14 mars 2026

Mes plus belles optiks!

 On parle souvent d'appareils photo en omettant l'un des éléments matériels essentiel de la pratique du médium, soit l'optique de prise de vue. Et pourtant cela reste un incontournable qui définit bien les caractéristiques et la définition de l'image enregistrée. Tout au long de mon modeste pèlerinage entre différents équipements de prise de vue, j'ai expérimenté toutes sortes d'objectifs avec parfois un bonheur inégal mais souvent aussi avec un appétit renouvelé de produire la plus belle représentation visuelle de mes sujets.

Voici quelques optiques parmi d'autres qui ont marqué mon imaginaire créatif à travers le temps:


Photographie argentique

Les 50mm incontournables! Au début de tout en ces temps du reflex mono-objectif obligé, l'optique de 50/55mm régnait en maitre quand il s'agissait de s'introduire au format de film 135 (35mm). Il est vrai que ces objectifs dits normaux ou standards étaient probablement la meilleure "affaire" à se procurer pour plusieurs dont l'avoir financier était limité. Dotés d'une grande ouverture maximale très utile, tous ces objectifs normaux furent une initiation finalement très fructueuse en opportunités de prise de vue tout azimut. Les Canon SC, Cosinon, Nikkor Ai, Olympus Zuiko, Pentax SMC, etc. ont tous contribué à l'intensification d'une passion pour la photographie.

Nikkor 24mm F2.8 Ai-S / 35mm F2.8 Ai-S J'adorais ces courtes focales de Nikon. Elles personnifiaient avant l'heure toute la versatilité qu'on associe maintenant à la "street photography". Petite, légère, discrète, le mot compact n'a jamais été aussi mieux défini dans le format 135. Aucun souci à se faire du coté optique, elles répondaient de la réputation de leur manufacturier à l'étendard jaune-bleu de l'époque avant qu'il abhorre toutes ces dorures actuelles. Mon affection pour l'angle de champs du Nikkor 24mm (autour de 84 degrés) s'est transporté tout au long de mes acquisitions optiques futures peu en importait la marque ou le format de film et de capteur. 

Nikkor 300mm F4.5 Ai Avant l'introduction du vénéré Nikkor 300mm F2.8 par toute la diaspora photo-journalistique, il y eu ce Nikkor 300mm F4.5, un téléobjectif compact, de belle facture avec un pare-soleil coulissant intégré (une merveille) et surtout une belle définition optique pour peu que vous maitrisiez vos paramètres de prise de vue. On disait de la longueur focale de 300mm en format 135 (35mm) qu'elle constituait le premier véritable téléobjectif avec un grossissement de 6X par rapport à la normale de 50mm. Il est vrai que son effet de compression était une signature visuelle reconnaissable et indéniable. Et que dire de cette bague rotative de prise de montage pour mono pied ou trépied, tout simplement bluffant pour le photographe d'action! 

Tamron SP 80-200mm F2.8 LD Adaptall II (monture Nikon Ai-S et Leica R) C'était l'âge d'or du photo-reportage et tous ces premiers objectifs-zoom-télé modérés représentaient l'avant-garde de l'émergence des objectifs à focale variable dont la définition allait enfin s'approcher des focales fixes. Avec cette série SP, Tampon allait enfin recevoir la reconnaissance de son sérieux optique. Si on le combinait avec le doubleur Tampon SP, il se transformait en un redoutable 160-400mm F5.6, parfait pour le photographe de course automobile que j'étais durant cette ère de la super-empreinte carbone! Lui aussi était doté d'une bague-trépied dont l'usage devenait essentiel avec ses longues distances focales à une époque où la stabilisation était plus un objectif politique ou médical, et où la sensibilité des films argentiques restait fort limitée.

Leica 90mm F2.8 Elmarit M / 135mm F2.8 Elmarit R Oui je peux témoigner aujourd'hui de la finesse de toutes optiques estampillées par Leica que l’on pouvait aisément distinguer à l'examen attentif d'une diapositive 135 (35mm)par exemple. Leur contraste plus élevé, les couleurs plus vives, mieux séparés, le point focal très précis, autant de caractéristiques qui en faisaient des jaloux dans la communauté. Certes leur coût d'acquisition était déjà indécent et leur gamme restait restreinte et bien peu novatrice mais leur rendu iconographique n’était jamais décevant. Cependant à cette époque de l'invasion et l'invention toute nipponne, Leica s'est perdu dans une rigidité traditionnelle qui a failli causer sa perte puis ensuite assurer paradoxalement sa rédemption auprès surtout des collectionneurs d'objets d'art photographique! 


