21 juin 2024

Feuillage et Bruissements (Blow-Up 1966)


 Cette vision et ce son particulier furent inspirés du merveilleux film-culte Blow-Up de Michelangelo Antonioni sortie en 1966. En fait c'est ce film et quelques autres sources d'inspiration, qui ont provoqué cette passion photographique qui m'anime depuis ma première adolescence. J'ai reproduit au cours de mon cheminement professionnel et personnel à peu près tout ce que contient cette création cinématographique des Sixties Swinging London mais dans un contexte et une échelle de temps bien différents, il va de soi.

Ce qui m'amène à ces fameuses ballades estivales du photographe du film Thomas personnifié par David Hemmings* (décédé en 2003) dans un parc londonien** pendant lesquelles on peut entendre ce bruissement des feuilles provoqués par le vent. Il m'est arrivé souvent de m'attarder à écouter ce froissement naturel végétal et de méditer sur la nature des choses, sur leur destin, sur leur caractère si éphémère mais dont l'expression semble si éternelle. 


Le propos du film Blow-Up nous renvoie au rôle essentiel que jouent nos perceptions qu'elles soient visuelles, sonores ou même émotives. Bien que nous soyons tous convaincus de la véracité de notre réalité personnelle, le doute continue de subsister sur la nature "réelle" et vérifiable des choses qui nous entourent. Même l'expression photographique n'échappe pas à ce débat éternel. La troupe des mimes de la scène finale du film personnifie bien ce dilemme où nous sommes appelés non seulement à admettre la réalité des autres mais plus encore à y participer ce que confirme le bruit fictif des balles de tennis imaginaires entendue avant la musique du générique de fin. 

* In this YouTube excerpt from an interview on the Canadian program City Lights, the actor discusses his experience working on the Michelangelo Antonioni masterpiece.

** Blow-Up (1966) - YouTube Amateur Film Location Documentary done by Daniel Ammeter in November 2011

Photo Daniel M: PanasonicLumix G95D / G Vario 12-60mm F3.5-5.6 Power OIS

19 juin 2024

La rencontre éphémère de deux photographes

Sarah Mclachlan's Possession (Piano version)

Il n'y a pas pire trahison que celles du coeur

C'est une histoire qui tourne autour de  deux photographes le temps d'un jugement photo dans le cadre d'un prix annuel. C'est celle d'une sorte de déclic d'abord intellectuel puis rapidement corporel qui se termina en don monétaire sans lendemain...

La séduction est quelque chose de très instantanée dans son éclosion, dans son effervescence et aussi dans sa conclusion parfois très hâtive.  

Elle, photographe de la trentaine, mère célibataire d'un jeune garçon-roi, résidente urbaine, reconnue dans le milieu artistique de la photo;

Lui, photographe de la trentaine, célibataire enchainant les relations éphémères, résident banlieusard, carriériste arrivé dans le milieu institutionnel et impliqué dans la promotion généreuse de sa passion.

Une belle confrontation de regards et d'intérêts dont la rencontre interpersonnelle restait improbable sinon stérile et pourtant, il y a parfois des alignements de comètes qui peuvent engendrer des bangs soudains mais sans réelle continuité.

À ce jeu, les plus forts sont ceux et celles dont le pragmatisme domine au delà du romantisme et dont le jeu de la vie dépasse l'idéalisme surréaliste. 

Que reste-t-il de tout cela sinon un souvenir fugace mais vivace et une sorte de trahison de l'attirance et des intentions qu'aujourd'hui, il est bien impossible d'en tirer un quelconque épitaphe des sentiments de chacun.

Photo Daniel M: Panasonic Lumix G95D / G Vario 100-300mm F4-5.6 II Power OIS  

14 juin 2024

Sur-Exploiter son sujet!


 En photographie, il y a souvent une grande persistance dans l'interprétation d'un même sujet. C'est comme l'égérie d'un thème abordé par l'auteur-photographe inlassablement. Une quête qui ne s'arrêtera vraisemblablement qu'au départ volontaire ou non de l'inspiration de celui ou de celle qui l'origine. Mais s'agit-il vraiment de répéter une vision récurrente d'un même intérêt pour l'objet ou le sujet qu'on fige dans le temps? Difficile à dire car ce serait plutôt l'affinement d'une vision toujours en recherche de sophistication de son interprétation. 

Il semble aussi que cette pseudo sur-exploitation du sujet va bien au-delà d'un simple exercice matériel et transcende largement l'évolution et l'essai purement technique et d'illustration. C'est aussi une forme consciente ou non de discrimination de l'auditoire qui apprécie ou non cette démarche dans le temps. Car, bien sûr, nul n'est le prophète pour tous et doit souvent se contenter d'un petit voire très petit nombre de disciples dont la rétroaction est souvent épisodique plutôt que soutenue. 

La sur-exploitation d'un sujet photographique nait la plupart du temps d'une obsession observatrice insatiable dans l'espace et le temps et peut-être aussi d'une curiosité reproductrice de sensations visuelles et cognitives. C'est là que cette aventure ne se termine jamais pour son auteur pour peu qu'il/elle puisse toujours l'exprimer. Mon regard se pose à nouveau sur cette même chose pour laquelle mon intérêt s'éveille de nouveau ou n'est-ce pas plutôt que cette histoire d'engagement personnel envers le sujet reste à raffiner, à interpréter avec une plus grande justesse et une plus grande profondeur...

