Photos Daniel M (Habitation Clément, Martinique)
devant / derrière la caméra
Avec l'apparition de la dynamique accrue de nos capteurs d'image numérique, le contre-jour n'a plus bonne presse et est même perçu comme un raté de l'image enregistrée avec son exposition contrastée et radicale. Et pourtant il y a tant à rechercher en terme d'impact avec une technique de contre-jour bien maitrisée qui allie composition graphique avec le moment critique de prise de vue. De plus, avec nos viseurs électroniques modernes et nos écrans de visionnement, anticiper un contre-jour devient un jeu d'enfant.
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Si le contre-jour une délimitations évidentes des arêtes du sujet principal elle ne se limite pas à ce simple effet de lumière et, par extension, d'exposition extrême de l'image. Il propose aussi un narratif plus étendue sur le pourquoi de l'image et laisse planer le doute sur son essence même avec une forme extrême de conversation visuelle tronquée.
Photos Daniel M
Dans le ballet des images successives que la vie nous expose quotidiennement, il y a parfois une harmonie des formes, des nuances et des lignes qui nous appelle, qui nous charme et nous enchante. Car l'exposition à une image quel qu'elle soit n'est pas toujours une agression des yeux mais parfois une floraison de couleurs même monochromes et d'émotions qui nous emporte vers le rêve et la pensée idéale.
Il y a une certaine perfection des sens qui se sublime même dans la dissonance des arrangements des choses ou encore dans les contextes plus chaotiques des environnements. L'histoire implicite de toute image photographique est un déclencheur d'émotions et un vecteur qui conduit à la réflexion. À la limite du perceptif visuel, l'aspect onirique de cette image peut engendré une vision poétique du sujet lorsque que l'auteur lui inclut cette dimension qu'il s'agisse d'un sujet particulier ou d'un contexte choisi.
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La poésie exprime bien l'idéalisme de son auteur et rebelle des notions qui subliment l'émotion dans un sens ou dans un autre. L'amour, la tendresse, la peur, le rejet, l'espoir ou sa contrepartie, autant de sentiments et d'autres encore plus que la poésie des sons, des images, des écrits leur attribuent une valeur additive. Nous avons tous cet envie de poésie dans nos vies qui ne demande que de pouvoir s'exprimer et s'exposer. Oui on peut l'écrire, la chanter, la dessiner, la sculpter mais aussi l'illustrer visuellement en photo. Alors pourquoi s'en priver?!
Photo Daniel M
Photos Daniel M
Créer une impression de profondeur sur une image à plat, de deux dimensions seulement fait souvent appel à une certaine habilité à composer cette image avec un soin plus particulier car il faut faire appel à l’intuition de l’observateur à déceler celle-ci plus qu’à simplement la percevoir comme en vision trois dimensions. Il y a donc une sorte de foi en l’expérience visuelle de celui ou celle qui observera la photographie et la transposera dans sa perception virtuelle.
L’art d’arranger avant-plan et arrière-plan n’est pas nouveau tant en photographie que dans la projection d’images animées comme au cinéma ou en vidéographie. Mais c’est sur le terrain et lors de la prise de vues que cet exercice doit d’abord être pratiqué avec adresse et perspicacité. Il y a donc une analyse préliminaire du contexte et du choix des ou du sujet(s) à réaliser avec soin. Le cadrage, la position des objets-sujets et leur proportions respectives jouent un rôle déterminant dans la réussite de l’effet souhaité par le ou la photographie.
Il faut aussi bien comprendre le rapport qu’il peut exister entre les sujets proposés pour s’assurer de la vraisemblance de la scène enregistrée. Par exemple en illustration documentaire ou même publicitaire, cette approche est bien connue et maîtrisée. Donc cette profondeur n’est pas seulement un aspect physique de l’image mais lui confère ausssi une dimension métaphysique non négligeable en ce sens qu’elle étoffe le coté anecdotique de l’image.
Il y a donc avant-plan et arrière-plan et peut-être aussi plan central qui sont des éléments déterminants de l’impact d’une photographie soignée et plus percutante.
Photo Daniel M
L'absence d'équilibre nous induit à une instabilité peu rassurante comme s'il fallait qu'il y est toujours un début et une fin de toute chose par la présence d'un rebord ou d'une arête scénique rassurante et délimitante. En photographie le cadre même de l'image personnifie les limites pour lesquels l'agencement du sujet et de son contexte nous entraine dans ce discours de la symétrie parfois même au dépens de l'histoire implicite du propos de celle-ci. Quand l'univers penche, le regard glisse vers un extérieur inconnu et dérangeant comme une ligne d'horizon qui se cherche et qui se perd.