Photographie numérique

Olympus M.Zuiko 45mm F1.8 Ce fut l'objectif qui m'a convaincu de la pertinence du format de capteur numérique Micro Four Third (µ43) avec sa définition exemplaire, un bon contraste et un beau rendu des couleurs. Petit, discret, compétent mais non stabilisé comme son cousin le Panasonic Lumix G 42.5mm F1.7 OIS qui, avouons-le, est du même niveau. C'est plus qu'une optique portraitiste mais surtout un semi-téléobjectif avec un pouvoir discriminant accru par rapport à un objectif standard. OM System fait bien de le maintenir dans son catalogue et devrait le tropicaliser au plus tôt.

Olympus M.Zuiko ED 12-40mm F2.8 Pro / M.Zuiko ED 40-150mm F2.8 Pro Si on devait dater le début véritable de la vocation professionnelle du format µ43, on pourrait citer sans arrière pensée leur introduction en septembre 2013 bien que les Panasonic Lumix G Vario 12-35mm et 35-100mm F2.8 OIS les ont précédé d'un an. Dans les deux cas, ces optiques Pro d'Olympus ont fait école chez plusieurs photographes bien appuyés par des versions aussi Pro des modèles d'appareils de la série OM-D E-M1. Pour ma part je les ai particulièrement apprécié en combinaison du OM-D E-M5 Mark II. Ce n'est que plus tard que je me suis questionné sur leur résistance à plus long terme avec deux exemplaires fautifs mécaniquement parlant.


Olympus M.Zuiko ED 14-150mm F4-5.6
II Non ce n'est pas une optique Pro tant s'en faut! Et pourtant je ne sais vraiment pourquoi, elle a incité ma créativité maintes et maintes fois. Sa longueur focale en position grand angulaire est limitée et je soupçonne toujours une baisse définition dans sa plus longue focale de 150mm. Malgré tout il remplit son mandat de plus grande versatilité avec une dimension compacte, un poids léger et une certaine discrétion. Serait-ce l'optique à tout faire ou encore celui à choisir s'il y en a qu'un seul? Bien malin qui pourrait me le dire.

Panasonic Lumix G 20mm F1.7 J'ai découvert ce petit joyau (un peu fragile cependant, il me semble) avec l'acquisition d'un boitier Lumix GX7. Équivalent à l'ancien mais très aimé 40mm en format 135 (35mm), ce 20mm est une perle qui mériterait cent fois une mise à jour de Panasonic mais n'attendez pas en vain! Sa construction, malgré tout, reste suspecte et l'expose trop aux aléas de la vie plus mouvementé et son mécanisme de mise au point automatique est, avouons-le, une horreur qui se laisse bien entendre. Mais que voulez-vous, l'amour est aveugle...

Panasonic Lumix G Vario 12-60mm F3.5-5.6 Power OIS / G Vario 45-200mm f4-5.6 II P OIS Ce duo Lumix G Vario "amateur" m'a toujours étonné par sa compétence et une certaine versatilité. C'est un ensemble tropicalisé qui se prête bien à la photographie baladeuse, urbaine ou rurale, en banlieue ou en voyage dans des lieux plus exotiques. Comme optique urbaine, le Lumix G Vario 12-60mm a beaucoup à offrir et plus particulièrement en rendu monochrome noir et blanc. Quant au G Vario 45-200mm, sa performance pour des sujets rapprochés (close focusing) est étonnante et remarquable tout comme d'ailleurs sa bonne versatilité en téléobjectif. 


Fujifilm Fujinon XF27mm F2.8
Aussi terrible que le Panasonic Lumix G 20mm F1.7 plus haut mentionné, ce Fujinon 27mm n'a certainement pas contribué à la réputation de solidité de construction des optiques fabriquées par et pour Fujifilm. Sa dimension minimaliste (Pancake) lui confère une grande discrétion surtout quand il est couplé avec un boitier Fujifilm X-Mount des séries X-E et X-M. Discret en dimension, ce semi grand-angle standard a de très bonne performances optiques ce qui le rend attrayant en photographie spontanée et de proximité. La nouvelle version WR est cependant assez onéreuse.

Fujifilm Fujinon XF50mm F2 WR Avec un rapprochement d'environ 1,5X par rapport au standard APS-C de 35mm et aidé de sa plus grande ouverture maximale de F2, ce petit téléobjectif donne juste assez de pouvoir séparateur pour isoler adéquatement un sujet rapproché. Sa finesse dans les détails et son rendu chromatique typique de Fujifilm en ont fait un des préférés des photographes exigeants au budget plus restreint. Il se distingue aussi comme optique performante en illustration de produit notamment. Bien sûr je salue aussi son coté compact toujours bienvenu.

