09 avril 2018

L'appareil photo numérique en mode d'apprentissage: le coté verso de la photo


Il y a un paradigme à désirer un appareil photo qui
 réussit à tout faire sans grande intervention de son
 utilisateur et un outil qu'il faut apprendre à maitriser
 pour en explorer les possibilités. Mode P ou mode M?
De nos jours la recherche de l'appareil photo numérique idéal tend à colorer fortement toute critique d'utilisateur(e) vis-à-vis tous les produits offerts par les différents fabricants d'équipement de prises de vues. Ergonomie, interface, réactivité, versatilité sont devenus avec d'autres les maitres mots de tous ceux qui peuplent notre blogosphère avec ses grandes vedettes jusqu'aux plus modestes tâcherons de l'analyse des produits.

De fait toute perspective-critique quelle qu'elle soit contient sa part de vraisemblance (vérité ou non). Un peu comme un Photo Advisor auquel il faut maintenant lire entre les lignes pour en extraire les éléments qui nous serons utiles dans la constitution de notre propre opinion. Alors je me suis posé la question de l'effort d'adaptation ou plutôt de l'absence de celui-ci que beaucoup de photographes ont tendance à négliger dans la connaissance et l'usage de leur équipement.

Dernièrement je consultais un compte rendu détaillé sur le modèle Panasonic Lumix G85 qui a suscité un questionnement de la part d'un de ses lecteurs et j'ai constaté l'incapacité de répondre de l'auteur qui avouait qu'il n'avait plus ce matériel à sa disposition. Bien sûr nous ne pouvons pas tout savoir mais comme j'avais ce modèle d'appareil en main j'ai pris la peine de l'explorer de nouveau pour trouver la façon de faire nécessaire pour adapter l'appareil au besoin spécifique de ce lecteur ... j'ai transmis ce petit savoir sur ce forum.

Tout ça pour dire comment les interfaces des appareils d'aujourd'hui sont complexes et prévoient de multi-usages adaptés à l'utilisateur. En contrepartie ce dernier(e) doit investir dans l'apprentissage de l'appareil pour approfondir ses connaissances théoriques et pratiques. Mais voilà nous en sommes rendu dans la civilisation du tout inclus avec un niveau d'effort intellectuel minimaliste. Il serait impensable de revoir les aspects fondamentaux d'outils de base comme un marteau, des ciseaux ou une scie, de même que pour le pinceau ou la spatule du peintre ou encore le clavier de l'écrivain. Nous admettons très bien la nécessité de son utilisateur(e) à expérimenter et à apprendre à en maitriser les subtilités techniques pour les adapter à nos besoins. Dans cette perspective l'appareil photo n'est pas différent de ces autres outils de création. Sa maîtrise technique passe aussi par l'apprentissage de son fonctionnement, de ses limites et de son adaptabilité.


Sujet, composition, instant choisi, autant de paramètres qui dépendent l'auteur plutôt que de son appareil

Certes il y a toujours lieu de raffiner et de rendre plus sophistiqué un outil quel qu'il soit. Nous sommes dans un monde de questionnement et d'évolution et notre curiosité génétiquement inscrite nous pousse constamment à cette démarche d'amélioration. Mais au départ il faut comprendre la base ou le raisonnement initial qui a amené l'invention  de cet outil. L'appareil photo a été inventé comme un capteur d'imagerie instantané (et plus tard animé). Les supports se sont raffinés au fil des générations d'appareils pour atteindre un degré de sophistication assez unique même si d'autres surprises nous attendent dans l'avenir. La notion de "voir", de choisir un moment et d'interpréter une image photographique sont tous des éléments créatifs qui sont d'abord l'apanage de notre propre vision et de notre raisonnement. Pour matérialiser le tout sur éventuellement un support plus permanent à partager, nous utilisons la technique photographique mais celle-ci ne peut en aucun cas se substituer à l'exercice physique et intellectuel d'origine du choix photographique.

Il ne faut pas oublier la finalité de l'oeuvre photographique: sa diffusion ...
 fut-elle personnelle, intime ou même publique!
Alors que faut-il en déduire en regard des outils photographiques actuels? Que leurs possibilités techniques sont telles aujourd'hui qu'il est rare qu'on puisse les exploiter à leurs limites. Et que même dans ce cas extrême il reste toujours l'option non négligeable de s'adapter à une situation et de proposer une variante créatrice. Par exemple pour la photographie d'un sujet en action on peut proposer la technique du filé (panning) ou du flou volontaire. C'était vrai au temps de l'argentique, c'est encore vrai en ces temps numériques! Car en création de toute chose il y a une part d'effort à investir. Il ne faut pas devenir des fonctionnaires du déclics et reproduire des schèmes stéréotypés qui n'on aucune pérennité.

Depuis les débuts du numérique et au fois franchi les affres de son enfance nécessaire, les appareils photo sont devenus de formidables outils d'expression dont on mesure encore mal toutes les possibilités tant les frontières techniques imposés par l'ancien support argentique ont littéralement explosé. Il faut prendre le temps d'explorer ces nouveaux outils et en extraire la puissance technique. Ils sont ingénieux, très versatiles mais aussi complexes et demandent de leur utilisateurs une étude plus approfondie que simplement une prise en main rapide et expédiée. Les maitriser c'est s'offrir le plaisir de créer une oeuvre photographique unique et personnelle.

29 mars 2018

Le monde de la photo d'aujourd'hui: une conversation visuelle virtuelle éphémère!

Sommes-nous à l'automne de la photo traditionnelle?


Depuis les débuts fort modestes de ce blog-photo, je me suis interrogé à maintes reprises sur la pertinence et l'impact de la photo en général dans notre e-société actuelle. Car au delà de la multitude d'instantanés très éphémères apparaissant puis disparaissant sur notre univers Web, que reste-t-il de l'expression visuelle et de  son message sous-jacent? Si on extrait toutes les représentations stéréotypées qui bombardent nos écrans, peu d'images d'impact traverse l'épreuve du temps et du rappel de la mémoire individuelle et collective.

Il y a sûrement une part de responsabilité de cette consommation sans lendemain de l'illustration qui provient des supports virtuels utilisés, les écrans pour ne pas les nommer, par la plupart des auteurs-spectateurs. En effet la disparition de supports photographiques imprimés, plus permanents à court et moyen terme, freine la conservation, la propagation et le partage entre nous du contenu visuel. En absence de toute pérennité de l'oeuvre, il ne reste peu ou pas d'oeuvres référentielles marquantes à transmettre aux générations futures. Car c'est vraiment l'imprimé qui exprime le mieux la finalité de l'image bi-dimensonnelle.



