairement l'approbation de tous, ni même celle du plus grand nombre, en tout cas je nous le souhaite car sinon il y aura sûrement quelques déceptions à la clef. Non, nous recherchons plutôt l'impact significatif fut-il limité à un seul ou une seule observateur-e. Peut-être même que cet atome d'impact aura lieu à notre insu mais même là, l'important c'est qu'il survienne d'une manière ou d'une autre.

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C'est pourquoi aussi qu'il faut poursuivre sinon s'acharner sur nos sujets favoris en leur donnant toutes sortes d'interprétations et de nuances qui approfondissent leur étude évolutive. Il faut leur donner de nouvelles saveurs pour mieux les rendre dans leur totalité qui ne saura jamais atteinte cependant. Oui le sujet est roi ou reine en photographie plus que tout le reste car il en est la justification même. Bon sujet!

Photos Daniel M

29 août 2026

Kopi-Dat (Copy that)


 La question des droits d'auteur a toujours été d'actualité avec celle des plagiats qu'ils soient scientifiques, littéraires, politiques, etc. Avec l'avènement de l'Internet, la chose n'a jamais aussi facile, disponible et souvent indétectable, du moins à court terme. En photographie, c'est la hantise de beaucoup d'auteurs qui sont devenus des grands confidentiels du garde-robe tellement la crainte qu'on "vole" leurs images est profonde. Toute sorte de formes d'empreintes personnelles ont été mises au point pour toutes être battu en brèche par de nouvelles technologies encore plus intelligentes les unes des autres.

Alors que déduire de tout cela quand l'intégrité personnelle a été remplacée par un je-m'en foutisme généralisé et tous et chacun vivent dans leur planète d'écho si particulière. Après tout, tout cela reste entre nous et notre conscience. À nous de reconnaître nos mérites véritables et surtout d'avoir l'honnêteté de reconnaître celui des autres qui nous inspire et nous influence. 


Oui, j'ai depuis longtemps abandonné ce combat inégal devant la sophistication des copieurs, des usurpateurs de ce monde dont l'incapacité créatrice est compensée par la malignité ingénieuse à s'approprier le bien et l'esprit d'autrui et qui a décuplé ces dernières décennies. Alors que reste-t-il aux véritables originaux? D'abord la satisfaction très personnelle il est vrai, d'être la vraie puissance créatrice devant nos images, nos écrits, notre musique, etc. De savoir aussi que plagier c'est en quelque sorte reconnaitre la pertinence de ceux et celles qu'on copie toutefois en leur volant leur mérite bien sûr! Que le plagiat entraine souvent le fait aussi d'être plagier de nouveau ce qui en quelque sorte assure une certaine pérennité de notre oeuvre originale ou transformée.

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Je ne ferai surtout pas l'éloge du plagiat car le succès d'un mensonge ne pourra jamais se muter en vérité. C'est plutôt une bombe à retardement qui, à la limite, explosera dans la conscience de son auteur et parfois de son entourage car ses scrupules ne s'effaceront vraiment jamais à moins d'être totalement lobotomisé.  Je dirai plutôt qu'il y a une ironie de savoir que tous les copieurs de ce monde sont foncièrement des imposteurs dont l'acte de plagiat est l'ultime hommage qu'ils font au véritable auteur de l'oeuvre kidnappée en la perpétuant. 😉

Photos Daniel M

22 août 2026

Foto Nostaljia (Photo Playback)


 Est-ce parce que je vieillis et que je veux revisiter mon passé ou est-ce parce que j'ai toujours aimé éprouver ce sentiment de nostalgie infinie? La mémoire humaine est quelque chose de si organique, de si imprévisible surtout quand elle surgit du présent et nous transporte instantanément dans les sensations éprouvées du passé pour nous laisser une empreinte indélébile de souvenirs visuels, sonores, olfactifs, et, à la fin, de toutes ces sensations qui meublent notre univers perceptif. 

Quand je regarde ces photographies du passé, j'éprouve l'envie irrésistible de revivre et de goûter encore ces moments privilégiés de mon histoire personnelle re-visitée, remodelée et recrée à nouveau au bénéfice de mes fantasques. Se projeter dans cette double dimension de l'image figée du temps c'est bien la magie que propose le voyage photographique pour tous ceux et celles qui restent réceptifs à son message visuel et à l'impact qu'il génère à répétition.