Photo Daniel M: Panasonic Lumix G95 / G 25mm F1.7 ASPH

01 juin 2024

L'appel du reptile


 Les reptiles sont parmi les plus vieux pensionnaires de cette faune terrestre millénaire. Ils ont même parait-il dominer cette planète un long moment. Aujourd'hui, ils sont plus discrets quoique toujours présents et, semble-t-il, observateur de notre évolution humaine récente et peut-être bientôt éphémère. Ils sont à sang froid dit-on mais savent être vifs dans leurs réactions. Mais à quoi réfléchissent-ils, cela nous serions le dire. Un prochain repas, un accouplement futur ou une future éclipse, qui sait?


Photos Daniel M: Olympus OM-D E-M10 III / M.Zuiko 40-150F4-5.6 R / M.Zuiko 14-42F3.5-5.6 R


29 mai 2024

L'état de la photographie traditionnelle en 2024


 Un titre bien prétentieux pour s'interroger sur le nouveau contexte contemporain de la photographie traditionnelle. Car qu'on le veuille ou non les choses ont bien changé surtout depuis les avènements combinées de la photo numérique et des réseaux publics ou privés de communication électronique sans fil. De plus la forte spécialisation des canaux d'information et de divertissement a marginalisé fortement toutes les plates-formes généralistes d'autrefois. La photographie comme support principal ou d'accompagnement de l'information factuelle ou de l'interprétation artistique originale a évolué vers une multitude de formules d'expressions indépendantes et autonomes si bien qu'il est maintenant très difficile de se dresser un portait plus général de l'état de la photographie tout court.

Pire encore le rôle historique d'archiviste que la photographie occupait, a perdu la plupart de ses repères et de ses compilations matérielles. Et avec l'apparition de l'intelligence artificielle, il devient quasi-impossible de valider la véracité hors de tout doute d'un témoignage photographique et, c'est sans oublier l'émergence d'une philosophie de plus en plus répondu de la recherche de l'auto-confirmation plutôt que d'une vision plus critique de son entourage humain et physique.  

La photographie a été longtemps un élément critique et un facteur d'influence de notre société humaine. Elle a été parfois même joué un rôle d'objecteur de conscience sans affiliation bien définie  par sa supposé objectivité iconographique qui fut cependant contesté pour certains sinon plus encore. Aujourd'hui la photo a perdu son statut de collaborateur privilégié du quatrième pouvoir, celui des média à la recherche d'une nouvelle identité. Car l'espace médiatique est devenu le champs de bataille propagandiste de toutes les tendances socio-politiques et culturelles de maintenant. Il s'agit donc d'une vision réductrice qui limite volontairement l'observation et l'interprétation de notre monde actuel et l'assujettie souvent à un agenda partisan exclusif.


On a longtemps pensé de l'émergence d'Internet comme d'un outil puissant de démocratisation de la connaissance et des débats qui en découlent. Cette perspective plutôt naïve trouvait son origine au caractère d'abord improvisé et presque confidentiel qui a amené sa création et ses premiers développements mais rapidement l'évidence de son potentiel a conduit à la répétition des grands modèles de récupération médiatique dans l'espace publique. L'audience de l'Internet reste très éclaté mais le contrôle de sa distribution, des ses outils de recherche et de son référencement a permis une forme sophistiquée d'instrumentation de la toile. Ce faisant, l'espace de diffusion photographique est fortement influencé et temporisé par les ténors du Web au détriment des sources indépendantes potentielles.

Que reste-t-il aux photographes traditionnels et autonomes de ce monde qui continuent d'affiner leur savoir-faire et de vouloir partager leur vision de ce monde? Certainement beaucoup moins d'espaces publiques et généralistes de diffusion. Mais en contrepartie une multitude de petites opportunités dont l'initiative vise surtout un accès individualisé de qualité versus le désir de la reconnaissance éphémère tout azimut des pseudo influenceurs proclamés ou encore de celle d'un large public. Car si l'explosion démographique a entrainé une compétition de plus en plus féroce pour notre espace vital à la fois matériel et culturel, elle a aussi entrainé l'abolition, toujours incomplète cependant, des frontières humaines, notre proximité physique et virtuelle les rendant caduques. 

L'aspect provocant de la photographie reste toujours un de ses carburants premiers mais aussi son devoir historique d'illustration demeure l'un de ses fondements les plus importants. Son partage et sa préservation sont aussi des éléments-clés de sa démarche journalistique et culturelle au sens large. Son impact ou son influence comme médium visuel à part entière ne peut être dénié même dans ce monde où tout se côtoie, se confronte et s'oublie souvent, l'image reste un puissant moteur d'évocation et de réflection. Oui l'âme de la photographie traditionnelle continue et continuera de motiver sa légion d'adeptes tant qu'il y aura une part d'humanité à préserver.


Photos Daniel M: Olympus OM-D E-M5 II / M.Zuiko 12-40F2.8 Pro / M.Zuiko 17F1.8 Premium

21 mai 2024

Photo Story



La photographie n’est pas l’instantané du passé mais le passé instantané au présent / Photography is not the story of the now dead past but the story on how it was living then.