La photographie comme mode d'expression original reste pertinente
Mais il y a un certain espoir qui s'exprime par la tenue répétée mais souvent discrète d'expositions photographiques, par l'édition de recueils ou d'essais parfois et souvent à compte d'auteur et par la réapparition de publications un peu underground mais toujours à l'affut de la belle illustration. Par contre pour le citoyen ordinaire de ce monde la mise au rancart de support d'images comme l'album photo pourrait sonner le glas de l'historique familial ou individuel car les formes de mémorisation électronique actuelle sont pour le moins très éphémères et difficiles à consulter de façon aléatoire. Plusieurs nouvelles habitudes de consommation d'images au rythme accélérée ont contrevenu à tout effort véritablement sérieux de conservation de l'expression photographique.

Car il s'agit bien de consommation et non plus d'apprentissage ou de référence visuelle par l'observation photographique. Et l'acte de consommation se base essentiellement sur le désir de confrontation sécuritaire recherché par le.. consommateur. Et c'est là ou les images stéréotypées polluent littéralement notre univers visuel au détriment de la créativité, de l'expression divergente et de l'impact de l'oeuvre bi-dimensionnelle.

Alors que nous réserve l'avenir de la photographie coincé dans l'appétit insatiable de l'image de consommation et le désir de l'expression originale d'une oeuvre visuelle. Les outils pour la réalisation des deux tendances existent toujours tout comme les canaux de diffusion. En fait le choix est d'abord culturel et c'est notre société-civilation qui tranchera à la fin.

La photographie comme mémoire socio-culturelle

24 mars 2018

Le Panasonic Lumix G Vario 12-60mm F3.5-5.6 Power OIS: l'objectif des méga-stars!



Il fait souvent parti des grandes premières mais sans pour autant porter ombrage à la vedette du moment qu'il s'agisse du GX8, du G85 ou encore du tout dernier GX9. Ila tous les atouts du coéquipier modeste et travailleur, sans éclat mais suffisamment efficace et surtout versatile qui s'adapte aux circonstances. Cependant il ne saura jamais un grand champion et toute reconnaissance de sa contribution restera ingrate sinon indifférente.

Je parle évidemment du Panasonic Lumix G Vario 12-60mm F3.5-5.6 Power OIS. Mon premier contact avec cette optique date en effet de mon essai du modèle GX8. Aujourd'hui il a été maintes fois enfoui dans le terreau de l'oubli par l'éblouissant Leica DG Vario-Elmarit 12-60mm F2.8-4.0 Power OIS, une vrai merveille celui-là. Pourtant cet objectif G Vario 12-60mm F3.5-5.6 OIS constitue un excellent investissement pour votre parc optique surtout si vous profitez de son tarif d'aubaine inespéré lors de l'achat d'un G85 ou d'un GX9, c'en est même indécent!

La couverture de ce zoom trans-standard démarre par une position grand-angle de 12mm ayant un angle de champs de 84 degrés pour se terminer par limite téléphoto respectable de 60mm de 20 degrés. Il a donc toute la versatilité voulue pour répondre à plusieurs situations photographiques diversifiées comme la photo urbaine, l'architecture, la photo spontanée et même le portrait. En voyage c'est un outil sérieux pour celle ou celui qui privilégie la souplesse mais aussi la légèreté de son matériel de prises de vues. Parlant poids il dépasse à peine les 200 grammes (210g) et peut facilement s'harmoniser avec un boitier plus compact comme les GX85 et GX9. Fourni avec un pare-soleil en forme de pétales il s'accommode des filtres-accessoires de diamètre réduit de 58mm.

Bien entendu son principal handicap reste son ouverture maximale variable plutôt minimaliste de F3.5-5.6. Ce faisant le contrôle de la profondeur de champs demeure théorique sauf si la distance photographe-sujet est très courte et que la distance focale choisie se retrouve dans les les 50-60mm. Et donc le pouvoir séparateur de ce 12-60mm est faible du fait de sa zone de netteté assez étendue. Compte tenu de son poids il s'agit d'une construction en composite mais l'action des bagues de distances focales et de mise au point est malgré  tout fluide et positive.

La présence du stabilisateur optique du Lumix G Vario 12-60mm F3.5-5.6 Power OIS est déterminante pour une utilisation toute circonstance particulièrement quand la luminosité du sujet est faible. Combiné avec un système de stabilisation embarqué dans le boitier de l'appareil photo le ou la photographe bénéficie d'un outil optique répondant aux exigences les plus pointues.






Coté imagerie Lumix G Vario 12-60mm F3.5-5.6 Power OIS ne déçoit pas avec une bonne performance tant en résolution qu'en colorimétrie. Les résultats sont bien prévisibles et son grand champs visuel en position grand angulaire en fait un objectif contextuel de premier plan. En milieu urbain il a cette souplesse qui induit à une plus grande recherche de sujets et encourage une créativité plus poussée en composition. Bref une optique "canif suisse" pour tous les baladeurs-photo.








Le Panasonic Lumix G Vario 12-60mm F3.5-5.6 Power OIS qui est le choix du manufacturier pour mettre en vedette ses stars du moment comme le GX9 est aussi un excellent outil de travail pour s'initier et approfondir sa passion photographique.



23 mars 2018

Panasonic Lumix G85 / G80: la simplicité a meilleur goût!

Le Panasonic Lumix G85 / G80: un survol français

(English previous post on the Panasonic Lumix G85)

Panasonic m'étonnera toujours avec les cycles de présentation de ses différents modèles. À la suite d'une période de relative tranquillité voilà que les lancements de nouveaux produits se bousculent au portillon des entrepôts Internet, des tablettes des revendeurs et des sacs-accessoires des utilisateurs. G9, GX9, GH5s, etc envahissent notre univers des appareils numériques de format MFT ou M4/3 et relèguent bien des modèles "néo-anciens" très efficaces comme les G85, GH5, GX8 ou GX85. Et pourtant ces derniers ont encore tellement à offrir, il faut donc profiter des aubaines avant l'inexorable assèchement des inventaires!

Le Panasonic Lumix G85 / G80 constitue à mon sens l'un des appareils numériques avec un capteur MFT de 16 méga pixels les plus efficaces de cette génération. Il réunit plusieurs éléments gagnants dans un boitier de présentation plus modeste qui rappelle de précédents designs d'origine teutonne. Cependant dès sa prise en main on ressent un confort ergonomique indéniable qui incite à l'usage et son interface  matérielle et virtuelle (menu) est relativement aisé à assimiler. Ce n'est pas, il faut ajouter, un appareil photo à destination professionnelle, donc pour un usage hyper intensif et commercial, mais son boitier est conçu pour résister aux intempéries. Bref il passe partout, été comme hiver, au soleil ou dans l'averse. Bien sûr il convient de le combiner avec une optique d'accompagnement tout aussi à l'épreuve des conditions adverses.