Ah! Photo Nostalgie quand tu nous transporte et transcende notre étroit quotidien, tu nous incite à surpasser nos préoccupations éphémères pour aller par delà et explorer l'horizon lointain d'une jeunesse évanescente, d'une jeunesse que nous aimerions chérir sans fin.

P.s. La nostalgie n'a pas d'âge...

Photo Daniel M

15 août 2026

Une espèce en voie de disparition?


 Est-ce bien vrai? La photographie traditionnelle est-elle sur le point de s'évanouir au profit d'un espace visuel créé de toutes pièces? Assistons-nous au déclin inévitable de l'homo photocorpus primaire? Tant de questions qui elles-mêmes sont de moins en moins d'actualité comme si le sort ultime de la classe des photographes classiques n'est plus un enjeu individuel et collectif pertinent et c'est peut-être déjà le cas pour plusieurs. Il en resterait que l'aspect propagandiste ou divertissant calquée aux besoins de "marketisation" des idées et des tendances.


Pourtant la photographie documentaire et informative a gardé toute son utilité comme moyen privilégié et précis d'illustration de son sujet et de son contexte. Et sa facilité technologique, son coût d'utilisation moindre et sa facilité de transmission la rendent toujours aussi attrayante, abordable, fiable et enrichissante. Ce qui change c'est surtout l'incertitude de sa pérennité et en particulier pour les générations futures dont le désir d'érudition historique pur a grandement diminué face aux défis quotidiens de cette civilisation de plus en plus techno-orientée.

Il faut tout de même souligner l'oeuvre souvent acharnée de ces photographes qui persistent à transporter le flambeau de cette photographie qui carbure encore dans la recherche, l'exécution et la diffusion d'un art de la vision humaine transposée par l'image captée et retransmise sur un support quel qu'il soit. Il faut également souligner l'effort consenti par tous ces missionnaires qui supportent, administrent, promussent à travers tout un réseau de galeries, de salles d'exposition permanentes ou temporaires et d'évènements ponctuels, l'avancement de la photographie classique. Tout cela est révélateur que la passion non seulement subsiste toujours mais surtout qu'elle s'expose à de nouveaux adeptes.

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Assurément que la survie et son essor de la photographie traditionnelle dépendent largement sur les épaules de ses artisans de l'image et de ses amateurs au sens premier qui voient à sa diffusion au bénéfice de tous et chacun. Pour le photographe qu'il soit accompli, professionnel, amateur ou débutant, l'acte de photographier reste toujours un défi aussi exaltant et porteur d'émotions que fut le premier déclic du premier ou de la première photographe de notre histoire humaine.

Photos Daniel M

08 août 2026

Les lourds secrets de l'histoire de la photographie


 La naissance de la photographie comme pratique médiatique fut tout sauf candide. Elle a été la source de conflits, d'erreurs, de fraudes, de dangers et plus encore. Elle a servi à tout du voyeurisme le plus primaire à la propagande la plus sophistiquée. Elle a travesti maintes réalités au profit de quelques unes et au détriment de toutes les autres. 

Sa création même n'est pas un beau roman scientifique car plusieurs ont d'abord proclamé son usage exclusif, la plupart du temps à des fins commerciales. En fait la photographie ne s'est "démocratisé" que bien après sa découverte, soit 60 ans environ, et encore pour un public particulier et moyennement nanti. Éventuellement elle s'est élevé comme un art visuel à part entière mais même là, cet art a été savamment détourné dans la promotion d'idées sectaires comme ça l'est toujours d'ailleurs et bien malheureusement.


Très tôt la photographie a été utilisé comme "moyen" de renseignement sur les personnes, sur les collectivités et les groupes, en vertu de son caractère d'authenticité et de précision qu'on lui conférait même si dès le début le trucage photographique et plus tard cinématographique ont fait parti de cette pratique visuelle. Les applications policières, militaires et de renseignement ont connu un essor presqu'immédiat et ont constitué la base, toujours active d'ailleurs, de l'observation photographe tant légale qu'illicite. 