D'accord la photographie parfaite n'existe pas du moins pour ceux et celles dont la critique, surtout négative, est un mode de vie et dont la caractéristique asociale définit largement. Il y a le sujet, il y a sa composition, il y a son moment de prise de vue mais surtout il y a la maitrise de sa technique employée. Pas de place pour une quelconque interprétation car tout est mauvais à priori sauf en ce qui me concerne mais qu'on fait grâce de partager avec les ignares de la photo que nous sommes.

Il arrive que je m'attarde sur une de mes oeuvres iconographiques impies pour constater leur finesse et leur détail,  peut-être par recherche d'une autosuffisance bien mal intentionnée quoique bien involontaire. Dans l'image que j'ose présenter ici même le sujet pourrait m'être rebutant compte tenu de mon athéisme bien ancré depuis mes jeunes années de servant de messe (d'autel) rémunéré. Mais le témoignage architectural reste toujours aussi passionnant puisqu'il représente somme toute une affirmation culturelle le plus souvent en voie de disparition ou de remplacement.

L'église de Sainte-Rose située à Laval au pays non proclamé du Québec dans le Canada con-fédéré est bien sûr un hommage à ce catholicisme romain qui a rassemblé et isolé mais aussi abusé d'un peuple de petits colons français dont la survivance est due peut-être à sa méfiance intrinsèque de ce voisin anglais dont l'esprit mercantile et industrieux lui faisait horreur. Car ce que le français aime prendre le temps de vivre et de l'apprécier, l'anglais lui, si émotif, ne cherche qu'en justifier le profit matériel. Des points de vue pour le moins irréconciliables dans ce choc entre l'ancienne Nouvelle France et la très démographique New England.

Aujourd'hui tout cela semble dépassé par la frénésie d'une nouvelle ère dont la présence humaine biologique se voit surpassée par l'intelligence électronique esclave de ses propriétaires manipulateurs assoiffés de pouvoir mais dont le fragile éphémère de leurs enveloppes corporelles rattrapera tôt ou tard. Alors mes amis, restons humbles et admirons cette cathédrale spirituelle érigée en d'autres temps qui nous semblaient pourtant si simples...

Photo Daniel M: Panasonic Lumix G95(D) / G Vario 12-60mm F3.5-5.6 Power OIS 

15 mai 2024

Panasonic Lumix G Vario 100-300mm F4-5.6 II Power OIS: le chasseur d'oiseaux impromptu et abordable


 La photographie ornithologique ou plus simplement la photo d'oiseaux est une passion largement partagée par beaucoup de chasseur d'image. Bien sûr les petites dimensions et la vivacité des sujets posent souvent des défis quasi insurmontables pour celui ou celle qui recherche des résultats iconographiques irréprochables. Ce faisant ils/elles s'enferment dans uns une logique implacable pour l'acquisition d'un équipement photographique onéreux et une pratique sur le terrain souvent fastueuse et éreintante. Pour ceux-ci, les articles savamment étoffés sur la photo ornithologique abonde tant en format livresque que sur la toile Internet.

Pour le commun des mortels comme vous et moi qui recherchent plutôt le plaisir très spontané de Russie à l'occasion un bon cliché d'oiseau, la solution doit s'avérer plus ludique et abordable matériellement. La plupart des manufacturiers d'appareils et d'optiques associées ont vite compris ce dilemme et il est très possible aujourd'hui de se procurer des objectifs dont le tarif reste sur terre et les rendus d'image du domaine de l'acceptable et parfois même revêt un caractère plus exceptionnel. Le Panasonic Lumix G Vario 100-300mm F4-5.6 II Power OIS correspond exactement à cette catégorie d'optiques au vertus plus démocratiques.


Fabriqué au Japon, le Panasonic Lumix G Vario 100-300mm F4-5.6 II Vario OIS se présente comme un objectif plutôt discret, donc moins spectaculaire vis-à-vis du sujet photographié. Il est relativement léger pour sa catégorie de distances focales, 520g, et son diamètre de filtre-accessoire est de 67mm. La rotation des bagues zoom et de mise au point est suffisamment ferme pour éviter les déplacements involontaires. Il est doté aussi d'un interrupteur du système de stabilisation optique (OIS) si on envisage le montage de la combinaison boitier-objectif sur un trépied. À noter cependant qu'à sa pleine extension en focale de 300mm, le Lumix G Vario 100-300mm II doublera de longueur. Un pare-soleil dédié avec bague de montage à baïonnette est fourni avec l'objectif. Autre caractéristique intéressante de l'objectif est sa résistance aux intempéries (WR).

En photographie d'oiseau, l'élément-clé à surveiller est le grossissement que procure le téléobjectif zoom ou à focale fixe choisi. Dans le cas du Panasonic Lumix G Vario 100-300mm F4-5.6 II PowerOIS, ce grossissement s'échelonnera de 4X à 100mm pour atteindre 12X à son maximum focal de 300mm. Bien entendu sa performance optique en termes de résolution d'image variera selon la distance focale sélectionnée. Il faudra donc s'attendre qu'au grossissement maximum le rendu ne saura pas aussi optimale qu'à des taux d rapprochement moins élevé bien que ce Lumix G Vario 100-300mm II se tire bien d'affaire pour peu qu'on respecte les autres contraintes technique de la prise de vues. Il faut comprendre que le manque de netteté du sujet n'est pas toujours attribuable à la baisse de résolution de l'optique. DEs facteurs comme la nervosité du sujet, l'utilisation d'une vitesse d'obturation trop lente, d'une ouverture trop grande avec peu de profondeur de champs surtout à courte distance du sujet, la vibration de l'appareil photo à la prise de vues et le brouillard atmosphérique peuvent aussi joué une rôle déterminant dans le résultat final anticipé.