Le Lumix G85 / G80 est suffisamment léger pour tenir en main de façon prolongée sans générer de fatigue corporelle gênante de l'utilisateur si on lui adjoint un objectif standard de dimensions et de poids acceptable. Dans le cas contraire l'adjonction de la poignée optionnelle DMW-BGG1 peut être d'un support certain en plus de multiplier par deux l'autonomie énergétique de l'appareil. À mon sens les qualités du capteur embarqué du Lumix G85 peuvent se comparer à tout autre résultat d'image de qualité supérieure et assurément surpasse toute exigence proposée par une diffusion sur écran électronique. Alors pas d'inquiétude de ce coté pour se servir pseudo-professionnellement du modèle. Il n'y a qu'à porter une attention particulière dans la protection tout-terrain du G85 et ne pas s'en servir comme marteau d'urgence par exemple...

Je ne vais pas passer en revue toutes les caractéristiques techniques du Lumix G85 / G80 car vous pouvez consulter aisément différentes pages Internet spécialisées en revue technique des appareils photo et plus encore vous pouvez télécharger facilement de la page support du site de panasonic.com son manuel d'utilisation sur votre tablette ou mobile. Je vais donc me concentrer sur les points que j'apprécie plus particulièrement du Lumix G85.

Commençons par son petit coté "carré" qui lui revêt un look SLR indiscutable peut-être à la manière de de certains Leica R d'une époque révolue de l'argentique à grande échelle. Les lignes du boitier sont très heureusement épurées, bravo pour avoir résister à l'appel de la fioriture de tout acabit. La tendance n'est ni nouvelle, ni unique en soi mais l'effort de créer un outil compétent mais modeste d'aspect mérite d'être souligné. Toute l'information essentielle des paramètres variables de l'appareils apparaitra soit dans le viseur électronique (EVF), soit sur l'écran arrière au choix de l'utilisateur. Il est inutile d'ajouter des écrans redondants sur le plateau supérieur d'un appareil numérique en voulant imiter les anciens SLR de l'ère argentique ou alors il faut privilégier des modèles appareils avec les commandes directes d'ouvertures du diaphragme, de temps de poses et de distances de mise au point.

Avec un viseur électronique l'utilisateur est toujours en mesure d'évaluer plus ou moins précisément le résultat final de l'image captée par l'appareil. Mais plus encore le photographe peut évaluer les effets des corrections de colorimétrie, d'exposition, de mise au point, de profondeur de champs ou de tout autre effet avant la prise de vue, un avantage indéniable sur tout autre viseur optique passéiste. Grâce cet avantage technique l'usager fonctionne presqu'à coup sûr sans l'ancienne incertitude de l'ère argentique. Bref l'expérience de prise de vues se réalise en temps réel et sur le terrain, merci monsieur numérique. Et j'allais dire aussi à l'économie mais le prix de la mémoire numérique étant ce qu'il est cet argument devient un peu caduque.

La poignée latérale intégrée au boitier est un grand avantage non seulement parce qu'elle assure une prise en main confortable et sécuritaire mais aussi parce que son intégration évite les dédoublements de commandes présents sur d'autres modèles d'appareils avec poignée optionnelle. Le bloc d'alimentation optionnel DMW-BGG1 situé au bas du Lumix G85 / G80 ajoute un support vertical très préhensile avec les commandes de prise de vues appropriées et double l'autonomie de l'appareil. Ce bloc permet une rotation avec trois blocs-accus qui évite de sortir celui situé dans le boitier qu'on peut conserver en cas d'urgence absolu. Rappelons l'autonomie proclamé du manufacturier de plus de 300 déclics par bloc-accu. L'accès latéral de la carte mémoire est très apprécié surtout si vous télécharger vos fichiers directement de la carte via le port intégré de votre portable.

L'écran tactile du Lumix G85 / G80 est un modèle du genre et permet à l'utilisateur d'avoir un accès direct et facile à toutes sortes de fonctionnalités de l'appareil. Son fonctionnement intuitif prévient l'usage répété du menu de l'appareil certes touffu mais aussi beaucoup moins attrayant. De même le menu rapide (Quick Menu) est une autre façon de faire les ajustements critiques pour les paramètres les plus courants du Lumix G85 / G80.

Parce que le Lumix G85 / G80 n'est pas vraiment un appareil des plus compacts surtout comparé aux autres modèles de style "rangefinder", ses commandes sont relativement bien dispersées sur la surface du boitier évitant ainsi beaucoup de touches accidentelles et malencontreuses. Certains leviers comme celui sélectionnant le type de mise au point sont des commodités vraiment appréciés des utilisateurs. Tous les modes d'exposition sont également aisément accessibles et deux de ceux-ci, C1 et C2, sont paramétrables de façon individuelle pour un usage exclusif à la volée. Plusieurs variations d'utilisation sont possibles pour les mêmes fonctionnalisés indiquant ainsi la grande souplesse d'opération du Lumix G85 / G80 pour ses propriétaires. Le déclenchement est doux et discret. L'interrupteur de tension est logiquement situé à droite du boitier mais peut être difficile d'accès. Les rondelles avant et arrière de réglages multi-assignations sont bien localisées quoique légèrement trop excentrées vers le coté droit ce qui rend la manipulation d'une seule main de l'appareil plus hasardeuse. La permutation viseur-écran est efficace et l'on peut se limiter à l'action du viseur en renversant l'écran vers le boitier ce qui le protègera et évitera ainsi son fonctionnement continu très énergivore (dans ce cas le viseur ne s'allumera que si vous l'utiliser). Le bouton test Fn4 de visualisation de profondeur de champs est situé à l'arrière ce qui est moins intuitif que sur le devant du boitier et il n'est pas signalé d'un symbole de reconnaissance  inscrit.

Le flash d'appoint incorporé du Lumix G85 /G80 est très utile pour déboucher les ombres à contre-jour pour peu que le ou les sujets sont situés à une distance raisonnable. L'ajout d'un flash externe comme le Panasonic FL360L est recommendable pour celles et ceux qui ont besoin fréquemment d'un éclairage d'appoint et veulent ainsi éviter de trop taxer l'autonomie du bloc-accu de l'appareil. Enfin le flash intégré du Lumix G85 peut servir de flash-source (Command flash) pour une installation comprenant un ou plusieurs flashes externes et indépendants. À noter que la fonction Fn1 permet de doser la puissance du flash intégré en relation avec l'exposition de la lumière ambiante.