Fujifilm Fujinon XF18-55mm F2.8-4 R LM OIS / XF55-200mm F3.5-4.8 R LM OIS Il aurait impossible de ne pas mentionner ces deux optiques Fujinon X-Mount qui ont été le pain et le beurre à maintes reprises dans mes incursions APS-C de boitiers Fujifilm. Je n'ai jamais été déçu de leur performance respective tout à fait comparable à des objectifs Pro. Bien que la plage des longueurs focales du XF18-55mm était plutôt limitée, son utilité comme objectif zoom trans-standard de voyage fut indéniable. Quand au XF55-200mm il m'apparait comme le secret bien gardé d'une optique télé tout bonnement exceptionnelle. Bref ne manquait qu'une tropicalisation qui les aurait rendu encore plus justice.

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Est-ce que ce sont les seules optiques impressionnantes que j'ai côtoyées? Bien sûr que non! En faisant cet exercice discriminatoire, j'en ai omis certainement qui méritait d'être mise en vedette (Je pense, entre autres, au délicieux Micro Nikkor 55mm F2.8 Ai-s, au bijou et étrange Canon FD 35-70mm F4 ou encore au compagnon fidèle Nikon AF-S DX 18-70mm F3.5-4.5). Ce qui m'amène souvent à permuter d'un modèle de boitier à un autre mais sans changer ma combinaison d'objectifs peut-être parce que je fus de l'école de pensée où le choix d'une optique importe plus que celui de la caméra!

Photos Daniel M

07 mars 2026

Amèrica *


 * America - London Grammar

*Amère América tel que Luc De Larochellière compositeur-interprète québécois l'entonnait il y a presque quarante ans déjà comme le rêve perdue d'un eldorado comme un nouveau début sans limite ("the sky is the limit")... Aujourd'hui l'Amérique vit dans une confusion des genres, des personnes, des idéologies et des intérêts communs et individuels. 

Tout nord-américain que nous sommes, canadiens, états-uniens ou même mexicains, la boussole du raisonné a complètement perdu son nord rassurant et inclusif pour une tornade où seuls les ultra-privilégiés semblent à l'abri de l'hallali final. Et on nous demande, nous fiers canadiens de l'empathie et de la tolérance de se dresser contre le monstre insensible du totalitarisme spéculatif économique. Le feriez-vous devant un voisin impulsif si désaxé que pourtant une armée de fidèles aveuglent supportent sans condition et sans lucidité il va s'en dire.

Amérique, méfies toi de ton déni actuel d'effort et rappelles-toi des sacrifices de tes ancêtres pour subjuguer la menace de l'autoritarisme, du racisme, de l'intolérance et de l'intransigeance car tôt ou tard toi ou tes enfants auront à subir ce fardeau de la libération de ces chaines modernes d'asservissement. Quand les témoins même de cette vicieuse extravagance se font taire dans leurs paroles, dans leurs écrits, dans leur évocations visuelles, le danger n'est plus potentiel mais concret et inévitable.

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Il faut bien que la moquerie se poursuive mais elle ne doit nous distraire de notre devoir d'humain de rejeter toute tentative de divination abaissante de l'intelligence humaine. Amérique, ne devient pas la succursale de la vision autoritaire du pouvoir usurpé de quelques sous-humains vaniteux et éphémères car nos burins feront sauter ces stèles prétentieuses.

Photo Daniel M

01 mars 2026

Essayiste dans l'âme

 Il y a toujours des moments dans la vie où l'on se dit qu'il serait intéressant de tracer un bilan de nos actions passés et de peut-être en déduire une ou plusieurs ligne(s) directrice(s) qui les ont orientées. Je ne sais pas pour vous mais pour ma part je fus un butineur assez compulsif dans l'essai successif et l'utilisation de plusieurs modèles d'appareils photos. Voici en quelque sorte un court témoignage d'un passionné non seulement du médium en soi, la photographie, mais aussi des outils qui permettent sa pratique. 


Période argentique

À une époque où l'ère du numérique n'était que science fiction ou expérimentations crues de laboratoire, la photographie argentique régnait en maitre absolu et inévitable. Sa pratique était d'autant plus périlleuse car elle entrainait une démarche à l'aveugle du résultat final qui comprenait deux grandes étapes: la prise de vue et le développement de la pellicule et tirage du papier sensible. De plus la consommation de films et son traitement entrainait des coûts de production non négligeables pour l'amateur de photographie et en dictait souvent un usage beaucoup plus parcimonieux.

Mes premières armes (photographiques) furent rudimentaires avec des appareils de type instamatic en format 126 comme cet Argus Cosina Instant Load qui me fut offert en cadeau par mes parents ou encore ce Kodak Brownie Hawkeye de format 620 (rouleau) offert par une tante. Plus tard j'eue la chance d'utiliser un temps un Minolta Autopack 600-X chargé avec de pellicule dite "positive" (diapositive).  