Tous ces facteurs déterminants mentionnés dans le paragraphe précédent sont aussi tributaires d'autres caractéristiques du Lumix G Vario 100-300mm II. Pour un son ouverture maximale limitée oblige le/la photographe à des choix de vitesse d'obturation plus lentes et/ou de sensibilités ISO plus élevées. De même l'absence de bague optionnelle de montage pour le trépied ne permet un meilleur équilibre du centre de gravité de l'ensemble boitier-optique quand on le monte justement sur un trépied ou un mono-pied. Heureusement la présence du système de stabilisation optique (OIS) de l'objectif-zoom qui peut aussi être combiné à celui d'un boitier Lumix si disponible (Dual IS et Dual IS2) peut atténuer ces difficultés. 

À l'usage, le Panasonic Lumix G Vario 100-300mm F4-5.6 II Power OIS se manipule aisément avec des bagues rotatives facilement identifiables qui offrent une rassurante résistance. La course d'un quart de tour de la bague-zoom est rapide. La bague de mise au point offre un bon compromis avec une course rotative suffisante pour un ajustement du point final fin mais sans être trop démultiplié. Il faut faire attention de ne pas désengager le système de stabilisation optique (OIS) par inadvertance et s'assurer à l'occasion de la bonne position de l'interrupteur. La mise au point automatique est prompte et silencieuse. Son efficacité dépend essentielle du type de surface visée, du modèle de l'appareil photo utilisé et de la luminosité du sujet et son contexte. Avec un téléobjectif de fort grossissement il est courant de viser erronément et confondre le système de mise au point automatique. Un resserrement du cadre de mise au point sera parfois nécessaire. De plus la mise au point ponctuelle ou fixe (AF-S) n'est pas toujours approprié pour un sujet à la position très "volatile", la mise au point en continu (AF-C) devenant un outil mieux adapté. 


Un mot sur les système de suivi de mise au point automatique du sujet (Cracking Focus), ils sont à efficacité très variable parfois étincelants de performance, parfois simplement décevants. Les algorymths qui les gèrent se sont beaucoup améliorés mais leurs résultats varient encore trop selon moi pour les appliquer aveuglément en photographie ornithologique. Prudence, essais et sauvegardes restent des mots-clés pour une réussite plus fréquente. Je ne saurais trop vous encourager à toujours assurer autant que possible la couverture de votre sujet avec plusieurs prises de vue et même techniques et configurations de l'appareil photo. 

L'étude des oiseaux et son observation fréquente vous donnera un meilleure aperçu de leur habitudes et de leurs habitats et  vous pourrez ainsi mieux vous préparer à toute éventualité. Beaucoup d'oiseaux fréquentent des lieux habités par l'humain et complètent leur régime alimentaire auprès des mangeoires que l'on entretient régulièrement. De bonnes opportunités de prises de vues se présentent à ces endroits. De même une bonne exploration de votre environnement doublé d'une bonne observation répétée pourra être fructueuse. Dans tous les cas soyez d'abord prêt à photographier sans attente en étant attentif le doigt sur le déclencheur de l'appareil photo et vos réglages déjà bien définis globalement.


L'objectif Panasonic Lumix G Vario 100-300mm F4-5.6 II Power OIS répond bien à plusieurs catégories d'oiseaux allant des grands au plus petits spécimens. Cependant travailler à  courte distance du sujet sera toujours un atout précieux. En vertu de son ouverture maximale plutôt modeste il est préférable de privilégier des conditions d'éclairage les jours ensoleillés même s'il reste possible d'opérer dans des contextes de luminosité moins optimaux. Le choix d'une distance focale entre 100 et 200mm, voire à 250mm demeure la plage d'excellence de résolution pour cette optique bien que l'extrême 300mm peut dépanner à l'occasion.  La stabilisation optique de l'objectif (Power OIS) est efficace, il suffit de la neutraliser et de regarder le viseur pour s'en convaincre de façon définitive. Enfin l'absence de limiteur de plage de mise au point (présent chez les optiques de plus haut de gamme) peut être un facteur handicapant lorsque l'objectif "chasse" beaucoup le point focal du sujet.

Ce bref survol du Panasonic Lumix G Vario 100-300mm F4-5.6 II Power OIS vous aura peut-être permis de découvrir un téléobjectif zoom compact et compétent qui confirme ses qualités de bon compagnon optique pour le photographe spontané et baladeur qui recherche aussi un outil valable pour la photographe d'oiseaux. 

Photos Daniel M: Panasonic Lumix GX9 / G Vario 12-60mm F3.5-5.6 Power OIS (Illustrations) & Lumix G95(D) / G Vario 100-300mm F4-5.6 II Power OIS (Exemples)

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14 mai 2024

Rétro sur le Lumix GX9: le "Pen-F" de Panasonic!