La prise du trépied du boitier du Lumix G85 / G80 est située dans l'axe de l'objectif mais celle du bloc d'alimentation DMW-BGG1 ne l'est pas. La prise de télécommande filaire de déclenchement est située latéralement avec les autres prises de microphone externe, de liaison USB et (Mini)HDMI.

Prenez note que selon mon habitude je ne traiterai pas des fonctionnalités propres au mode vidéo du Lumix G85 / G80. Je laisse cette partie aux spécialistes du médium.

L'imagerie générée par le capteur numérique MFT de 16 méga-pixels du Lumix G85 / G80 reste à la hauteur des meilleurs appareils de sa catégorie. La colorimétrie et l'exposition du Lumix G85 sont très prévisibles avec un ajustement automatique des profils de température couleur assez performant en particulier lorsqu'il est en présence de sources d'éclairage mixtes. Le rendu monochrome (noir et blanc) disponible en deux rendus est exemplaire comme la plupart des modèles MFT de Panasonic. L'option monochrome est accessible via différentes fonctionnalités et peut être configurée en mode personnalisé C1 ou C2 le cas échéant. D'autre part plusieurs variantes de palettes couleur sont aussi présentes dans les menus de l'appareil. À cette étape d'utilisation du Lumix G85 / G80 votre interprétation de l'image peut s'affirmer sans grande contrainte.



Dans ce modeste survol, il me reste à souligner le plaisir créatif d'utiliser le Panasonic Lumix G85 /G80 et d'en apprécier la grande versatilité et sa discretion d'emploi. L'appareil est réactif et se prête bien à l'exercice de la photographie spontanée (on the spot!) mais aussi à celle de la prise de vues plus sophistiquée si vous le souhaitez. Bref un investissement minimum pour un maximum de plaisir avant-après photo.



P.s. Le Panasonic Lumix G85 / G80 est-il un appareil compact?

Tel est la question pour le ou la photographe au quotidien qui désire un appareil aux dimensions réduites, plus discret mais toujours compétent. La réponse est simple. Le Lumix G85 / G80 est véritablement un compact qu'on a plaisir à tenir "en main" de façon quasi permanente. En effet ses dimensions s'apparentent très bien à d'autres modèles à viseur décentré (rangefinder) comme le Lumix GX8 ou encore à viseur centré comme les Olympus OM-D E-M5/10 avec poignée latérale optionnelle. Ce qui rend unique le Lumix G85 / G80 est justement l'intégration d'une poignée latérale très confortable et sécuritaire pour l'utilisateur sérieux et évite ainsi le dédoublement intempestif des commandes sur une poignée optionnelle.



08 mars 2018

Pour moi, pour toi, pour elle ou lui: tes désirs sont ma ruine !



L'ambivalence d'une passion se traduisant par l'acquisition (onéreuse!)
des deux types d'appareil en visée indirecte et directe
C'est inévitable, on aime bien se procurer un nouvel appareil en propre comme au figuré! Que voulez-vous c'est inné dans notre volonté d'essayer, de posséder, d'afficher, etc. Depuis les pointes de flèches et les premiers casse-pipes de la dernière période glacière l'espèce humanoïde est attiré par le pouvoir réel ou appréhendé des objets de tout acabit. Et dans le domaine de la photographie c'est encore plus flagrant. Et maintenant que les appareils photos sont devenus aussi des objets d'art ou des bijoux luxueux cette tendance devient encore plus prononcée.

Il y a longtemps que je participe à cette vague de la recherche sans fin du bel outil-objet photographique. À la limite il me sont tous attirants mais certains prennent plus de temps à se faire aimer et j'avoue quelques mal-aimés notoires malgré toute ma bonne volonté. Il semble même que certains manufacturiers bienheureux sur leur vieille renommée, bonjour Canon et Nikon, ont abandonné toute nouvelle recherche d'esthétisme au profit du.. profit! Mais pour d'autres quelle imagination et quelles belles réalisations ont peuplé ces dernières années notre univers de photo-caméras-consommateurs. Merci Sony, Fujifilm, Panasonic, Olympus pour tous ces beaux efforts.




Comme beaucoup d'autres je suis partagé entre les ténors de la visée centrée autrefois défendue par les SLR, reflex mono-objectif, et les irréductibles de la visée décentrée anciennement représentée par les viseurs à télémètre couplé de l'épopée argentique.  J'ai donc opté pour les deux me ruinant ainsi à maintenir tant bien que mal mon budget photo à un niveau au seuil du déraisonnable. Et l'on comprend les quatre fabricants de l'heure, Sony, Fuji, Pana et Oly, d'offrir ces deux possibilités si adroitement.

Le même dilemme se pose pour le choix des optiques à pourvoir pour ces boitiers numériques modernes. Doit-on privilégier ces superbes et compactes focales fixes mignonnes comme tout ou choisir la versatilité des objectifs-zoom plus encombrant mais si souple d'emploi? Pour ma part j'ai résolu l'énigme en couplant les fixes avec les modèles à viseur décentré et les zooms avec les appareils à viseur centré. Par contre j'ai tendance à commettre de fréquentes digressions à cette règle en inversant les combinaisons, d'où l'importance de ne choisir qu'un seul système...

Autre sujet de controverse, balayons sous le tapis tous ces pseudo arguments du coté utilitaire de nos outils-objets car la plupart de ceux-ci sont désormais capables de produire de belles images, si vous le souhaitez bien entendu, car en vitrine ce n'est pas un absolu ceci étant dit pour tous ces Leica de collection. Cependant sur la "table à café"(Coffee table) il pourrait vous prendre l'envie irrépréhensible de faire une photo, qui sait? Heureusement il y a ces modes tout-auto très performant à votre disposition pour réaliser à la volée "la" photo du siècle, ne soyons pas modestes s'il-vous-plait.

Avec deux appareils je peux facilement auto-photographier mes beaux outils-objets pour les afficher sur mon blog par exemple! Ne vous demandez pourquoi les grands fabricants consacrent une fortune pour s'assurer de diffuser des illustrations impeccables de leurs produits et cela n'est certainement pas nouveau car Dieu sait comment j'ai pu rêver de ces beaux Nikon, Pentax, Minolta, Canon, Olympus et autres présentés dans de superbes dépliants, encarts et cahiers en couleur imprimés sur papier-carton glacé, il y a même un marché de revente de ces anciennes publications données gracieusement à l'époque!