Ensuite un cours de base en photo au secondaire (équivalent québécois du lycée) m'a permis de m'initier au format 135 (35mm) avec un Asahi Pentax Spotmatic II et au format 120/220 avec un Yashica Mat 124G. Je me suis finalement lancé en me procurant un Argus Cosina STL1000 avec lequel j'ai entamé le début d'une véritable période productive en photo et aussi le commencement d'une saga d'acquisitions et de reventes de modèles d'appareils. Ont suivi un Argus Cosina EC 2000, un Asahi Pentax KX, un Canon AE-1 et A-1 avec lesquels j'ai débuté mes périples photo à travers le continent nord-américain (CDN-USA), un Nikkormat FT-3 (tout simplement splendide en livrée noire!) et un Nikon FM, et encore des Pentax LX et MX, et enfin des Leica Ig, M4P et R4. Tout cela a meublé ma période de photographie amateure et de pigiste débutant.

À la fin des années 1980, il a bien fallu m'équiper en fonction des impératifs professionnels des photographes de métier de l'époque car j'entamais une carrière de photographe corporatif et de reporter au stade olympique de Montréal pour les fédérations sportives québécoises. Ce fut ma grande période intensive Nikon avec les F2A, mais surtout les F3 HP et F4S et brièvement F5 toujours en format 135. En moyen format (120/220), notre studio utilisait un boitier Mamiya RZ67, une machine extraordinaire en qualité et... en poids et encombrement! Bien sûr j'avais toujours mon Leica M6 pour mon usage personnel. Toute cette pléthore d'équipement s'est éventuellement vaporisé quand notre département fut aboli par un gouvernement plutôt radin en besoins audiovisuels. De nouveau pigiste, il a fallu rationaliser avec des Nikon FM 2, FE 2, FA et F90X pour un temps.

Mais déjà se pointait la grande révolution numérique que j'ai bien tenté de retarder le plus longtemps possible même si le basculement était inévitable.


Période numérique

J'ai d'abord abordé la photo numérique en dilatante plus ou moins sérieusement la reléguant au niveau des curiosités technologiques du moment avec des modèles d'appareils comme les Olympus Camedia, différents Canon Powershot (Londres / Égypte)* (qui se sont tout de même avéré de bons compagnons de voyage), et avec le Panasonic Lumix LX5 (Barcelone / Bruxelles). Puis ce fut un premier saut vers les DSLR avec les Nikon D50, D70S (Yucatan, Mexique), D90, D700 (un monstre) et D7000. Il y a eu aussi une brève période Canon avec les X-Si et 50D. 

Puis la frénésie du compact à tout prix s'est emparé de moi avec les Nikon V1 et V2,  les Olympus Pen EP-3 et Pen-F (Montréal, pandémie), OM-D E-M5 I (Cuba), II (Cuba-bis) et III, les OM-D E-M10 III (Guadeloupe) et IV, E-M1 I, II et III, les Lumix GM 5 (Athènes), GX 7, GX 8, GX 85 (Guadeloupe) et GX 9, et aussi les G85, G95(Martinique), G9, GH5 II et maintenant G97. Ensuite se déroula la grande expérimentation Fujifilm pour les fervents, fanatiques et convertis avec d'abord les X10 et X30, puis les plus sérieux X-E2 et X-E2S, X-E3 (Lisbonne) (mon préféré haut la main) et X-E4, les X-T10, X-T20 (Lisbonne / Sintra), X-T30 I et II (Guadeloupe), les X-S10 et X-S20, le X-Pro2 (Cuba) et surtout le X-H1 (un autre monstre aux vertus exceptionnelles cependant). Dernièrement l'OM-5 (Paris) de OM System fut un autre compagnon de voyage très apprécié. Aujourd'hui (2026) et pour le moment (!), je me contente d'un Lumix G97 et de quelques optiques.

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Plusieurs pourraient se demander si je possède une collection imposante issue de tous ces modèles ci-dessus mentionnés. Eh bien à la vérité je n'en conserve aucun sinon dans ma mémoire pour des fins de rappels nostalgiques occasionnels. Je n'ai ni le budget, ni la force morale de savoir que ces appareils photo dorment dans un placard ou sont exposés à la poussière sur une étagère. D'autres que moi les ont adopté avec plaisir, je n'en doute pas. 

Il se peut aussi qu'involontairement j'ai fait quelques omissions à mettre en compte de cet exercice de mémoire parfois périlleux. Il m'est arrivé également de "tester" brièvement d'autres modèles pour diverses raisons mais ceux-là ne m'ayant jamais appartenu en main propre ne font pas parti de cette collection virtuelle.