Une photographie qui présente une asymétrie évidente est souvent associée à une mauvaise maitrise de la composition du sujet qui, elle, devrait s'en tenir aux dictats de certaines règles de composition longtemps proclamées pour l'exercice de cet art visuel. Or d'autres formes artistiques importantes comme la sculpture ont démontré qu'on peut volontairement dépasser les limites imposées par un académisme contraignant et obtus.
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L'asymétrie n'est pas pour autant une nouvelle panacée auquel il faudrait maintenant se conformer à tout prix mais tout bonnement une autre façon de faire et de montrer qui peut avoir sa place dans notre imaginaire et ses représentations concrètes.
Photo Daniel M
Aux Antilles on nous appelle les "canadiens" ou plutôt ces chères canadiens bien que nous ne savons pas trop à quoi nous devons cette réputation bienveillante. Je ne saurais m'en plaindre surtout comparé à l'accueil beaucoup plus froid de nos voisins immédiats du sud dont l'agressivité peut-être innée nous déstabilise de plus en plus. Revenons donc à la chaleur antillaise et pas seulement calorifique mais bien plus rayonnante d'ouverture et de curiosité à notre égard.
J'aime bien ces longs séjours d'un mois ou plus qui nous font vivre un peu le charme débonnaire du sud caribéen et nous incite à ralentir notre rythme parfois jusqu'au point de l'inertie réparatrice tant pour le corps que l'esprit. Et de cette presqu'obligation de réflexion nait également celle de l'inspiration des idées et des émotions. Prenons-nous encore le temps de vivre et de laissez-vivre? En tout cas, aux Antilles, les secondes, les minutes, les heures, les jours s'allongent et se ressourcent au gré de l'onde maritime, des alizés et de l'alternance de l’azur du ciel.
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Les Antilles c'est l'été perpétuel pour tout nordiste que nous sommes qui doivent subir cet hiver si pittoresque pour les visiteurs non-résidents.
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On parle souvent d'appareils photo en omettant l'un des éléments matériels essentiel de la pratique du médium, soit l'optique de prise de vue. Et pourtant cela reste un incontournable qui définit bien les caractéristiques et la définition de l'image enregistrée. Tout au long de mon modeste pèlerinage entre différents équipements de prise de vue, j'ai expérimenté toutes sortes d'objectifs avec parfois un bonheur inégal mais souvent aussi avec un appétit renouvelé de produire la plus belle représentation visuelle de mes sujets.
Voici quelques optiques parmi d'autres qui ont marqué mon imaginaire créatif à travers le temps:
Les 50mm incontournables! Au début de tout en ces temps du reflex mono-objectif obligé, l'optique de 50/55mm régnait en maitre quand il s'agissait de s'introduire au format de film 135 (35mm). Il est vrai que ces objectifs dits normaux ou standards étaient probablement la meilleure "affaire" à se procurer pour plusieurs dont l'avoir financier était limité. Dotés d'une grande ouverture maximale très utile, tous ces objectifs normaux furent une initiation finalement très fructueuse en opportunités de prise de vue tout azimut. Les Canon SC, Cosinon, Nikkor Ai, Olympus Zuiko, Pentax SMC, etc. ont tous contribué à l'intensification d'une passion pour la photographie.
Nikkor 24mm F2.8 Ai-S / 35mm F2.8 Ai-S J'adorais ces courtes focales de Nikon. Elles personnifiaient avant l'heure toute la versatilité qu'on associe maintenant à la "street photography". Petite, légère, discrète, le mot compact n'a jamais été aussi mieux défini dans le format 135. Aucun souci à se faire du coté optique, elles répondaient de la réputation de leur manufacturier à l'étendard jaune-bleu de l'époque avant qu'il abhorre toutes ces dorures actuelles. Mon affection pour l'angle de champs du Nikkor 24mm (autour de 84 degrés) s'est transporté tout au long de mes acquisitions optiques futures peu en importait la marque ou le format de film et de capteur.
