17 octobre 2025

(Un) Paris à la fois: Visages du Louvre

 L’incontournable Louvre pour tous visiteurs de Paris est le must culturel officiel traditionnel. Bien sur que le Louvres n’est pas à l’avant-garde artistique de la France. c’est plutôt son témoignage, ringard diront certaines mauvaises langues, mais ne gâchons pas notre plaisir d’admirer ces peintures et sculptures d’un autre temps de même que toutes ses décorations datant d’un âge pré et post-revolutionnaire et maintenant fort désuet face au modernisme fonctionnaliste. 

Au Louvre la foule est reine et a envahi tout l’espace disponible. Les présentations se repartissent sur sa très grande surface de plancher entrecoupée d’élévations variables tout comme ses plafonds. Ici peu de place pour la meditation silencieuse et le recueillement discret. S’il y a de la vie au Louvre, on la doit certainement à l’afflux constant de ses visiteurs payants. Devant ce faste, je vous propose ce clin d’œil personnel, un tantinet irrévérencieux.















Photos Daniel M


16 octobre 2025

Versailles: un pas à la fois!


 Pour Louis le quatorzième, ci-devant roi de France, ce devait être l'anti-Paris et l'ultime refuge de la monarchie française en parfait contrôle de sa noblesse et de ses commettants. Versailles la propre, la pompeuse, la splendide à l'extérieur constellée de jardins somptueux, et, à l'intérieur, ruisselante de richesses et grandeur. 

Non Versailles ne sera pas Paris et dans sa démesure elle concrétise le fractionnement indéfectible des grands nantis versus le reste de cette populace grouillante, non soumise et menaçante. Mais depuis la chute de ce régime monarchique aux dorures, Versailles est resté un symbole de France au point ou même qu’après la grande guerre de 1914-1918, les nations victorieuses y ont défini un nouvel ordre mondial au détriment des vaincus qui en a résulté vingt ans plus tard en un catastrophique et meurtrier conflit mondial sans précédent et dont le traumatisme subsiste toujours aujourd'hui.


Une visite à Versailles se planifie, s'organise, se prévoit pour les simples mortels que nous sommes. Il y a d'abord la distance à parcourir entre le centre de Paris et la mégalopole créée par Louis XIV qu'il faut planifier puis l’achat préventif des billets et leur horaire particulier et surtout il faut s’équiper de bons souliers confortables et endurants. Car Versailles et ses jardins musicaux est vaste même pour une courte visite d’un jour. Et Versailles est aussi une destination touristique non seulement populaire mais bien « populeuse », avis a ceux et celles qui souffrent d’agoraphobie.


Ce qui surprend de Versailles c’est avant tout cette ampleur démesurée des lieux et la densité de ses richesses étalées. Cette première impression relève bien du calcul politique de Louis XIV qui voulait imposer son autorité absolue et en particulier chez cette noblesse française dont la loyauté au roi restait historiquement très variable. Tout ce faste nous donne également une sensation de lourdeur ou la spontanéité perd toute vertu de langage et de gestes. Malgré tout beaucoup d’entre nous aiment a s’identifier à l’élitisme de cette richesse devenue indécente aux temps anciens de la révolution française et même Napoleon le premier à restaurer ce paradigme royal en se proclamant l’empereur des français et son empreinte est bien visible à Versailles.


Le parcours extérieur des jardins musicaux de Versailles se révèle tout autant le reflet de la démesure monarchique et de l’agencement artificiel de la nature. Les deux Triathlons sont aussi de la même eau quoique le petit, celui de Marie-Antoinette préfigure le déclin imminent du régime par sa plus grande modestie matérielle. 


Versailles est a la fois grandeur passée de France et miroir de la futilité de l’étalement d’une richesse usurpée au peuple. Au vue de notre époque contemporaine et de certains dirigeants politiques actuels, est-ce que cette leçon historique saura porté de nouveau, nul ne le sait vraiment.













Photos Daniel M

Visages de Paris


 Paris aux milles visages, c’est bien tout le tissus humain qui la compose au delà de tout son héritage matériel que la plupart d’entre nous connaisse déjà bien. Car Paris est bien cette capitale cosmopolite qui en fait une peuplade bizarrée aux saveurs internationales. 