Que conclure sinon que j'aime à aimer presque tous les appareils photo! Quelqu'un m'avait dit un jour: "Daniel, quel modèle d'appareil (photo) nous allons regarder aujourd'hui pour l'apprendre et l'apprécier à sa valeur?" Car il faut bien l'avouer, tous ces boitiers ont chacun leur charme particulier qui nous intrigue et qui tente de nous convaincre de les essayer! 😉📸

* Certaines destinations et certains séjours sont associés aux modèles mentionnés.

Photos Daniel M

21 février 2026

La vacuité du témoignage pictural sans auditoire


 Pourquoi prenons-nous des photos sinon avoir au moins le désir de transmettre une vision pérenne d'un moment présent mais fugace. On a souvent prétendu comme nous sommes dans l'aire de l'image au sens de sa représentation tout azimut mais aujourd'hui on a plutôt l'impression qu'il s'agit de l'émergence d'une époque centrée sur l'imaginaire sans motivation réelle sinon le divertissement gratuit.

Évidemment nous "consommons" quotidiennement une quantité formidable (comme dans terrifiante) d'images sous toutes sortes de formulations réelles ou, de plus en plus, virtuelles. Il nous en reste souvent que des souvenirs vagues et fragmentaires, comme des impressions instantanées mais somme toute vite oubliées dans le maelstrom d'une vie frénétique sans but véritable sinon l'action pour l'action.


Pour moi, chaque déclenchement de l'appareil photo doit être un acte réfléchi, un choix délibéré de sujet, de contexte et de moment. J'ai peine à accepter le principe de la rafale photographique car elle dénie souvent le rôle décisif de son auteur de choisir son instant critique, et laisse plutôt le hasard mécanique ou électronique sélectionner l'image déterminante pour lui. Comme je suis d'abord un photographe d'anticipation, je prône plutôt l'étude du sujet et de son contexte et l'expérimentation lente et sélective du moment de prise de vue car de cet apprentissage nait une plus juste compréhension des choses et de leur environnement. 

Il ya aussi l'analyse de nos résultats photographiques qui révèle souvent des enseignements sur notre propre aptitude à "rendre" l'expression et l'émotion de notre sujet. Ce narratif visuel et personnel mérite d'être étudié plus en profondeur et pourra nous guider vers de meilleures façons de faire en prise de vues. Un sujet quel qu'il soit n'est jamais vraiment épuisé car ses angles d'attaque sont presqu'infinis. Observation, curiosité, audace et autres, autant de facteurs à considérer quand on aborde le traitement d'un sujet. Et la technique ne se limite pas à l'aspect matériel d'une démarche documentaire ou purement artistique.

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S'il y a un risque aujourd'hui, c'est bien d'oublier à quel point la photographie participe au narratif historique de nos vies tant individuelles que collectives. Bien sûr, sans auditoire, tout témoignage visuel devient vain car son impact dépend assurément de ceux et celles qui "regardent" celui-ci et y réagissent intimement. Et c'est bien la nature fondamentale de tout art d'expression.

Photos Daniel M


14 février 2026

À la recherche d'incertitudes...


 En folâtrant à travers l'espace Internet, on se rend compte comment la recherche de certitudes est devenue une obsession universelle et dont la présence a occulté bien d'autres préoccupations toutes aussi sinon plus impératives dans notre quotidien. Bien sûr nous parlons ici essentiellement de certitudes matérielles avant tout. Et bien que parfois contestables, elles ont sans contredit leur place face aux défis incessants de tous les jours.

En photographie, là aussi, on recherche le graal magique qui répond à toutes nos fantaisies théoriques de prises de vue ce qui contribue également à une certaine standardisation algorithmique des résultats picturaux obtenus même avec le meilleur effort des intelligences artificielles à notre service. Cette recherche de certitudes voient surtout son fondement dans notre insécurité séculaire depuis la nuit des temps et l'apparition de la bête humaine. Nous vivons moins d'espoirs et de découvertes, souvent plus déstabilisantes que rassurantes pour plusieurs, et préférons plutôt de banales et répétitives certitudes. 

Bref l'interrogation et l'expérimentation ne sont plus vraiment à l'ordre du jour. Nous ne sommes plus des artistes mais bien des "pros" de la photo qui remplissent leur mandat réel ou virtuel en fonction de commandes toutes aussi prévisibles. L'inattendu et l'imprévisible sont jetés avec l'eau du bain de l'incertitude malheureuse et délaissée. Peux-t-on parler vraiment d'une civilisation d'explorateurs alors que nous vivons dans un environnement d'intense prévisibilité? 