Nikkor 300mm F4.5 Ai Avant l'introduction du vénéré Nikkor 300mm F2.8 par toute la diaspora photo-journalistique, il y eu ce Nikkor 300mm F4.5, un téléobjectif compact, de belle facture avec un pare-soleil coulissant intégré (une merveille) et surtout une belle définition optique pour peu que vous maitrisiez vos paramètres de prise de vue. On disait de la longueur focale de 300mm en format 135 (35mm) qu'elle constituait le premier véritable téléobjectif avec un grossissement de 6X par rapport à la normale de 50mm. Il est vrai que son effet de compression était une signature visuelle reconnaissable et indéniable. Et que dire de cette bague rotative de prise de montage pour mono pied ou trépied, tout simplement bluffant pour le photographe d'action!
Tamron SP 80-200mm F2.8 LD Adaptall II (monture Nikon Ai-S et Leica R) C'était l'âge d'or du photo-reportage et tous ces premiers objectifs-zoom-télé modérés représentaient l'avant-garde de l'émergence des objectifs à focale variable dont la définition allait enfin s'approcher des focales fixes. Avec cette série SP, Tampon allait enfin recevoir la reconnaissance de son sérieux optique. Si on le combinait avec le doubleur Tampon SP, il se transformait en un redoutable 160-400mm F5.6, parfait pour le photographe de course automobile que j'étais durant cette ère de la super-empreinte carbone! Lui aussi était doté d'une bague-trépied dont l'usage devenait essentiel avec ses longues distances focales à une époque où la stabilisation était plus un objectif politique ou médical, et où la sensibilité des films argentiques restait fort limitée.
Leica 90mm F2.8 Elmarit M / 135mm F2.8 Elmarit R Oui je peux témoigner aujourd'hui de la finesse de toutes optiques estampillées par Leica que l’on pouvait aisément distinguer à l'examen attentif d'une diapositive 135 (35mm)par exemple. Leur contraste plus élevé, les couleurs plus vives, mieux séparés, le point focal très précis, autant de caractéristiques qui en faisaient des jaloux dans la communauté. Certes leur coût d'acquisition était déjà indécent et leur gamme restait restreinte et bien peu novatrice mais leur rendu iconographique n’était jamais décevant. Cependant à cette époque de l'invasion et l'invention toute nipponne, Leica s'est perdu dans une rigidité traditionnelle qui a failli causer sa perte puis ensuite assurer paradoxalement sa rédemption auprès surtout des collectionneurs d'objets d'art photographique!
Olympus M.Zuiko 45mm F1.8 Ce fut l'objectif qui m'a convaincu de la pertinence du format de capteur numérique Micro Four Third (µ43) avec sa définition exemplaire, un bon contraste et un beau rendu des couleurs. Petit, discret, compétent mais non stabilisé comme son cousin le Panasonic Lumix G 42.5mm F1.7 OIS qui, avouons-le, est du même niveau. C'est plus qu'une optique portraitiste mais surtout un semi-téléobjectif avec un pouvoir discriminant accru par rapport à un objectif standard. OM System fait bien de le maintenir dans son catalogue et devrait le tropicaliser au plus tôt.
Olympus M.Zuiko ED 12-40mm F2.8 Pro / M.Zuiko ED 40-150mm F2.8 Pro Si on devait dater le début véritable de la vocation professionnelle du format µ43, on pourrait citer sans arrière pensée leur introduction en septembre 2013 bien que les Panasonic Lumix G Vario 12-35mm et 35-100mm F2.8 OIS les ont précédé d'un an. Dans les deux cas, ces optiques Pro d'Olympus ont fait école chez plusieurs photographes bien appuyés par des versions aussi Pro des modèles d'appareils de la série OM-D E-M1. Pour ma part je les ai particulièrement apprécié en combinaison du OM-D E-M5 Mark II. Ce n'est que plus tard que je me suis questionné sur leur résistance à plus long terme avec deux exemplaires fautifs mécaniquement parlant.
Panasonic Lumix G 20mm F1.7 J'ai découvert ce petit joyau (un peu fragile cependant, il me semble) avec l'acquisition d'un boitier Lumix GX7. Équivalent à l'ancien mais très aimé 40mm en format 135 (35mm), ce 20mm est une perle qui mériterait cent fois une mise à jour de Panasonic mais n'attendez pas en vain! Sa construction, malgré tout, reste suspecte et l'expose trop aux aléas de la vie plus mouvementé et son mécanisme de mise au point automatique est, avouons-le, une horreur qui se laisse bien entendre. Mais que voulez-vous, l'amour est aveugle...