Vous entendrez toutes sortes de vocabulaires aux accents parfois coutumiers d’autres fois indéfinissables mais dont l’intonation curieuse vous transportera aux accents parfois delà du régionalisme culture français. Les visages sont souvent l’âme de celles et ceux qui les arborent ou du moins se plaît-on à le croire.






***




Photos Daniel M

14 octobre 2025

(Un) Paris automnal: prémisses



 Oh Paris l'unique, envoutante, déroutante, entrainante mais aussi épuisante, bruyante et parfois étouffante. Mais Paris de mon enfance ciné-visuelle avec mes héros et mes belles héroïques que je me lasserai jamais de revoir et de leur espérer un souvenir éternel, et Paris, capitale française qu'un provincial québécois que je suis depuis toujours à envier pour sa diversité et sa profondeur, ah! Paris mon amour!

Paris est un monde à lui seul et le monde est Paris à lui seul. Il y a tant à dire mais il y a surtout à y vivre l'expérience française distingue et même distingue de la France elle-même car Paris est aussi la France dans la France. Et tout visiteur que l'on soit, il faut accepter Paris telle qu'elle est en elle-même, i.e. capricieuse, fastidieuse, onéreuse, souvent dissipée et prétentieuse car n'est-elle pas unique, vous dirais-je?

Il y a d'abord la diversité en tout à Paris, en les choses, en les personnes, en les odeurs, en les sons, en les atmosphères et en bien d'autres. Il y a aussi son histoire ou plutôt ses histoires si riches dans un bain culturel d'une très grande profondeur surtout pour un "nord-franco-amerloque" que je suis. Et Paris s'il est vaste est si dense qu'on en observe des partielles toutes petites tout comme des grands espaces déroutants.  Et Paris est vieillot parce qu'emplie de vieilles choses et de vieux airs mais est aussi moderne, parfois d'avant-garde quoique cela semble aussi inattendu qu'incongru tant pour les parisiens que pour les touristes néophytes de la capitale française. 


Le gite.
Pour le touriste nord-américain, le gite parisien typique se distingue par sa petitesse, je dirais même son "étroitesse" caractéristique de ces logements d'un autre âge ou d'un âge certain. L'espace est compté, l'utilitaire est réduit mais le charme demeure. Le parisien vit surtout à l'extérieur de sa niche de fin de journée. C'est le travail, le bistrot, la sortie entre amis, le prétexte culturel ou sportif  ou gastronomique  ou flâneur qui occupe le tout Paris. Et cet éventail s'étend sur son territoire bien entassé. Le gite parisien se décline en petit cagibi niché dans son histoire urbaine. Pour les néophytes américains, tout espace se réduit par un facteur de trois, un grand logement passant de 100 mètres carrés à Montréal par exemple à trente mètres carrés à Paris. C'est la "réduflation" du logis.

La bouffe-à-tout. Paris offre toutes sortes de possibilités gastronomiques et de nombreuses options pour apaiser sa soif car les parisiens adorent se faire servir plutôt que se servir. Les opportunités de restaurations sont si grandes qu'on se demande bien comment font-ils pour opérer avec un profit suffisant pour subsister. Mais la sustentation qu'on préfère préparée par d'autres l'emporte comme un mode de vie sans égal à Paris. Et la variété des menus est planétaire. Tous les goûts sont à l'honneur et la sophistication des plats va de la grande simplicité aux présentations les plus complexes et aux contenus intrigants. Bref la restauration parisienne est un sport local pratiqué par la plupart qui en ont les moyens.


Le coût de la vie.
C'est là qu'il faut parler de coût de la vie (parisienne) car il s'agit d'un défi quotidien à affronter sans répit. En gros tout est cher à Paris et en Europe en général, une notion moins connu dans les Amériques mais qui sont en phase rattrapage dans ce domaine cependant. Pour contrer ce phénomène, les parisiens dépensent de façon plus avisée. La surconsommation y est beaucoup moins évidente et le gaspillage beaucoup mieux controlé. Comparé au dollar canadien, l'euro, la monnaie locale, est une devise de luxe surtout si vous faites l'exercice souvent pénible de le convertir en monnaie canadienne. 