 Tout ceux et celles qui utilisent le format de capteur numérique Micro Four Third (MFT) connaissent de réputation à tout le moins le formidable Olympus Pen-F. Ce faux semblant appareil photo de type "rangefinder" est devenu un modèle classique maintenant impossible à se procurer neuf et très onéreux à trouver de seconde main. Cette tradition du viseur électronique (EVF) ex-centrée existait pourtant déjà chez la gamme Lumix de Panasonic bien auparavant surtout avec les séries GM et GX maintenant disparues du catalogue courant des produits offerts par le manufacturier. Les modèles GX7, GX8, GX85 et GX9 représentèrent plus particulièrement le summum de cette série.

Le Panasonic Lumix GX9, le dernier de cette série GX, est un peu la sommation de toutes les caractéristiques vues dans les modèles antérieurs avec l'exception de l'avantage oubliée de la résistance du boitier aux intempéries qui était présente sur le modèle GX8. 


Coté design, le Lumix GX9 est à l'image des autres produits Lumix, i.e. discret, efficace, neutre dans ses rendus iconographiques standards et surtout assez éloigné en terme de fascination visuelle du boitier comparativement à son cousin Olympus Pen-F dont il n'a pas connu le même succès critique que ce dernier. Et pourtant ils sont dotés tous les deux du même capteur numérique MFT de 20 Mégapixels, de la même monture d'objectifs, du même système flash externe, entre autres analogies. Leur viseur respectif offre une définition similaire bien que celui du GX9 est quant à lui orientable vers le haut pour une plus grande flexibilité dans la tenue en main de l'appareil et offre une définition plus fine de 2.76k versus 2.36k pour le Pen-F. Dimensions et poids sont également très semblables.

Coté interface, l'avantage du GX9 est de regrouper l'essentiel de ces commandes physiques vers la droite du boitier et d'avoir un menu beaucoup plus intuitif et accessible à priori pour son utilisateur. Bien sûr, à l'usage, les deux modèles Olympus Pen-F et Panasonic Lumix GX9 se valent tant en utilité qu'en agrément une fois que leurs utilisateurs respectifs sont bien familiarisés avec l'appareil. Tout de même je souligne le levier de commande directe du type de mise au point* situé à l'arrière du Lumix GX9 bien pratique pour une permutation rapide et facilement vérifiable. L'écran arrière un peu plus défini du GX9 (1240k contre 1037k pour le Pen-F) est inclinable vers le haut ou vers le bas du Lumix GX9 est apprécié de ceux et celles qui aiment bien varier leur position de visée sur le terrain sans entrainer une trop grande extension physique du boitier comme celle observée avec l'écran complètement orientable du Pen-F. 

La tenue en main du Lumix GX9 est à l'image de tous ces modèles d'appareils ayant un viseur électronique décentré, i.e. typique d'un boitier-brique sans grande préhension pour la main droite malgré l'effort notable et bienvenu de Panasonic d'introduire une mini protubérance offrant une prise en main plus sécurisante que le Pen-F. Cependant un certain nombre de poignées optionnelles peuvent se greffer au GX9 et sont offertes tant par Panasonic que par des fournisseurs indépendants comme JJC. D'autre part le pouce de la main droite de l'utilisateur du Lumix GX9 peut s'appuyer sur une petite protubérance à l'arrière du boitier et pour plusieurs réglages sont accessibles de ce coté de l'appareil. À noter également que certaines touches de commandes peuvent être re-configurées chez ce GX9.


Le capteur numérique MFT de 20Mp du GX9 étant stabilisé (IBIS) et pouvant l'être en tandem* avec celui d'une optique Panasonic Lumix G approprié (OIS), l'appareil répond bien à plusieurs situations de faible luminosité. Globalement, l'impression générale de la tenue en main du Lumix GX9 est qu'elle correspond bien à cette classe d'appareils photo numériques compacts à viseurs décentrés à la "rangefinder", i.e. moins encombrant, plus discret mais aussi plus pointu à utiliser compte tenu de la faible dimension du boitier et des commandes de contrôle plus petites et moins distancées.

La visée électronique (EVF) du Lumix GX9 est surprenante de confort et de précision et son option pivotante vers le haut* très commode, en fait, beaucoup plus pratique qu'on le penserait au départ. On peut s'y référer parfaitement pour une mise au point manuelle et les informations du viseur sont très complètes et peuvent être configurées. L'écran arrière inclinable est à l'avenant et son affichage, lui aussi, peut être configuré.


Le Lumix GX9 utilise un pile-accu BLG10E dont l'autonomie est plutôt restreinte par rapport à d'autres du même type au lithium. Il est préférable se prémunir d'une pile-accu supplémentaire pour éviter les arrêts d'alimentation intempestifs. Le compartiment de la pile-accu sert également d'espace pour insertion de la  carte mémoire SD unique, solution de compromis souvent liée aux contraintes de la dimension compacte du boitier mais pas vraiment appréciée par plusieurs utilisateurs qui privilégient le transfert direct de la carte mémoire via un port d'ordinateur ou de tablette, la manipulation de la carte étant plus difficile et moins assurée. Le flash intégré du Lumix GX9* est une excellente solution de dépannage pour un"fill-in" de courte distance du sujet et la possibilité d'utiliser un flash externe d'appoint ayant sa propre source d'alimentation demeure toujours une option valide.