Mais je m'égare et il y a bien des musées d'équipement photographique que j'aimerais m'égarer aussi à l'occasion si les frais de déplacement et de séjour ne seraient si élevés en Europe et en Asie. Entretemps il y a tous ces beaux sites Internet sur certaines collections d'appareils comme Leica, Nikon, Olympus et j'en passe. Et ces sites fort bien documentés pour la plupart ne peuvent qu'accroitre votre passion pour le bel outil-objet.

Comme toute passion "d'art" celle concernant l'équipement photographique peut être onéreuse et même très. Alors laissons le soin au "musées" corporatifs et aux mécènes spéculateurs de ce monde le soin de créer des collections originales et contentons-nous de la contemplation sélective et actualisée de quelques beaux spécimen de notre goût du moment (1).

(1) N'oubliez pas de conserver l'emballage d'origine pour la revente... !


Long gone but lovely cherished Leica I G w/optical viewfinder 



27 février 2018

L'Olympus M.Zuiko 12-40mm F2.8 Pro: le passe-partout du baladeur sérieux.

Dans nos rêves le plus fou on fantasme tous, ou la plupart d'entre nous, d'un objectif genre "canif suisse" qui saura répondre de toutes nos exigences photographiques, que ce soit qualité optique, construction à toute épreuve, souplesse d'utilisation, légèreté (mais pas trop), grande ouverture maximale, bonne réactivité, etc, etc. Bref c'est la grande utopie recherchée à un tarif très doux. Et comble de malheur surtout pour des raisons de contraintes techniques contradictoires, un tel phénomène reste l'apanage de la science fiction quoique on ne sait jamais ce que l'avenir nous réserve!

Pour le moment seul les compromis existent et sont accessibles. C'est le cas de l'objectif Olympus M.Zuiko 12-40mm F2.8 Pro qui répond à certains critères souvent mentionnés par les photographes. Son champs visuel particulièrement en position grand angulaire s'échelonne de 84 à  30 degrés ce qui le rend approprié à la photo de proximité du sujet tout en préservant l'aspect contextuel entourant celui-ci. Avec une construction tout-terrain ce modèle ne craint pas son usage dans des conditions adverses. Sa plus grande ouverture de F2.8 est constante sur toute la plage des distances focales disponibles. Sa bague d'ajustement du point focal (focus) permet de permuter directement de la mise au point automatique à sa position manuelle, une caractéristique exceptionnelle pour ce type d'objectif.

Selon certains blog-spécialistes nous touchons à la perfection de l'instrument optique mais dans les faits il s'agit d'un pas vers la bonne direction. Pour un utilisateur du format MFT ayant un appareil plutôt compact, ce 12-40mm F2.8 souffre un peu d'embonpoint qui peut par exemple donner à l'ensemble appareil-objectif un look "sonyesque" surtout quand il est combiné avec un modèle Olympus de la série Pen. D'autre part l'ouverture de F2.8 demeure dans la moyenne surtout si on la compare avec les grandes ouvertures maximales offertes par les optiques de focales fixes. Enfin, disons-le, la distance focale de 40mm, la plus longue de cet objectif-zoom Pro, laisse l'utilisateur un peu sur sa faim. Et bien que je salue l'effort d'Olympus d'inclure le pare-soleil dédié à l'achat du 12-40mm F2.8 et que celui-ci remplit adéquatement son mandat, cependant il est suggéré de le retirer complètement lors de l'utilisation du flash externe pour éviter son ombre projeté.




Il y a donc des compromis à choisir l'Olympus M.Zuiko 12-40mm F2.8 Pro mais c'est le lot de tous les modèles d'objectifs. De plus avec un objectif-zoom certaines contraintes de design, de construction et de ... tarif rendent impossibles de réunir en un seul contenant des exigences en ce moment irréalistes.

Ce que fait bien cet Olympus 12-40mm F2.8, il le fait particulièrement très bien. La qualité de l'image qu'il contribue à générer reste au dessus de la moyenne et cela même à sa plus courte distance focale de 12mm. L'option automatique/manuelle de mise au point "à la volée" est une bénédiction pour ceux et celles qui veulent un contrôle accru et rapide du point focal sur le terrain. Combiné avec un modèle de la série OM-D d'Olympus ou encore de la série G et GH de Panasonic l'Olympus 12-40mm F2.8 vous proposera un ensemble en dimensions et poids assez équilibré surtout si vous ajoutez la poignée d'alimentation optionnelle offerte pour ces modèles.

L'Olympus M.Zuiko 12-40mm F2.8 Pro est le cadreur urbain par excellence. Malgré sa dimension appréciable c'est un objectif polyvalent très bien adapté à la photo contextuelle en milieu urbain. En offrant une variance focale de 12 à 40mm qui n'est pas extrême cela reste une optique prévisible comparativement à l'Olympus 7-14mm par exemple qui est beaucoup plus difficile à appréhender sur le terrain et ayant un champs visuel atypique de celui comparable à la zone de netteté de l'oeil humain. Même avec 84 degrés les proportions du sujet sont encore assez représentatives de la vision humaine dans la mesure ou on prend soin de sa position de prise de vue et sa distance auteur-sujet. À 40mm l'objectif fait office de petite normale un peu discriminante entre le sujet principal et son environnement. Avec sa polyvalence l'objectif Olympus 12-40mm F2.8 peut-il se substituer au grand-agulaire Olympus M.Zuiko 12mm F2.0 Premium? Ce 12mm à focale fixe garde l'avantage de son faible encombrement et de sa plus grande ouverture maximale à F2.0 mais il n'est pas qualifié comme une optique résistante aux intempéries et son tarif reste élevé. Et vous retrouverez une qualité de reproduction de l'image finale qui se rapproche sinon égale celle observée par une focale fixe de la série Premium d'Olympus. Associé avec un capteur de 16MP ou de 20MP les résultats sont tous aussi intéressants.





Si vous cherchez une certaine polyvalence sans compromis excessif au niveau de la qualité des résultats, l'Olympus M.Zuiko 12-40mm F2.8 Pro est certainement l'option la plus souple offerte au baladeur photographe.







25 février 2018

Impact, Histoire, Audace ou ... l'antithèse du stéréotype de la photo léchée!

Un édito-philo-photo de Daniel M

Avertissement: Ce propos est une provocation, âmes sensibles s'abstenir !