Les monuments. Paris aime de toute évidence célébrer son passé historique, culturel et politique, l'omniprésence de ses monuments et de ses témoignages architecturaux sont bien là pour nous le rappeler constamment. L'abondance de sujets photographiques de ce type donne parfois le tournis par leur densité, leur variété et leurs dimensions. 


La Seine en scène.
La Seine est la veine jugulaire de Paris. Autour s'est articulé l'éclosion et le développement de la capitale de France. Le thème de l'eau est d'ailleurs le propre de notre civilisation humaine un peu partout sur cette planète. La Seine n'est pas ce long fleuve tranquille que certains pourraient désirer qu'il soit. C'est plutôt une sorte de canal fluvial dont l'incessante activité la caractérise. En son centre on retrouve les iles de la Cité et Saint-Louis, centre névralgique historique de Paris. La célèbre cathédrale Notre-Dame récemment restaurée y siège depuis des siècles. Mais la Seine s'étend aussi sur des kilomètres de découvertes urbaines dont l'accès fluvial est unique en son genre.

***

Ce bref aperçu de Paris se veut le premier coup d'oeil de ce court séjour de dix jours. D'autres courtes impressions visuelles et narratives suivront au gré de nos visites parisiennes.

Notes du photographe: Pour cette courte visite de dix jours de la ville Lumière,  j'ai opté pour une combinaison minimaliste en format M4/3 (Micro Four Third) avec un boitier OM System OM-5 dont la versatilité peut répondre de tout ou de rien. Au plan optique, l'objectif tout-usage M.Zuiko ED 14-150mm F4-5.6 II me procurera une belle définition d'image tout en demeurant assez discret. De plus ce boitier et son optique bénéficient d'une protection climatique intégrée (WR- Weather Resistant).

_______

Photos Daniel M

04 octobre 2025

Floralies tardives




 Déjà octobre et c'est la fin du cycle végétal estival.

Pour peu qu'il subsiste encore des couleurs, l'automne affiche les siennes et proposent des odeurs de feuilles fanées, une nouvelle saison qui fleurit de finalité et annonce le repos hivernal.


Photos Daniel M

10 septembre 2025

Profondeur de champs (PDC)



 La profondeur de champs se définit en photographie comme l'espace plus ou moins grand dans lequel les sujets ou les objets présentent une définition acceptable et supérieure au reste de l'image. Si elle englobe les grandes distances souvent identifiées comme l'infini en photo,  elle s'accorde aux exigences de la photo contextuelle et de paysage. Si, au contraire elle s'amenuise dans un intervalle très court elle devient discriminante en faveur du sujet principal comme en portrait par exemple. 


On a beaucoup mis l'emphase sur les capacités du matériel photographique à produire une profondeur de champs minimaliste sinon presque inexistante créant une mode-tendance à la courte vue plutôt qu'à l'étude visuelle du contexte photographié. Ainsi les formats du capteur d'images numériques, le choix des optiques de prise de vue tant en longueur focale qu'en ouverture maximale et l'apparition de l'option d'édition de la profondeur de champs en virtuel sont devenus des sujets de débat sans fin entre les passionnés de la photographie. On a même mis de l'avant de nouvelles notions qui analysent les propriétés du floue générée dans les zones moins définies de l'image comme le bokeh et les aberrations chromatiques produites par les objectifs de prise de vue. 

Pour le/la photographe de tous les jours, la détermination de la profondeur champs selon le sujet traité et l'effet final attendu s'est beaucoup estompé au profit des modes automatisés d'exposition dédiés à des types particuliers de sujets bien identifiés comme le portrait, le paysage, la photo d'action, la macro-photographie, etc. Bien sûr le choix de l'ouverture de l'objectif de prise de vue et le visionnement de l'effet de profondeur de champs dans le viseur ou sur l'écran de la caméra demeurent des fonctionnalités à la disposition du photographe. Cependant dans la mouvance actuelle de la photographie spontanée pour ne dire empressée, peu d'entre nous prendront le temps et le recul nécessaires à l'analyse de l'image à enregistrer. 