Le rendu iconographique du Lumix GX9 reste à l'image de tout ce qui est généré par les appareils photo Panasonic issus de la série G de format MFT. Une certaine neutralité de la palette des couleurs tend à les caractériser alors que leur modes monochromes ou noir et blanc sont certainement l'un de leur point fort les plus recherchés et cela depuis plusieurs années maintenant. Avec une définition de 20Mp, ce capteur numérique se situe dans le haut de gamme du format Micro Quatre Tiers. Si on on se limite au réglage de la sensibilité dans la page entre ISO 200 et 800, on optimise efficacement ses résultats et même au delà jusqu'à ISO 3200, ceux-ci demeurent utilisables. Les différents modes d'exposition du Lumix GX9 se présentent suivant la nomenclature classique P-A-S-M, i.e. du mode entièrement automatisé à celui de la sélection manuelle des paramètres de vitesse d'obturation et de choix de l'ouverture de l'objectif, avec l'ajout de mode préprogrammés à effets, à styles, panoramique et d'assistance de l'intelligence artificielle (AI) sans oublier le mode entièrement personnalisable (Custom). 

Beaucoup d'autres options de prises de vues peuvent être configurées avec le Lumix GX9 tant via les commandes directes de l'appareil que par son menu présenté sur l'écran arrière ou dans le viseur. On peut aussi utiliser une tablette ou un mobile pour ce faire à l'aide de l'apps Panasonic approprié et la fonction de connectivité sans fil WiFi ou BlueTooth incorporée au Lumix GX9. Pour plonger dans ce vaste univers des possibilités du GX9, une exploration plus studieuse du livret (virtuel) d'opération basique et approfondi est recommandé pour tout utilisateur intéressé. Comme d'habitude dans ce blog, ce court survol du Lumix GX9 ne traite pas des fonctionnalités propres au tournage vidéo.

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Depuis l'introduction du Olympus Pen-F en 2016 et de celle du Panasonic Lumix GX9 deux ans plus tard, j'ai eu le privilège d'utiliser ces deux modèles successivement et pendant une bonne période de temps dans chaque cas. Je ne considère qu'aucun de ces deux modèles ne surpassement significativement l'autre en ce qui concerne leur performance en photographie numérique (ce qui est vraisemblablement autre chose pour leurs attributs cinématiques compte tenu de l'expertise de Panasonic dans ce domaine et de la sortie plus récente du GX9). Comme appareil compact à viseur décentré, et le GX9 et le Pen-F se ressemblent mais d'un point de vue plus pratique, le viseur électronique (EVF) du Lumix GX9 est sensiblement et techniquement supérieur à celui du Pen-F. Cette vertu est, à mes yeux tout le moins, importante pour le photographe spontané qui recherche une facilité à composer son image en utilisant prioritairement la technique du viseur ou de la visée par l'écran arrière qui est un peu plus défini chez le GX9. Enfin pour faire justice en tout, soulignons que l'Olympus Pen-F gagne haut la main la palme du meilleur look vintage sans contredit!

Étant utilisateur à la fois des modèles Panasonic Lumix GX9 et Lumix G95(D), j'apprécie les deux écoles de pensée à l'origine de leur design très différent. En photographie sportive et animalière, le Lumix G95(D) constitue certainement le choix premier et de même quand les conditions climatiques ou le contexte deviennent plus hasardeux. Pour sa part, en photographie de voyage ou déambulatoire (street), l'avantage de discrétion et de compacité du Lumix GX9 est indéniable. Ces deux types d'appareil photo numérique sont éminemment complémentaire pour le ou la photographe traditionaliste dans son équipement.  

Il est maintenant impossible de se procurer un Panasonic Lumix GX9 à l'état neuf à moins d'un miracle plutôt  improbable et il vous faudra en dénicher un de seconde main et, même là, les tarifs demandés pourraient vous surprendre mais avec une recherche opiniâtre, vous serez peut être en mesure d'en trouver un plutôt qu'un modèle Olympus Pen-F par exemple. Ainsi, j'ai réussi à le faire en 2024 pour un prix représentant moins de la moitié de son tarif original et cet appareil en particulier avait été très peu utilisé avec moins de 400 prises de vues ce qui est exceptionnel dans les circonstances. Il suffit de se rappeler que les niveaux tarifaires d'aujourd'hui dans le marché de l'usager reflètent comme dans bien d'autres domaines  de consommation, une combinaison à la fois d'une hausse de la demande et d'une baisse de l'offre pour ces produits. 

Que conclure à propos du Panasonic Lumix GX9 si ce n'est qu'au delà de sa versatilité et de sa performance, il reste vraiment un appareil compact discret bien adapté à un usage flexible et ludique tant pour le photographe baladeur que pour l'artiste photographe. 

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* Non-offert avec l'Olympus Pen-F

Photos Daniel M: Panasonic Lumix G95(D) / G Vario 12-60mm F3.5-5.6 Power OIS (Illustrations) & Lumix GX9 / G Vario 12-60mm F3.5-5.6 Power OIS (Exemple noir et blanc)

30 avril 2024

C'est la faute à ...