Nous sommes bombardés quotidiennement d'images de toutes provenances et de toutes allures. Mais rien n'est plus ennuyant que de regarder les résultats des différents concours photographiques qu'ils soient dits amateurs ou professionnels. Un vrai ramassis d'éternels stéréotypes sanctionnés par des jury ou des directeurs artistiques enfermés dans leurs règles désuètes de la photo traditionnelle.  Je suis sévère non je suis outré par ce manque de courage, de générosité envers l'originalité, l'inattendu et le provocant. Car il s'agit bien de cela. Une photo qui a de l'impact, qui a quelque chose à raconter et qui s'imprime dans notre conscient-subsconcient est d'abord une image provocante à des lieux-lumières des schèmes idio-répétifs des dernières décennies.

Au diable l'aspect technique de l'image, le sujet ou l'objet de photo doit dominer l'oeuvre avant tout. Celle et celui qui provoque questionne notre façon de penser et nous propose des nouveaux horizons créatifs à explorer. Ces créateurs enrichissent notre patrimoine culturel et rejettent la vision réductrice des sclérosés de la vieille garde photographique. Y-a-il encore place pour un magazine photo à grande échelle pour proposer cette audace de l'esprit ? J'en doute fortement mais je salue ceux et celles qui me prouveront le contraire.

Décortiquons donc ces trois éléments révolutionnaires de la photographie évolutive. D'abord il faut l'impact i.e. le coup de poing visuel qui nous attire et nous soude à l'image. Sans impact il n'y a qu'une tranquille indifférence dont l'esprit s'empresse d'effacer les traces sans remords et sans saveur. Puis il y a cette histoire qu'on pressent dans le contexte de l'image i.e. la photo nous parle peu importe son niveau, elle a de la substance mais elle pourrait ne pas s'adresser à tous car l'attirance ou la séduction de l'image donnée n'est pas nécessairement et surtout pas universelle. Enfin et par dessus tout il y a l'audace i.e. la transgression essentielle de nos stéréotypes qui porte le discours de l'image plus loin encore dans notre imaginaire et nous oblige à s'interroger sur nous-même et notre univers.

Oui nous sommes dans un schéma plutôt déstabilisant et assez insécurisant. Mais la création est un exercice d'exploration ou l'inconnu fait parti du processus. L'avancement humain ne s'encombre pas d'attitudes timorées et réductrices mais vise plutôt à dépasser les frontières artificielles du dogmatisme conservateur.

Impact, histoire et audace voilà bien ou notre créativité visuelle doit se concentrer et se libérer des chaines des comportements acquis. Le malheur veut qu'en cette période de multi-communications le contenu est de plus en plus tributaire de la censure des grands ensembles médiatiques comme l'Internet et ses commettants. Nous assistons donc aux triomphes de la répétition, la messe de tous les marketeurs de cette planète. Les pseudo grands sites Web de la photo sont les McDonald de l'image avec leur recettes surannées. Voici donc quelques suggestions pour tous les révolutionnaires de l'image:

Créez votre propre imagerie, vos sujets, vos objets sans tenir compte de l'assentiment général;

Transgressez le plus possible les pseudo-règles (dogmes) techniques et malaxez la matière photonique comme l'exposition et la mise au point;

Soyez d'abord underground car c'est souvent dans ce milieu ou foisonne la nouvelle créativité et ou vous rencontrez un univers qui vous ressemble, qui vous accueille sans préjugé et qui partage votre amour de la différence;

Et surtout soyez persistent car c'est l'acharnement créatif que vous trouverez la véritable profondeur de votre oeuvre.

Bref soyez un artiste avec tous les risques que cela comporte mais aussi avec tout le génie que cela peut engendrer.

------------------------------------------------- 30 (Fin de la tirade) ------------------------------------------------------


Glasses-Over




10 février 2018

Les "gros" chez les "petits"compacts: une tendance à contrario.

Crise d'obésité chez les compacts sans miroir à objectifs interchangeables!

Avertissement amical: le monsieur n'est pas content...!

N'est-ce pas la contradiction ultime de construire de nouveaux modèles d'appareils photo numériques dans des formats réduits de capteurs comme l'APS-C et le MFT et de gonfler leurs dimensions et leurs poids à un point tel qu'ils tutoient les traditionnels DSLR de format 24 X 36mm (ancien 135)? La question se pose plus d'actualité que jamais avec l'apparition des nouveaux modèles Fujifilm X-H1 et Panasonic G9 de haut de gamme. En effet un des objectifs premiers en créant ces nouveaux formats était d'offrir des ensembles d'appareils-objectifs diminutifs des anciennes et largement répandues combinaisons d'appareils reflex optiques (1) et de leurs objectifs.

Panasonic Lumix GM5 et son zoom Pancake 12-32mm:
 l'essence même d'un format MFT compact.
 Évidemment et par définition ce blog-photo fait modestement l'apologie des appareils compacts. La tendance actuelle démontrée par les manufacturiers me déprime un peu beaucoup. Panasonic avec ses séries GM, GM1 & GM5, et GX du début, Fujifilm avec avec ses séries XA, XE et XM, et Olympus avec ses séries Pen et OM-D ont toujours proposés des modèles somme toute performants tout en respectant cet état d'esprit original des "sans-miroir" avec des solutions légères et aux dimensions réduites.

Je comprends l'argument de tenue en main voulant répondre de certaines exigences ergonomiques pour la sécurité d'usage et le confort de l'utilisateur. Cependant les expériences passées démontrent que passé un seuil assez limite quant au volume de l'appareil l'utilisateur a tendance à délaisser sa caméra à la maison pour n'emporter ce qu'il considère beaucoup moins contraignant et là on voit poindre tous ces nouveaux mobiles multifonctions si alléchants.

Plus vraiment un compact!: l'Olympus OM-D E-M5 Mark II 
combiné avec sa poignée externe et son bloc d'alimentation
D'ailleurs je m'interroge aussi de l'impact d'une telle contradiction entre les petits objectifs produits depuis les débuts de ces nouveaux formats APS-C et MFT et les nouvelles propositions des fabricants qui sont de plus en plus volumineuses. Cette coexistence deviendra difficile puisque sur le plan du confort de manipulation les boitiers compacts ne font pas bon ménage avec des optiques plus lourdes et plus grandes en créant des déséquilibres évidents.

Du point de vue strictement commercial je conçois que Fujifilm, Panasonic et Olympus se préparent frénétiquement aux offensives prévisibles et imminentes des majors Canon, déjà amorcé, et Nikon, ça presse dans leur cas qu'il le veuille ou non (!). Et il ne faut pas sous-estimer cette menace compte tenu du marché restreint de la photographie spécialisée. Par contre l'argument commercial dans ce cas pourrait avoir son envers en aliénant l'essence même qui permis l'essor de cette catégorie d'appareils photo numériques, les compacts.

