Les temps d'aujourd'hui sont ce qu'ils sont: imprévisibles, peu sécurisants parce que hautement périlleux et surtout parce que souvent ils sont porteurs de désespoir. En fait, ce n'est pas l'histoire qui se répète mais plutôt qui se poursuit dans ses implacables variations. Même le langage, la logique et la raison sont de plus en plus mis à parti par l'ignorance institutionnalisée par un faux désir de liberté qui cache une intolérance de l'autre et de ses idées.
Le même phénomène dramatique se vit dans le domaine photographique où l'on conteste même le droit à l'expression différente, originale, contestante tout en encourageant la déformation systématique de son authenticité autant matérielle que d'intention par son auteur. Et pourtant les sujets photographiques potentiels n'ont jamais été aussi abondants pour peu qu'on veuille bien s'y pencher et s'y investir comme témoin-vecteur de société et d'environnement.
Existe-t-il un remède définitif à cette incertitude? Probablement pas mais c'est peut-être dans l'acte photographique même que l'apaisement de l'âme pourrait y trouver son compte. Après tout la photographie n'est-elle pas depuis quelques siècles la preuve d'une continuité de l'histoire humaine à travers toutes ces images figeant tant de moments décisifs. Il y a donc un devoir de photographier que nous, passionnés de l'image archivée, devons maintenir envers et contre toute forme de lassitude et de découragement stériles.
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Arrêter de photographier, c'est comme cesser de respirer, cesser d'apprendre, cesser de s'émouvoir, en somme, cesser d'être vivant!
Photo Daniel M


