Si à chaque ouverture de l'objectif et à chaque distance du sujet correspond une profondeur de champs spécifique, peu de photographe feront l'examen des avant et arrière-plans qui seront hors-foyer et qui participent à la composition finale de l'image. Ces éléments sont pourtant essentiels tout autant que le sujet principal. Leur contraste et leur forme peuvent suggérer le contexte de l'image et de son sujet principal. L'entrainement et l'expérience du photographe peuvent aussi lui donner les facteur intuitifs déterminant d'une belle représentation picturale. Le rôle discriminant que joue une faible profondeur de champs est donc une interprétation à part entière du processus créatif de l’image.

Par opposition une grande profondeur de champs peut exiger une pleine analyse du contexte de prise de vue oû chaque élément distinctif de l’image ont souvent une égale importance dans le traitement du sujet. Le cas du paysagiste est typique à cet égard. Dans ce contexte, le/la photographe recherche la plus grande netteté possible pour l’ensemble des sujets exposés. Seule limite reste la capacité de bien définir le sujet avec la petite ouverture sélectionnée de l’objectif et cela sans diffraction optique trop apparente. Certaines optiques sont conçues pour maximiser la profondeur de champs permettant ainsi un ajustement moins fréquent de la mise au point et laissant libre cours à l'artiste-photographe à sa spontanéité du moment et à une composition rapide du sujet. Leur ouverture moyenne souvent autour de F8 ou son équivalent les rende cependant moins souple d'utilisation pour la photo d'action et oblige leurs utilisateurs à utiliser des valeurs de sensibilité ISO plus élevées.

***

Que vous soyez discriminant (peu ou pas de PDC) ou que vous recherchez une définition large et contextuelle de votre sujet (grande PDC), la profondeur de champs joue un rôle important dans la définition finale de l'image enregistrée. c'est peut-être mieux de l'anticiper par un test de PDC par exemple que d'en subir les conséquences non-souhaitées. À vous de choisir..

Photos Daniel M


20 août 2025

Réalité du terrain ou fantaisie virtuelle?


 Comme photographie nous sommes confronté entre le désir d'authenticité et l'embellissement du rendu sous prétexte de s'approcher plus encore du "vécu visuel". Bien sûr tout est question d'interprétation dans les choix d'angle de prise de vue ou encore de composition de l'image. Mais encore qu'il s'agisse de sélectionner volontairement ou non un segment en temps et en espace de la réalité de notre environnement et du sujet qui nous intéresse ou encore plus quand on "redessine" virtuellement l'image initialement enregistrée, que reste-t-il de l'essence même du choix documentaire que nous avons fait car tout cela est somme toute très réducteur par rapport à une perception plus large et plus incluse de notre univers physique et émotionnel.

Nos  outils technologiques sont maintenant et peut-être à jamais des extensions créatives de nos impulsions biologiques. Cette cybernétique est d'ores et déjà "intelligente" et surpassera tôt ou  tard nos propres capacités de raisonnement substituant ainsi notre support biologique par de nouveaux supports matériels qui échapperont à un "contrôle" conscient ou non de ses utilisateurs initiaux. En un mot, nous seront les Victor Frankenstein modernes créateurs de la bête devenu autonome et indépendante de ces décisions et de ses actions. Comme photographe, nous sommes déjà des associés de cette cybernétique qu'on assimile à des modes dits automatiques mais dont la capacités d'analyse nous dépassent largement.

Reste l'inspiration et le pourquoi d'une démarche artistique ou documentaire qui demeurent jusqu'à nouvel ordre l'apanage de l'humain que nous sommes encore. Car il y a aussi une démarche philosophique de la vie assumée ou non qui sous-tend et motive le message visuel de notre cheminement photographique. S »il y a un danger dans notre société actuelle, c’est dans l’autocensure grandissante qui naît de l’intimidation du nouvel autoritarisme qui pollue notre univers sociopolitique. Pour le photographe d’aujourd’hui la crainte de la controverse du sujet et son contexte l’emporte souvent sur la pertinence d’en traiter, Bref la réalité du terrain est plus menacée par les tenants du pouvoir technique usurpe que par la technologie elle-même.

***

Le devoir d’humanité c’est aussi celui du photographe qui est le témoin de notre évolution. L’intelligence artificielle ou cybernétique d’abord comme outil mais aussi comme partenaire éventuel à part  entière, doit s’intégrer dans nos modes d’action et de réflexion comme artiste-photographe. Pouvoir affiner les moyens de perception de l’IA permettra à cette dernière de s’articuler une meilleure réflexion de l’univers qui l’entoure et motive son existence. Au fond et comme toujours, c’est le point de vue philosophique qui saura prédominer au delà d’un matérialisme à jamais éphémère.