Cette lutte entre les compacts et les caméras de plus grandes dimensions n'est pas nouvelle et les tensions entre les deux écoles vont certainement persister encore longtemps. Il faut juste souhaiter qu'elle n'affectera pas trop l'offre actuelle pour des appareils photo et des objectifs compacts de qualité supérieure.
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(1) Notez la nuance ici qu'un appareil reflex optique renvoie l'image dans le viseur via un jeu de miroir et de prisme tandis qu'un "mirrorless" le fait de façon virtuelle par liaison électronique. Dans les deux cas les contraintes techniques et la qualité des composantes de construction influent dans le rendu final de l'image ainsi visionnée par l'utilisateur.

07 février 2018

L'ode à l'objet... en photographie!




Bien sûr il faut être de son temps et donc de l'instantané-présent! Car nous vivons dans l'éphémère furtif ou la consommation matérielle effrénée et sans cesse renouvelée devient un acte de vie incontournable, une raison d'exister. En fait il ne s'agit plus de posséder ou encore d'être propriétaire mais plutôt de "passer GO" à toutes les modes, tendances, soubresauts d'une frénésie d'achats, de locations, de passades consommatrices. Et pour empirer le tout la désuétude des objets est maintenant programmée au quart de tour avant même que ce matériel devienne enfin familier dans notre petit univers humain.

Venant d'un consommateur invétérée de l'équipement photographique depuis, disons, quelques décennies, je parle en connaissance de cause. Et c'est bien là mon malheur... Mais il y a cette séduction irrésistible d'admirer un bel objet, de pouvoir le sentir dans ses mains, d'humer l'odeur de ses constituants, de saisir sa grandeur esthétique. Car ce n'est pas toutes les nouveautés (d'équipement photographique) qui ont accès à mon pinacle de l'objet d'Art, i.e. du nec le plus ultra en design et utilité conceptuelle. Par exemple de tous ces nouveaux DSLR je ne retiens aucune originalité d'accomplissement les uns pouvant s'inter-changer aux autres. Tout le contraire chez la gamme des appareils photo numériques dits "sans miroir" ou là la finesse, le clin d'oeil et la beauté pure se côtoient entre manufacturiers imaginatifs. Conclusion je ne peux résister ou alors très difficilement.

Plusieurs modèles d'appareils photo numériques sont visiblement devenus d'outil utilitaire à objet de collection absolument non-nécessaire mais si attirant! Oui ils sont fonctionnels au delà souvent de nos propres besoins mais encore ce qui les rend si désirable est plutôt leur jolie frimousse. Bref c'est l'éloge de l'objet avant sa nécessité fondamentale. Et parfois ce même appel à l'admiration esthétique pure a une conséquence inattendue en ce sens qu'elle incite à l'accomplissement de la création photographique. Et pourquoi pas! Ne sommes-nous pas rendu tous de grands artistes du moment présent et bref par définition?

Il y a donc un appel à collecter ce patrimoine des beaux appareils photo numériques avant qu'ils soient tous broyés et réduits en pâte de récupération par la roue de course au changement. Allons musées, collectionneurs, mécènes, au travail et offrez-nous de belles expositions sur l'éloge de l'objet en photographie!


04 février 2018

Les paramètres de la photo: du connu à l'inconnu.

Clair-Obscur du binôme des sujets se confrontent dans la composition de cette image en fuite.
Les paramètres connus, sous-entendus et ignorés de la photographie sont les contraintes techniques qui participent à la création de l'image fixée. Avec l'évolution technique des appareils photo contemporains et leur automatisation progressive, beaucoup d'utilisateurs ignorent ou ne se préoccupent plus de la configuration de ceux-ci. Il faut dire que les logiciels embarqués de ces appareils font un travail remarquable de détection et de prévision des conditions intrinsèques de la prise de vue. Ils sont performants et peu enclins à une mauvaise interprétation de la situation photographique. De plus ils gèrent instantanément un ensemble de paramètres qu'il est difficile d'appréhender pour le simple utilisateur déjà pénétré dans sa recherche du sujet, de sa composition et de son moment de déclenchement.

Des couleurs saturées représentatives de cette floraison en pleine essor
Mais quelle est cette recette mystérieuse aux ingrédients secrets qui rend possible l'enregistrement correct d'une image. Pour les vétérans de l'argentique classique, ces épices sont pour la plupart bien connues. Le choix du film pour un qui en impose le type, couleur, noir & blanc ou diapositive, sa sensibilité exprimée en ISO ou anciennement ASA/DIN et sa température couleur adaptée au type d'éclairage. Déjà certaines contraintes apparaissent inévitables et induisent des limitations de prise de vues en terme de qualité d'image ou de choix du sujet. À cela s'ajoute le traitement en laboratoire (développement) du film proprement dit après la prise de vues qui peut entrainer des variations sur le résultat anticipé. Avec l'avènement du numérique le film est substitué par le capteur universel d'images dont la sensibilité ISO est variable et le post-traitement s'effectue en partie par l'appareil photo lui-même. De même les palettes de coloration ou de nuances de gris ou encore d'effets spéciaux peuvent être sélectionnées directement. De plus le nombre de poses n'est plus limité à un nombre restreint mais propose une quantité très appréciable d'expositions.

Une zone de netteté restreinte dans cette illustration du phénomène de
la profondeur de champs associé à une grande ouverture de l'objectif.
Sur les appareils photo argentiques traditionnels les autres paramètres de prise de vues les plus courants sont le choix du temps de pose, i.e. la vitesse de l'obturateur ou d'obturation, l'ouverture du diaphragme, le F/stop, et la mise au point, i.e. le point de focalisation ou de netteté choisi sur le sujet. Chacun de ces éléments a une incidence sur le résultat de l'image. La vitesse d'obturation en plus de déterminer la durée d'exposition du film peut contribuer à fixer l'action du sujet pour un instant ou encore pour un parcours plus ou moins long exprimé par un flou caractérisé. L'ouverture de l'objectif en plus de contrôler l'entrée de lumière dans l'appareil déterminera la zone de netteté avant-arrière du sujet qu'on exprime en terme de profondeur de champs. Plus cette ouverture est grande plus cette zone de netteté est rétrécie créant ainsi une sélectivité intuitive de sujet. La mise au point de l'objectif sélectionné précisément le point focal de plus grande netteté choisi pour le sujet ce qui contribue également à la sélectivité exercée sur le sujet de l'image. Tous ces trois éléments techniques d'ajustement de l'appareil photo sont présents dans les versions numériques actuels mais leur paramétrage s'effectuent automatiquement sans l'aide de l'utilisateur qui peut cependant en connaitre les valeurs respectives attribués par le logiciel de la caméra et les corriger s'il le souhaite.