La photographie est aussi devenu pornographique empruntant les avenues de l'art dit érotique pour lui permettre un voyeurisme sans frontière apparente. Certes on peut discuter de sa pertinence ou encore de son absence de moralité, notion qui évolue socialement et constamment, mais le fait demeure qu'elle a engendré des excès d'exploitation des femmes, des hommes et des enfants plutôt intolérables peu importe l'époque évoquée.


La photographie comme outil de propagande n'est pas nouvelle non plus. Elle a servi à l'embellissement et à l'éloge de plusieurs partis et leaders politiques principalement dans le cadre de régimes autoritaires. Encore là la croyance d'authenticité de toute photographie a permis la manipulation des individus et des collectivités au détriment de leur sens critique. Ces images autoritaires sont bien connues de tout amateur d'histoire non frelatée et non réinventée. 

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En soulevant ce pan du coté obscur de la photographie, j'ai voulu proposer une approche plus critique du produit photographique sous toutes ces formes et souligner aussi qu'il s'agit aussi d'un art d'expression dont l'aspect interprétatif ne doit pas être négligé tout comme pour toute autre pratique d'expression qu'elle soit orale, écrite ou visuelle. Cependant et même avec l'avènement de l'intelligence artificielle dont l'approche critique devient d'autant plus d'actualité, nous ne devons pas nous empêcher d'apprécier avec un esprit toujours ouvert toute la richesse du regard qu'offre la photographie en général.

Sources des Photos: Web

01 août 2026

60 cycles en photos!

 Nous sommes toutes et tous les résultantes d'une multitude d'influences générés par nos rencontres avec des personnes ou des événements marquants de notre vie. Il serait difficile d'en faire un inventaire exhaustif car elles sont nombreuses, très variées et dument échelonnées sur toute notre parcours existentiel. Malgré tout il y en a certaines qui demeurent ancrées dans notre conscient et subconscient comme des traces tenaces et déterminantes de notre vie.

En photographie, c'est souvent cet héritage témoin visuel qui nous motivera à entrer dans cet univers non seulement comme contemplateur mais aussi comme créateur à part entière. Modestement je vous en présente deux qui ont su paver ma conversion vers une vocation qui se perpétue encore. Les deux sont issus de cette génération des années soixante qui ont proposé ce regard si particulier de la photographie documentaire d'actualité d'une société occidentale en mutation.

*Prenez note que toutes les photographies présentées dans cet article sont mes photos personnelles qui reflètent l'influence de ces deux mentors.*


Jean-Claude Labrecque: la caméra sur l'épaule! (1938-2019)

Jean-Claude Labrecque est surtout reconnu comme cinéaste-réalisateur mais son curriculum professionnel comprend aussi une formation et une solide expérience de directeur photo ce qui lui a conféré un regard particulier et original tant sur son approche documentaire que cinématographique de fiction. L'un des ses courts métrages le plus percutant fut certainement son documentaire dramatique sur le 11ème tour cycliste de la Nouvelle France réalisé en 1964. D'ailleurs les photos de mon crue que je présente ici sur le championnat mondial cycliste de Montréal de 1974 sont en quelque sorte un hommage de l'influence qu'a exercé Jean-Claude Labrecque sur toute une génération de photographes québécois et canadiens dont je fais parti modestement.

Labrecque était issu de cette cohorte canadienne du cinéma direct qui, caméra à l'épaule, allait à la rencontre des gens et des événements et dont le propos se créait au gré de l'évolution de ces témoignages visuels et auditifs faits sur le terrain. Ce cinéma dans sa photographie plus authentique se voulait aussi la quête d'une certaine vérité spontanée même en tenant compte de l'interprétation inconsciente de ceux et de celles qui le réalisait. De Jean-Claude Labrecque nous retiendrons une certain candeur du regard où l'humanisme ressort de sa simple présence contextuelle. Il a proposé plus le questionnement au delà de l'explication simpliste et dirigée. C'est ainsi que l'artiste tout comme tout autre humain doit continuer de s'interroger. 


Photos Daniel M


Antoine Desilets: le photographe pédagogue (1927-2019)

Antoine Desilets est une référence incontournable de l'histoire récente de la photographie au Québec (Canada) non seulement comme artiste-photographe marquant de sa période la plus connue (1960-1980) mais aussi comme un pédagogue de la pratique du médium qui a suscité un nombre impressionnant de vocations tant amateurs que professionnelles. Doté d'une personnalité attachante, curieuse, débonnaire et fortement teinté d'humour, Desilets a démocratisé la photographie dans une société canadienne-française encore culturellement à l'étroit de son héritage catholique réducteur.