Panasonic Lumix G Vario 12-60mm F3.5-5.6 Power OIS / G Vario 45-200mm f4-5.6 II P OIS Ce duo Lumix G Vario "amateur" m'a toujours étonné par sa compétence et une certaine versatilité. C'est un ensemble tropicalisé qui se prête bien à la photographie baladeuse, urbaine ou rurale, en banlieue ou en voyage dans des lieux plus exotiques. Comme optique urbaine, le Lumix G Vario 12-60mm a beaucoup à offrir et plus particulièrement en rendu monochrome noir et blanc. Quant au G Vario 45-200mm, sa performance pour des sujets rapprochés (close focusing) est étonnante et remarquable tout comme d'ailleurs sa bonne versatilité en téléobjectif.
Fujifilm Fujinon XF50mm F2 WR Avec un rapprochement d'environ 1,5X par rapport au standard APS-C de 35mm et aidé de sa plus grande ouverture maximale de F2, ce petit téléobjectif donne juste assez de pouvoir séparateur pour isoler adéquatement un sujet rapproché. Sa finesse dans les détails et son rendu chromatique typique de Fujifilm en ont fait un des préférés des photographes exigeants au budget plus restreint. Il se distingue aussi comme optique performante en illustration de produit notamment. Bien sûr je salue aussi son coté compact toujours bienvenu.
Fujifilm Fujinon XF18-55mm F2.8-4 R LM OIS / XF55-200mm F3.5-4.8 R LM OIS Il aurait impossible de ne pas mentionner ces deux optiques Fujinon X-Mount qui ont été le pain et le beurre à maintes reprises dans mes incursions APS-C de boitiers Fujifilm. Je n'ai jamais été déçu de leur performance respective tout à fait comparable à des objectifs Pro. Bien que la plage des longueurs focales du XF18-55mm était plutôt limitée, son utilité comme objectif zoom trans-standard de voyage fut indéniable. Quand au XF55-200mm il m'apparait comme le secret bien gardé d'une optique télé tout bonnement exceptionnelle. Bref ne manquait qu'une tropicalisation qui les aurait rendu encore plus justice.
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Est-ce que ce sont les seules optiques impressionnantes que j'ai côtoyées? Bien sûr que non! En faisant cet exercice discriminatoire, j'en ai omis certainement qui méritait d'être mise en vedette (Je pense, entre autres, au délicieux Micro Nikkor 55mm F2.8 Ai-s, au bijou et étrange Canon FD 35-70mm F4 ou encore au compagnon fidèle Nikon AF-S DX 18-70mm F3.5-4.5). Ce qui m'amène souvent à permuter d'un modèle de boitier à un autre mais sans changer ma combinaison d'objectifs peut-être parce que je fus de l'école de pensée où le choix d'une optique importe plus que celui de la caméra!
Photos Daniel M
*Amère América tel que Luc De Larochellière compositeur-interprète québécois l'entonnait il y a presque quarante ans déjà comme le rêve perdue d'un eldorado comme un nouveau début sans limite ("the sky is the limit")... Aujourd'hui l'Amérique vit dans une confusion des genres, des personnes, des idéologies et des intérêts communs et individuels.
Tout nord-américain que nous sommes, canadiens, états-uniens ou même mexicains, la boussole du raisonné a complètement perdu son nord rassurant et inclusif pour une tornade où seuls les ultra-privilégiés semblent à l'abri de l'hallali final. Et on nous demande, nous fiers canadiens de l'empathie et de la tolérance de se dresser contre le monstre insensible du totalitarisme spéculatif économique. Le feriez-vous devant un voisin impulsif si désaxé que pourtant une armée de fidèles aveuglent supportent sans condition et sans lucidité il va s'en dire.
Amérique, méfies toi de ton déni actuel d'effort et rappelles-toi des sacrifices de tes ancêtres pour subjuguer la menace de l'autoritarisme, du racisme, de l'intolérance et de l'intransigeance car tôt ou tard toi ou tes enfants auront à subir ce fardeau de la libération de ces chaines modernes d'asservissement. Quand les témoins même de cette vicieuse extravagance se font taire dans leurs paroles, dans leurs écrits, dans leur évocations visuelles, le danger n'est plus potentiel mais concret et inévitable.
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Il faut bien que la moquerie se poursuive mais elle ne doit nous distraire de notre devoir d'humain de rejeter toute tentative de divination abaissante de l'intelligence humaine. Amérique, ne devient pas la succursale de la vision autoritaire du pouvoir usurpé de quelques sous-humains vaniteux et éphémères car nos burins feront sauter ces stèles prétentieuses.
Photo Daniel M