Photo Daniel M

11 août 2025

Éclipse


 Tout le petit monde la photographie reconnait l'importance de la lumière qui est, au fond, à la fois le pinceau et les pigments de l'image. Mais nous percevons souvent la lumière comme permanente sinon éternelle malgré sa nature changeante et fugace comme l'illustre si bien le phénomène de l'éclipse. Ce dernier bien que largement documenté et expliqué ad nauseam par les spécialistes de tout acabit, continue toujours de nous fasciner, nous simples terriens à la vie éphémère. 

Au-delà de la simple atténuation ou même la disparition de toute luminosité, c'est la nature même de la lumière et ses qualités changeante qui rend le phénomène de l'éclipse si particulier. La lumière est source de vie, de changement, d'évolution et d'illumination. La photographie se définit essentiellement de cette lumière pour laquelle elle est entièrement redevable de son impact et de son émotion profonde. 

***

Que serions-nous sans cette magnifique sensation qu'est la perception visuelle qui attire notre attention sinon plus explicitement notre regard tant réel que virtuel.Telle est la lumière!

Photo Daniel M

07 août 2025

Une vision économique de la photographie



 Michel Gravel, 1936-2021, fut un des plus prolifiques photographes de presse québécois ayant travaillé entre autres au journal La Presse de Montréal pendant plus de quarante ans. Ses principales qualité au delà de son grand talent artistique pour la composition de l'image enregistrée, était son calme et l'usage judicieux d'une grande économie des moyens matériels utilisés pour réaliser ses reportages photographiques.

Comme photographe institutionnel pour les fédérations sportives et de loisir, j'eus la chance de le côtoyer pendant quelques années, 1988-1994, au gré  de nos assignations similaires d'évènements dans la grande région montréalaise. Michel Gravel en imposait à nous qui étions plutôt des photographes aux déclics frénétiques, car il privilégiait l'approche tranquille et studieuse du sujet et surtout l'utilisation judicieuse sinon parcimonieuse de l'appareil photographique et de sa pellicule. Il a fait parti de cette grande tradition de photographes humanistes qu'a engendré le Québec des années 1960, 1970 et 1980 et qui se poursuit toujours aujourd'hui à une échelle plus numérique.


Alors que plusieurs fanatiques du déclenchement sans retenu mitraillent sans arrêt leurs sujets, d'autres s'efforcent d'abord d'en observer l'esthétique dans leur contexte particulier. Se faisant ils étoffent leurs compositions en leur enjoignant un contenu narratif plus profond dans l'image qui sera présentée à l'observateur. Car le photographe a implicitement en lui une sorte de responsabilité visuelle dans le rendu de  son sujet et du propos qui en découle. 

Quand on évoque la notion d'économie dans ce monde de consumérisme, on l'associe souvent négativement à une perception de réduction, d'empêchement ou de sacrifice au détriment du plein accès à l'usage sans restriction des choses et même des personnes qui nous entourent. Même l'idée du gaspillage a été graduellement évacuée du discours socio-politique de maintenant. Et pourtant l'approche économique Fabien au delà de ces privations proclamées car elle suggère plutôt l'utilisation intelligente de nos ressources qui mise souvent sur une plus grande créativité intellectuelle et, par extension, un usage plus réfléchi de celles-ci. 

En photographie, chaque image enregistrée est en soi un témoignage d'un passé récent ou non pour lequel notre société humaine peut se référer car elle participe à une sorte d'éducation visuelle de notre civilisation et de son contexte. En optant pour un choix restreint mais plus songé de ces images, on propose une sélection qualitative plutôt que quantitative de ces témoignages visuels. Pour le photographe, il s'agit d'une démarche qui exige une étude préliminaire du sujet et de son contexte dont l'enseignement enrichit beaucoup le contenu de l'image enregistrée.

***

Il y a beaucoup à apprendre de l'observation des choses et des personnes et l'exercice de la photographie offre ce prétexte à s'éduquer sur le monde qui nous entoure, un univers dont chaque facette différente mérite notre attention. C'est donc au photographe d'en témoigner visuellement avec respect et économie. 