Car Antoine Desilets était à la fois un conteur par ses écrits et un illustrateur par ses exemples visuels. Mais surtout il était un indomptable motivateur pour toute une génération qui doutait de son savoir-faire au départ mais dont la confiance et l'audace se sont épanouies au contact de ce grand générateur de talents et de vocations. Cet apport pédagogique essentiel a même franchi les frontières de son Québec chéri pour se répandre dans les Afriques. Desilets n'était pas l'homme des complications mais plutôt le facilitateur de l'émergence créatrice. Il a inspiré de bien des manières et il inspire toujours.


Photos Daniel M

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Une vie de photographe ne se termine jamais par sa disparition corporelle, elle survit au delà grâce à l'influence qu'exerce son oeuvre à travers celles et ceux qui l'ont côtoyé, observé et transposé dans leur propre démarche photographique. Consciemment ou non nous avons tous eu des mentors qui ont alimenté notre savoir-faire et nous ont ouvert des horizons visuels vers des techniques, des sujets, des contextes photographiques. Leur rendre hommage ne peut que nous enrichir d'autant et participer à notre propre émulation.

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Sources des portraits: ONF (Jean-Claude Labrecque); La Presse (Antoine Desilets)


25 juillet 2026

Aucune caméra ne vaut autant qu'une bonne photo... mais y contribue certainement!


 Le plus onéreux appareil photo qui soit ne peut égaler l'impact d'une photo exceptionnelle! Bon j'admets qu'on peut entendre des oui-mais à cette affirmation mais cette vérité se base simplement sur le pourquoi on utilise une caméra, c'est-à-dire pour prendre des photos car ce sont précisément ces photos diffusées qui représentent le véritable médium de cet art visuel. Et la démonstration en a été faite à maintes reprises depuis l'apparition de ce dernier.

Autant vous pouvez vous passionner pour les outils qui vous accompagne dans votre démarche productive, du moins pour ceux et celles qui franchissent le pas et produisent des photographies, autant une image peut sublimer le simple exercice du déclic et chaque image est un univers en soi à découvrir comme dans "une photo vaut mille mots". En fait, qu'est-ce qu'une bonne caméra? Voilà une question plus qu'intéressante à développer ouvertement.

Une bonne caméra est une caméra qui nous accompagne et qui nous incite à l'utiliser. Toutes sortes de facteurs différents et parfois divergents peuvent influencer notre amour ou notre indifférence vis-à-vis un appareil photo en particulier. Esthétique, ergonomie, performance, résistance, etc, etc, la liste peut être longue et fastidieuse et cela sans compter d'autres éléments que notre inconscient projette et influe dans le jugement que l'on porte sur un matériel donné.

Une bonne caméra est une caméra que l'on aime et plus encore que l'on chérit du genre de celle qui provoque une émotion chaque fois qu'on l'évoque dans nos pensées. Elle participe à notre vécu de photographe et développe en l'utilisant un lien affectif durable. Pourquoi on l'aime plus qu'une autre ou que tout autre? C'est là un des mystères de la vie car on ne peut aimer tout le monde et toutes choses à la fois. 

Une bonne caméra ne se démode jamais. Elle fait parti de cette osmose du créateur visuel que nous tentons d'être quand nous en faisons usage. Il ne s'agit pas simplement d'un apport technique, il s'agit plutôt d'une complicité liée à la confiance qu'on lui confère avec le temps et l'expérience. Même si ses successeurs commerciaux ont des attributs rehaussés, une bonne caméra ne se laisse pas intimider par la seule nouveauté des choses. 

Une bonne caméra est un outil complexe et dont le potentiel est immense en regard des petits besoins du photographe, une façon de dire qu'il n'y a pas de mauvaises caméras mais plutôt de mauvais ... photographes, vous l'avez bien anticipé! Fréquenter une bonne caméra demande du temps, savoir l'exploiter à son summum demande de la compréhension et surtout du respect. Même les caméras les plus simplifiées ont un grand potentiel créatif, il n'y a qu'à penser à l'exemple du Polaroid qui fut utilisé par l'artiste multi-disciplinaire Andy Warhol.