 On entend souvent
attribuer la difficulté de réaliser une photo techniquement réussie de par sa mise au point et son exposition, en mettant en cause le mauvais fonctionnement ou tout simplement l'incompétence technique de l'appareil photo. Évidemment, nous savons aussi mais ne l'avouons pas toujours, que l'erreur originelle dépend aussi souvent d'une mauvaise utilisation ou d'une méconnaissance des limites de ce dernier par son opérateur. Qu'en est-il vraiment aujourd'hui en cette nouvelle ère de l'intelligence artificielle et des prouesses de l'avancée technologique de l'équipement photo traditionnel ou non. Voici un survol rapide de certains éléments déterminants dans la réussite d'une belle photo.

Mais d'abord un mot de nos "commanditaires", i.e. les équipementiers, sur les limites techniques et d'interprétation des appareils photo numériques actuels. En une phrase, on peut dire que leurs performances sont aujourd'hui exceptionnelles si l'on les compare avec les anciens appareils de l'ère argentique et ces améliorations sinon ces complètes mutations peuvent être observées à tous les niveaux de la pratique photographique. Nous pourrions même ajouter que pour "rater" une photo complètement, il faut ou bien être vraiment de mauvaise foi sur la configuration initiale de l'appareil ou encore particulièrement malchanceux ou négligent. Ceci étant dit, passons maintenant aux choses sérieuses.

Mise au point et netteté du sujet (profondeur de champs et mode d'exposition). On peut dire que la netteté d'un sujet est souvent le point de mire (ou d'attention) que l'oeil de l'observateur capte en priorité. à l'inverse les zones de floue ont plutôt un rôle contextuel dans l'interprétation de l'image. Il s'agit donc pour l'auteur-photographe de bien définir les parties du sujet et de son environnement qui seront bien définis ou au contraire moins nettes. Il y a certes la mise au point en tant que tel à perdre en considération et l'appareil photo numérique peut effectuer cette opération dans la mesure ou on lui indique proprement l'endroit pour ce faire et l'efficacité des systèmes automatisés reste exceptionnelle par rapport à une mise au point faite visuellement et manuellement. Ce point focal représente le centre de netteté qui peut s'élargir en fonction de l'ouverture choisie pour l'objectif de prise de vues. Certains modes (scènes) automatisés pourront même appuyer de façon pertinente le ou la photographe dans cette démarche qu'il s'agisse de paysage, de portrait, de photo d'action, etc. 


Style photo (palette chromatique et effet) et exposition. Avant même de porter l'oeil au viseur électronique (EVF) ou à l'écran (LVF) de l'appareil photo, il faut tout de même indiquer à ce dernier quel sera le style d'image qui nous conviendra d'utiliser pour la captation du sujet. Traditionnellement le noir et blanc ou la couleur était les deux grandes alternatives offertes par la photographie argentique sur pellicule. Cette dernière pouvait aussi  se décliner en diverses interprétations chromatiques ce qui est assimilé aux simulations de film de maintenant et qui font parti de ces styles d'image pouvant être programmés à priori de la prise de vues dans l'appareil photo numérique. À cela s'ajoutent aussi toute une gamme d'effets spéciaux qui remplacent les filtres optiques et les manipulations de laboratoire d'autrefois en argentique. 


Cadrage et composition. C'est vraiment votre cadrage et l'angle de prise de vue qui pourra définir le mieux  la composition de votre image. L'ordre, la proportion et la perspective de votre sujet et de son contexte seront les éléments-clés et en cela votre appareil photo ne pourra vous être vraiment utile à vous suggérer une composition particulière parmi d'autres. Ce que vous mettrez dans votre canevas photographique demeure votre entière responsabilité. 


Sensibilité (ISO) et texture de l'image. Avec l'avènement de la photographie numérique, plusieurs ont tendance à ne plus considérer la matière première de l'image captée, i.e. sa texture engendrée par par la multitude des points pixels qui composent celle-ci. Toute image photographique est composée essentiellement par la présence du grain argentique ou encore par la trame des points numériques (pixels). Ces deux derniers contribuent à créer une texture plus ou moins perceptible de cette image. Règle générale, plus la sensibilité (ISO) utilisée pour le film ou programmée pour le capteur numérique, plus cette "texture" devient évidente et souvent associée au bruit numérique dans le dernier cas. Alors qu'en argentique, on acceptait sa présence inévitable selon le contexte de prise de vue, il semble qu'à l'ère du numérique on cherche à la prévenir sinon l'abolir mais l'adéquation entre la sensibilité (ISO) et la texture de l'image enregistrée demeure toujours présente malgré toutes les prouesses technologiques actuelles. 


Moment décisif et point final. En viendrons-nous avec l'affinement de l'intelligence artificielle à laisser à notre appareil photo le choix final de son déclenchement? Peut-être car ce n'est qu'une question d'apprentissage culturel à intégrer dans le développement de cette dernière (IA). Entretemps cette décision déterminante du moment de prise de vue reste la responsabilité du photographe biologique que nous sommes. Ce déclic décisif représente souvent l'élément clé de l'impact de notre image captée. Moment privilégié d'une expression fugace du sujet humain ou non, l'anticipation et l'entrainement du photographe contribue fortement au succès de la démarche créatrice. 