Un effet silhouette par sous-exposition de l'image en contre-plongée
 pour accentuer l'atmosphère de cette photo.
Afin de réaliser les choix techniques appropriés à une situation d'éclairage du sujet donnée, les appareils photo modernes utilisent un photomètre appelé aussi posemètre qui mesure la luminosité de ce sujet et de son ambiance et suggère à l'utilisateur ou à l'ordinateur de l'appareil une combinaison optimale de vitesses d'obturation et d'ouvertures de l'objectif à employer. De plus l'analyse de l'éclairage du sujet est souvent réalisée de façon matricielle ou zonale par un découpage de sections de l'image complète et une comparaison avec des patterns prédéterminés de pondération pour l'ajustement final des paramètres d'exposition. Ce système complexe est maintenant pris pour acquis par les photographes d'aujourd'hui et fonctionne très bien presqu'en toute occasion. Cependant le choix final de l'exposition du sujet reste subjectif dans la mesure ou le photographe reste maitre d'y introduire un biais correctif à priori via un coefficient de correction d'exposition ou encore une modification de la courbe de sensibilité selon les niveaux d'éclairage. Enfin il faut souligner la présence de programmes d'exposition adapté à des sujets spécifiques qui induisent des correctifs adaptés à des situations d'éclairages plus extrêmes.

Un champs visuel panoramique au cadrage visuel marqué par les édifices latéraux
Souvent omis de l'équation sont des critères de prise de vues pourtant sélectifs eux aussi comme le choix de l'objectif ou encore la modification de l'éclairage ambiant du sujet. Ce choix de la longueur focale de l'objectif en prédétermine son angle de champs, i.e. le champs visuel couvert par l'image captée de l'appareil photo. Cette mesure de sélectivité du sujet peut être à la fois inclusive du contexte   environnant du sujet ou au contraire discriminant de celui-ci. De même on peut choisir une compression des sujets présents dans l'image ou inversement un éloignement de ceux-ci suivant le type d'objectifs choisis, allant du téléobjectif au grand angle. La position et la distance entre le sujet et  le photographe sont aussi des éléments-clés de cette équation.

Une attention réciproque du sujet et du photographe
Il ne faut pas oublier tous ces paramètres implicites de la photo dans le choix du sujet comme son contexte environnemental et factuel, sa position, sa posture ou son expression particulière. L'étude du sujet photographique se compare avantageusement à tout autre étude réalisée dans les autres arts visuels. Le style de l'auteur lui permet d'imposer sa signature visuelle à travers son oeuvre. La persistence de cette recherche permet de raffiner son résultat à un niveau toujours plus élevé.

Ce modeste et forcément incomplet tour d'horizon des paramètres de la photographie cherche simplement à explorer la nature plus profonde des choix explicites et implicites de cet art visuel à part entière. Il n'est pas nécessaire d'en déterminer en profondeur tous les éléments mais plutôt d'en appréhender intuitivement la présence et leur importance relative dans le processus créatif. Leur plus grande maitrise vous assure ainsi un contrôle plus grand de votre production photographique et une recherche plus enrichissante.

Le style du photographe se définissant par une signature visuelle récurrente

03 février 2018

L'Olympus M.Zuiko Premium 45mm F1.8: la modestie du talent


(réédition de la version initialement publiée en février 2018)

Une des plus belles optiques avec laquelle j'ai pu travailler professionnellement durant mes années argentiques fut l'objectif Leica Summicron 90mm F2.8. Compact avec un angle juste assez discriminant ce chef d'oeuvre d'optique photographique avait ce charme créatif qui enchante son utilisateur. Je n'ai retrouvé cette magie visuelle que beaucoup plus tard en me procurant ce petit Olympus M.Zuiko 45mm F1.8 dédié au format numérique Micro Four Third (µ4/3).

L'Olympus M.Zuiko 45mm F1.8 est un petit téléobjectif discriminant doté d'un champs visuel de 27 degrés. Peu encombrant et très léger grâce à sa construction en composite, il s'agit pourtant d'une optique de définition supérieure offrant des résultats détaillés sans aberration apparente. Sa  grande soeur le M.Zuiko 45mm F1.2,  ayant une plus grande ouverture maximale, lui fait un peu concurrence mais pour les adeptes de la street photography le 45mm F1.8 reste sans rival et d'une discrétion exemplaire. C'est l'antithèse de la photographe intimidante.

Un des aspects les plus intéressants de l'Olympus M.Zuiko  45mm F1.8 est sa bonne réactivité peu importe le modèle de boitier MFT auquel il est couplé. Sa mise au point automatique reste efficace même dans des conditions d'éclairage plus difficiles. Cependant certains pourront regretter qu'il soit pas doté de l'option de mise au point manuelle sur la bague de focalisation du point comme son grand frère (45mm F1.2). Mais c'est peut-être le compromis à faire pour son tarif réduit et sa conception plus simplifiée. Vous pouvez choisir cette fonction de mise au point manuelle via l'option présente sur votre appareil si vous désirez accéder facilement à cette fonctionnalité particulière.

D'un point de vue anecdotique, l'Olympus M.Zuiko 45mm F1.8 est une des principales raisons qui a provoqué mon adhésion au format MFT. À l'époque j'expérimentais ce nouveau format de capteur avec le modèle Olympus EP-3 et son objectif-zoom de base 14-42mm mais c'est le 45mm F1.8 qui a révélé le véritable potentiel de cette nouvelle catégorie de capteur numérique. Les résultats obtenus en terme d'imagerie était tout simplement d'une classe à part d'où cette similitude avec l'objectif Leica Summicron 90mm f2.8 de l'ère argentique.

Mais jusqu'à quel point peut-on considérer ce 45mm F1.8 comme un objectif de tous les jours un peu comme la "normale" du photographe à l'imagerie discriminatoire? Car il s'agit bien de cela, c'est à dire d'utiliser l'Olympus 45mm F1.8 comme une optique sélective  par excellence idéale sur le terrain bien que son angle de champs réduit le rend moins malléable en recherche contextuel et oblige son utilisateur à compresser son sujet sur des éléments restreints. Mais il s'agit bien là d'un choix ou d'une démarche purement artistique ou esthétique. Et cela participe à la signature de l'auteur tout comme tout autre objectif pourrait le faire.




Action, portrait, architecture et autres sujets sont à la portée de l'Olympus M.Zuiko 45mm F1.8. Il n'y a qu'à prendre son appareil et déclencher. Du fait qu'il soit si compact, il peut facilement se glisser dans la poche et accompagner le/la photographe en toutes circonstances.