Il y aussi ce désir de plaire qui est au fond la recherche d'être aimé de tous et chacun, une utopie bien humaine et exacerbée par notre contexte ultra-médiatisé. C'est là que le courage d'être différent, de surprendre et de choquer parfois, d'être l'électron-libre de la tribu humaine nous manque foncièrement et, hélas, presque définitivement. Nous ne vivons plus dans la nuance, dans le sens critique mais bien dans l'amour ou la haine inconditionnelle, c'est selon.

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J'aurais conclure sur une note plus joyeuse en me disant qu'il reste des étoiles filantes au firmament de l'impromptu et de l'impact mais il faut bien se le dire qu'il va falloir s'y mettre tôt ou tard et soutenir la différence au détriment de la bêtise du troupeau. 😉

Photo Daniel M

07 février 2026

Le Panasonic Lumix G97: la continuité efficace en format µ43.



Est-ce que le temps des grandes révolutions dans le système µ43 (Micro Four Third) est devenue chose d'un passé irrémédiable? Plusieurs se le demandent avec raison puisque les deux grands manufacturiers de ce format numérique soit OM System et Panasonic proposent plutôt une série d'évolutions ou de mises à jour subtiles de leur gamme respective de modèles offerte en ce moment. C'est souvent ce que l'on observe d'un marché dont la technologie a atteint une maturité dans les attentes, les besoins de sa clientèle-cible et dans la technologie associée aux produits. Malgré cela il y a eu des progrès indéniables quand on analyse plus finement les récentes introductions des OM-1 (Mark I & II) d'OM System et du GH7 de Panasonic issus dernièrement.

À coté de ces modèles haut-de-gamme, il y a aussi d'autres incontournables comme les OM-5 Mark I & II d'OM System (et anciennement l'Olympus OM-D E-M5 Mark III) ou encore comme le Lumix G97 de Panasonic qui est une mise à jour légère des anciens Lumix G90-91-95-95D-99. Leur architecture physique est demeurée presqu'intacte et leur interface logicielle est à peine retouchée. Donc rien de véritablement nouveau sous le soleil de la photographie numérique µ43. Sans vraiment vouloir prédire l'avenir en ces temps pour le moins incertains, il est tout de même remarquable de saluer leur longévité malgré ces quelques retouches cosmétiques souvent mineures ça et là. 


Le Panasonic Lumix G97 fait parti de cette série G de modèles dont les ainés les plus récents sont le Lumix G85 et surtout les G90/95 par exemple. Et malgré toutes les interprétations et hypothèses d'abandon qu'on prête à Panasonic au sujet du format µ43, le manufacturier maintient son implication et sa gamme Lumix Micro Four Third. Ce Lumix G97 est d'abord et avant tout un appareil hybride combinant des vocations à la fois photographique et de vidéographie, une spécialité propre à Panasonic depuis maintenant plusieurs années. L'ergonomie du boitier G97 est bien connue avec une bonne prise en main et avec une caractéristique de résistance aux intempéries (splash proof) qui est de plus en plus recherchée par les photographes baladeurs de cette planète. 

L'interface du Lumix G97 est plutôt simple à appréhender et à configurer. De plus le boitier du G97 est truffé de boutons et de trois rondelles (oui trois!) de commande des fonctions de l'appareil et cela sans compter son écran arrière tactile si vous le souhaitez. L'utilisation du G97 s'échelonne de la plus grande simplicité en étant pleinement automatisé jusqu'au contrôle total de tous ses paramètres de prise de vue. D'ailleurs le menu de l'interface logiciel est très convivial et en français convenable! La visée électronique OLED de 2.36K est propre et confortable et l'écran arrière de 1.840K est encore plus défini que les versions antérieures. Bref c'est presqu'un sans faute si on accepte ses dimensions physiques plus élevé du boitier en comparaison d'un OM-5 par exemple (mais sans sa poignée optionnel ECG-5!) mais qui reste tout de même l'équivalent d'un OM-1.


La définition d'image du capteur numérique de 20,3 mégapixels est excellente avec une bonne neutralité colorimétrique. Plusieurs palettes de couleur (en modes photo, simulations ou effets spéciaux) sont accessibles et peuvent être configurées à souhait. L'option de travailler en RAW pour un contrôle post-éditorial encore plus prononcé est également bien présente. Les rendus monochromes du Lumix G97 sont vraisemblablement inspirés de recettes concoctées par leur partenaire teutonique Leica. 