Une bonne caméra est un refuge pour son utilisateur-compagnon ou compagne. c'est comme une conversation implicite entre le ou la photographe et sa caméra. On l'aime, on la manipule tel le talisman, le graal de nos pensées et de notre réflexion sur l'univers. Elle devient l'extension physique de notre psychisme et provoque ce sentiment sécuritaire qui nous réconcilie avec l'incertitude de la vie. 

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Une bonne caméra justifie notre curiosité et la sélectivité de nos choix visuels. Elle participe à travers nos observations et nos impressions propres ou figurées à notre évolution en tant qu'être pensant et agissant. C'est bien cela une bonne caméra!*

* Désolé, aucun argument technique n'a été abordé dans ce texte.

Photo Daniel M

18 juillet 2026

Le poids des photos


 Il m'arrive à l'occasion de renouer avec mon ancienne vocation de photo-reporter et d' observer par la même occasion comment le contexte d'aujourd'hui peut ou non différer de ce que j'ai expérimenté dans mon passé de photographe argentique et journalistique. Au fond les exigences sont restées les mêmes: d'abord bien illustrer le sujet, offrir une perspective contextuelle qui explique en tout ou en partie le sujet, saisir si possible les moments décisifs de l'action s'il y en a, maintenir une qualité de définition d'image acceptable sinon optimale quand cela est permis et surtout demeurer critique de ses résultats car il y a toujours place pour évoluer comme photographe.

Ce qui change aujourd'hui c'est peut-être le coût économique très faible de la prise de vues, l'autonomie accrue des appareils, la capacité fantastique des supports d'enregistrements et la rapidité phénoménale du traitement en post-édition des images et leur grande facilité de diffusion. Tous ces facteurs sont devenus un standard pour lequel un photo-journaliste de l'ère argentique ne pouvait que rêver sans y croire même au début (surtout au début) des balbutiements du numérique.


Aujourd'hui cette nouvelle voie questionne tout de même la pertinence de certains comportements passés à propos du travail de photographe car la photo instantanée personnifié par l'intégration de fonctions photographiques dans les autres outils numériques comme la tablette ou le téléphone intelligent ont occulté des éléments essentiels de la pratique et de l'art photographique comme la composition et l'interprétation de l'exposition et de l'obturation, des facteurs-clés dans la nature et dans la profondeur d'une image préservée et transmise. L'image fixe ou en arrêt a été aussi beaucoup dévalorisée par l'image animée ou vidéo. Cette dernière est maintenant d'une qualité technique exceptionnelle au point de servir maintenant de source d'images fixes!

Le photo-reporter choisit par définition des cadrages et des moments critiques qui reflètent son interprétation du sujet. Elle ou il transpose ses biais systématiques issus de sa formation, de son expérience et de son jugement pour "rendre" ce sujet et lui conférer un impact particulier. Une photographie propose donc un temps d'arrêt sur nos activités créant une sorte de déséquilibre qui nous questionne et renforce notre sens critique vis-à-vis des éléments de notre environnement. Souvent le regard du photographe brise la chaine de l'indifférence générée par les images en succession continue. Bref la photo nous permet de "voir" et d'observer en détails et qui ressortent du flou quotidien dans lequel nous baignons constamment.


Tous ces moments fugaces proposés par la photographie ont finalement leur importance quand nous réfléchissons sur nos perceptions et nos motivations personnelles et collectives. On dit "une photo vaut mille mots" mais aussi on pourrait dire que mille photos ne valent plus rien dire car noyés dans cette masse d'images, nous ne pouvons que banaliser leur importance individuelle. Le photo-reporter choisit donc d'en extraire une infime partie pour les retransmettre sur un support d'observation plus permanent et cela explique que deux photographes situés au même endroit et au même moment font rarement les même photos. 

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Que conclure sinon que le poids des photos reste le même peu importe les technologies et les supports de diffusion mais ce qui peut changer, c'est plutôt notre capacité et notre volonté de les consulter et d'en déduire notre interprétation.  En définitive le travail et les objectifs du photographe restent les mêmes, c'est-à-dire capter son moment décisif dans un cadre qu'il a choisi et un agencement du sujet qu'il préfère. Bref la photographie demeure ce qu'elle a toujours été, un art d'interprétation visuelle à part entière.

Photos Daniel M