Portrait de Michel Gravel par Xagravel 

Photo 2 par Daniel M

23 juillet 2025

Le Viltrox AF 85mm F1.8 II XF STM ED IF: l’optique discriminante de Viltrox



 A la grande époque pas si lointaine du règne analogique du film 35mm et du boîtier de type reflex, le téléobjectif de longueur focale fixée était le 135mm en version F3.5 ou F2.8 selon votre budget du moment. Avec un grossissement apparent de 2.5 X par rapport à l’objectif dit standard ou normal ayant une longueur focale d’environ 50mm. Avec tel rapport de grandissement, ces optiques furent souvent employés comme objectif pour le portrait et la photo discriminante du sujet versus son contexte. Même en situation de photo d’action le 135mm était souvent un choix privilégié.

Aujourd’hui en vertu des différents formats de capteurs numériques, la distance focale de l’équivalent 135mm peut varier sensiblement. En format de capteur numérique APS-C, la longueur focale qui reproduit ce grossissent de 2.5X est le 85mm. Pour l’équivalence d’ouverture maximale (F2.8 en 35mm) en terme de profondeur de champs il faut choisir F2 ou plus. En dimensions et en poids cependant, l’objectif APS-C semblera plus volumineux compte tenu d’une formulation optique plus moderne et performante.


Pour faire cette nouvelle expérience issue en partie de la nostalgie du film 35mm, j’ai sélectionné un modèle Viltrox AF 85mm F1.8 II XF STM ED IF. Au premier abord, ce moyen téléobjectif de Viltrox est plutôt massif pour le format APS-C avec un poids de près d'un demi kilo, en fait 492g, et un diamètre excédent les 80mm et plus. Cependant sa fabrication semble très soignée et grandement métallisée. Un seul contrôle de la mise au point manuelle possible par une très large bague rotative sans butée de la mise au point minimale et de l'infinie. De même le pare-soleil dédié et fourni est tout aussi imposant mais son montage de type baïonnette est efficace. Sans surprise le diamètre des filtres-accessoires est de 72mm. Bref Le Viltrox AF 85mm F1.8 II XF est une optique conçue et fabriquée avec des standards élevés. L'objectif n'est pas qualifié de "résistant aux intempéries" (WR). Détail amusant, je n'ai trouvé aucune inscription concernant son lieu d'origine la Chine.

Le couplage électronique du Viltrox AF 85mm F1.8 II est exemplaire avec un boitier Fujifilm, sa réactivité tant pour tous les modes de la mise au point automatique est similaire à celle des autres objectifs Fujinon d'origine. Les paramètres d'exposition restent précis et entièrement affichés dans le viseur (EVF) ou sur l'écran arrière (Live View - LVF). Bref l'objectif se comporte sans anicroche technique et sans compromis d'utilisation. La bague de mise au point manuelle offre une résistance correcte et est fortement démultipliée la rendant moins intéressante pour la photo d'action mais très précise pour la recherche du point focal désiré.


Ce qu'on demande souvent d'un tel téléobjectif reste sa plus grande capacité de discriminer le sujet principal de son contexte de prise de vue. Avec une faible profondeur de champs à sa disposition, le/la photographe recherche à valoriser certaines zones du sujet au détriment des autres. La valeur du contexte demeure tout de même un atout pour l'auteur qui saura travailler avec la suggestion plutôt que la précision. Les transitions d'avant et d'arrière-plan du Viltrox AF 85mm F1.8 II sont suffisamment harmonieuses et peuvent participer à l'esthétique de l'image complète. Avec le format de capteur APS-C, il y a tout de même un léger gain de profondeur de champs qui participe à une plus grande netteté du sujet principal et accroît le taux de réussite des prises de vue.

***

L‘objectif Viltrox AF 85mm F1.8 II XF offre une bonne definition de l’limage enregistrée et plus particulièrement quand on sélectionne ses plus grandes ouvertures. Peu ou pas d’aberrations optiques se présentent et altèrent le résultat  iconographique final. C'est une excellente option abordable pour celles et ceux qui recherchent une optique suffisamment discriminante pouvant être utilisé de façon plus générale que certaines alternatives plus spécialisés. 

Illustration-produit: Viltrox / Photos Daniel M