Le contrôle automatique des paramètres d'exposition du Lumix G97 est suffisamment efficace pour s'en appuyer dans la plupart des situations de prise de vue mais sans empêcher le ou la photographe d'y introduire des biais systématiques en sélectionnant différentes options d'analyses de l'exposition (matriciel, centrale et spot) ou encore par l'utilisation des coefficients de correction d'exposition (général ou fractionné entre hautes et basses lumières), et dont l'appréciation peut se faire directement via la visée de prise de vue (EVF ou LVF) et cela avant le déclenchement final, très doux d'ailleurs, de l'appareil. 

Le Lumix G97 est alimenté à l'aide d'une pile accu dédié BLC-12 dont l'autonomie est plutôt moyenne et qui engendre une certaine chaleur à l'usage. C'est pourquoi l'acquisition d'une pile accu supplémentaire est toujours recommandable. Il est bon de souligner que le Lumix G97 peut recevoir un bloc d'alimentation supplémentaire BGG-1 qui double son autonomie et permet un déclenchement plus confortable en cadrage vertical (portrait). Cet ajout plutôt onéreux à prime abord en vaut la chandelle si vous êtes un ou une photographe d'action, portraitiste ou animalier. Il permet la rotation de la pile accu du bloc BGG-1 sans le désolidariser du Lumix G97, un avantage indéniable pour le/la photo-reporter.

Compte des similitudes incontestables du Lumix G97 avec les versions G95 et G95D, on peut aisément se référer aux essais respectifs de ces modèles pour le détail de son fonctionnement. Voici en images comment repérer les changements extérieurs subtils introduits pour le Lumix G97: 



Bouton d'activation directe du mode vidéo complètement rouge 






Connexion USB-C (Type C) 




Écran arrière mieux défini d'une résolution de 1,84 million de points (1840K)




Depuis l'introduction du Panasonic Lumix G85 en 2016 qui a connu un succès à la fois critique et commercial appréciable, cette série G s'est renouvelée à un rythme soutenu d'abord par un changement significatif de capteur numérique passant de 16MP à 20MP puis aussi par une reconfiguration sensible du boitier et de son interface. Malgré tout, la gamme d'accessoires (pile-accu BLC12, bloc d'alimentation BGG1, flashes externes série FL, télécommande RS2 et microphones externes MS2 & VMS10) associée aux différentes versions est demeurée la même, assurant ainsi une continuité tout à fait bienvenue dans ce monde de mises au rebut souvent trop hâtives.

Les qualités intrinsèques du Lumix G97 assurent non seulement son bon fonctionnement mais aussi une bonne versatilité d'utilisation qui encourage l'expérimentation créative. Son esthétique austère lui confère une certaine discrétion malgré ses dimensions excédant les normes introduites originalement pour un appareil compact du système µ43 (Micro Four Third). Si vous ajoutez à cela les avantages d’une stabilisation interne du boîtier,  vous permettez le couplage d’une multitude d’optiques adaptées à la monture MFT. La double stabilisation (Dual I.S.2) quand elle est disponible et appliquée, peut constituer un facteur déterminant pour une meilleure définition de l'image enregistrée et pour un confort accru dans le visionnement EVF et LVF du sujet lors de la prise de vue à main levée.

Le coté tout-terrain du Lumix G97 ajoute un aspect plus sécurisant au photographe qui utilise l'appareil dans un environnement plus extrême. Bien sûr il faut tout de même coupler le boitier avec une optique ayant les mêmes vertus. La bonne préhension du Lumix G97 autorise son emploi avec des gants protecteurs, une caractéristique également appréciée en plusieurs circonstances.

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Pour terminer ce survol sur une note plus personnelle, je considère toute cette série Lumix G85, G95, G95D et maintenant G97 comme des appareils photo numériques à objectifs interchangeables de niveau quasi professionnel sinon carrément exploitable comme tel et sans arrière-pensée. Au gré de mes modestes pérégrinations sub-planétaires, tous ces différents modèles m'ont prouvé leur fiabilité et leur compétence dans plusieurs situations même les plus critiques (pluie, froid, neige, etc.). Leur versatilité est sans équivoque. Bien sûr ce ne sont pas les plus compacts ou les moins lourds, loin de là, mais leur discrétion de déclenchement reste remarquable. Ces qualités pour un ou une photographe en assignation de reportage ou dans le cadre d'un projet photo sont souvent essentielles. Je n'ai donc aucune réserve quant à recommander le Panasonic Lumix G97, un appareil photo numérique qui représente bien une continuité efficace pour le système µ43.

Illustrations Panasonic / Photos Daniel M

01 février 2026

Pérennité photographique à l'ère du numérique


 Tous reconnaissent l'extraordinaire grande capacité d'archivage des supports numériques et plus particulièrement en photographie. Et tous s'accordent de cette caractéristique se double d'un potentiel documentaire indéniable. Mais il y a aussi cet envers contradictoire à ce nouveau contexte, i.e. à la fois l'imprévisibilité que ces supports restent accessibles à très long terme et qu'il y est un auditoire intéressé à les consulter ne fut-ce que des intérêts historiques. Et c'est là où le bât blesse plus particulièrement pour un médium ou un art dit d'expression avant tout.


Comment tout petit photographe que nous sommes aujourd'hui, comment pouvons-nous au moins s'assurer que nos efforts ne soient pas totalement vains dans cette sphère de l'indifférence et de l'éphémère proposé par l'internet et la communication instantanée? Si certains se tournent vers un passé photographique représenté par l'époque argentique, si d'autres créent des sauvegardes s'adressant à des publics pour le moins incertains sinon inexistants et qu'enfin, si plusieurs tentent de faire rayonner leur expression iconique à travers le Web, comme pour ce blog d'ailleurs, l'impression au propre comme au figuré du moment décisif est pour le moins en danger de disparition complète.

Il n'y a pas de formule magique à ce dilemme qui est plutôt relié intimement à notre propre désir en société de préserver les témoignages du passé souvent et malheureusement perçu comme encombrants pour notre conscience réduite à l'équation du présent exclusif. Et c'est toute l'écologie de l'histoire documentaire de l'humanité qui semble vouloir passer à la trappe sauf pour quelques éléments décoratifs (fashion) souvent remodelé suivant la saveur du moment.

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Il nous reste peut-être une autre forme d'impression moins palpable et plus durable, c'est celle qu'engendre l'exposition à nos images les plus marquantes, celles dont l'impact s'inscrit dans nos mémoires biologiques et dont l'effet peut se transmettre entre nous, entre générations. Du tangible on provoque l'intangible. Et le pourquoi du photographe s'en trouve justifié par sa pratique, par son partage et par sa persistance. Influer sur une personne peut être plus productif que s'inscrire dans la masse de la conformité vite oubliée des pseudo-critiques de notre civilisation néo-médiatisée. Car le nombre de clics n'est rien à coté d'un seul vrai déclic!

Photos Daniel M

21 janvier 2026

Nos petits malheurs et nos grands ...


 On a tous nos petits malheurs qui souvent nous questionnent sur nos grandes ambitions car le quotidien ne peut pas vraiment s'exclure de notre vie même si on la voudrait toujours projetée en cinérama ou même en imax. Il y a aussi les grands malheurs, c'est-à-dire la grande dramatique de tout ce qui nous entoure, de ce qui constitue notre univers, de ce qui fait le corpus cette vie et de celle de nos compatriotes humains et de tout notre entourage animal, végétal, minéral et sidéral qui compose le théâtre réel ou virtuel de nos sensations et de nos émotions.

Il y a nos petits malheurs physiques, psychologiques et même matériels qui deviennent des montagnes quasi-infranchissables et pour lesquels notre impuissance à les surmonter nous submerge parfois dans le vide dépressif mais qui, une fois franchis cependant, tombent dans l'oubli instantané d'une autre étape de la vie qui,elle, ne cesse d'exister. ll y a beaucoup à réfléchir et cela de tout temps sur le pourquoi des choses dont nous sommes nous-même partie prenante. Et il faut bien qu'un jour que cette fébrilité d'être s'apaise un peu ne serait-ce que pour s'y trouver un sens toujours aussi difficile à définir il est vrai.

Face au malheur, la spiritualité fait parfois office de baume pour notre conscient en perdition. Les mots, les images peuvent enfin s'harmoniser et nous délivrer momentanément de nos angoisses répétitives. Il y a bien une histoire en toute chose mais sans pour autant qu’elle nous gratifie obligatoirement d'une explication complète et définitive. Mais même les réponses deviennent secondaires devant l'état extatique de cet apaisement sans nécessaire justification. Et alors nos petits malheurs se transformeront en grandes plénitudes.

Photo Daniel M

14 janvier 2026

(Sculptural) Flesh for Fantasy * (No Models from ages under age!)


 La chair pour tous les voyeurs de toute époque, voilà bien le regard "culturel" de l'occident justifié par un intérêt purement historique il est vrai 😇! Érotisme artistique ou pornographie esthétique, tout est prétexte à la représentation épidermique du corps humain ... et principalement féminin quoique le courant pseudo-masculaniste n'est jamais très très loin même pour les hellènes de Sparte et d'Athènes. Mais oublions toute cette fausse pudeur typiquement nord-américaine qui nourrit toute une industrie et la moitié de la toile Internet, et ne gâchons notre plaisir visuel avec un sourire parfois ironique sur nous-même.