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J'entend trop souvent que les limites de nos appareils photo sont responsables de nos déconvenues photographiques mais quand on y réfléchit plus profondément et qu'on analyse froidement les tenants et aboutissants de notre recherche et nos réalisations iconographiques, on voit bien qu'il y a toujours place à s'améliorer dans une meilleure compréhension de notre sujet, de son contexte, de son évolution et de l'interprétation qu'on veut lui prêter. Quant à "C'est la faute à qui?", un peu d'introspection et beaucoup d'humilité peuvent certainement nous aide d'une précieuse aide. 

Photos Daniel M

16 avril 2024

Retour à la m(r)aison: le Panasonic Lumix G95(D)



 Le Panasonic Lumix G95(D) a déjà fait l’objet d'un certain nombre d’articles dans ce blog et plus encore si vous y ajoutez ceux traitant de son prédécesseur, le populaire Lumix G85. Le modèle est en soi un achat très sensé tant pour ses performances, sa durabilité, son format plutôt compact et son tarif d’acquisition modéré neuf ou usagé. Il est souvent offert en combinaison de l’objectif Lumix G Vario 12-60mm F3.5-5.6 Power OIS qu’on peut considérer comme une optique compétente, polyvalente et résistante aux intempéries au même titre que le G95(D) d’ailleurs. Bref un ensemble très équilibré. 

Perso, j’ai toujours eu un petit faible pour l’ergonomie, le design et l’interface des produits Lumix de Panasonic dont une lointaine parité germanique semble à mes yeux évidente. De plus, cette série informelle du G85, G95 et G95D à la fois au design "Bauhaus" et toujours abordable est certainement une des meilleures illustrations que chez les plus modestes se retrouvent parfois des petits bijoux d'ingéniosité. De retour de mes séjours annuels en Guadeloupe, j’ai bien réalisé que parmi les trois fabricants d'appareils à avoir été expérimentés là-bas, soi Fujifilm, Olympus et Panasonic, la gamme Lumix représente toujours mon véritable coup de coeur pour la sobriété et la pertinence tout-terrain de leurs produits.*


Jouons cartes sur table à ce stade de la discussion car il est certain que d'autres modèles à vocation plus professionnelle sont déjà disponibles chez ces trois manufacturiers (Fujifilm, Olympus et Panasonic) et possèdent des caractéristiques supérieures au Lumix G95(D). Il va de soi que leurs dimensions et leurs poids relatifs sont souvent accrues de même que leur tarif d'acquisition respectif. À contrario cependant, le facteur de compacité demeure essentiel pour un usager comme moi qui déteste maintenant se lester d'un équipement photo encombrant et lourd qui génère parfois plus de fatigue que de créativité au final. Bref c'est comme une espèce de quadrature du cercle que je n'ai jamais résolu pendant toutes ces années de pèlerinage en équipement photo.

Quand Panasonic a introduit le Lumix G85 en 2016, plusieurs ont considéré ce modèle comme le summum de l'appareil hybride à objectifs interchangeables (photo-vidéo). Si ce n'était de son ancien capteur de 16 Mégapixels, le G85 demeure toujours aussi pertinent aujourd'hui, en faisant abstraction de certaines petites mises à jour en terme de connectivité qui seraient appréciées. Le Lumix G95(D) jouit quant à lui de ces mises à niveau avec un capteur d'images numériques de 20MP et un boitier au dessin légèrement retouché. La préhension de ce dernier est rehaussé par l'utilisation d'un revêtement à l'adhérence plus prononcé. Pour le reste, le Lumix G95(D) s'harmonise des mêmes accessoires optionnels tels la poignée d'alimentation ou la gamme des flashes externes que son prédécesseur le G85.


 En performances iconiques pures, le Lumix G95(D) est très prévisible et sa palette de couleurs, rendu JPEG, reste neutre. Par contre ses interprétations monochromes sont tout simplement exceptionnelles et diversifiées. Si la photographie en noir et blanc vous est prioritaire, ce G95(D) saura certainement vous plaire et stimuler votre créativité à cet égard. Ce trait de caractère se retrouve bien entendu dans toute la gamme des autres appareils numériques Lumix. 


En terme d'interface, le Lumix G95(D) propose l'architecture maintenant traditionnelle introduite par les SLR est D-SLR des dernières décennies avec une sélection des modes d'exposition de type P-A-S-M bonifiée des modes iA, Style, Scène, Custom (X2) et, bien entendu, Vidéo. Trois contrôles rotatifs multi-fonctionnels sont présents tout comme des boutons-poussoirs à accès direct pouvant être reconfigurés. De même l'écran arrière orientable est entièrement tactile et le menu est facile d'accès et surtout compréhensible. Le type de mise au point peut être directement sélectionné à l'arrière du boitier. Bref, cet interface d'utilisation est un modèle du genre même si on note l'absence d'une manette multi-fonctionnelle (Joystick) cependant bien remplacé par une rondelle de contrôle arrière très versatile. La définition du viseur électronique est suffisante pour réaliser une mise au point manuelle et les informations affichées sont nombreuses et correctement positionnées. La réactivité du Lumix G95(D) est surprenante et sa discrétion au déclenchement est également exemplaire. Toutefois son autonomie (alimentation) est juste et l'achat d'une pile-accu supplémentaire est recommandable tout comme l'ajout éventuel de la poignée d'alimentation optionnelle (DMW-BGG1). À noter que le G95(D) peut aussi être alimenté par un bloc accu externe via sa connection USB. Le G95(D) n'utilise qu'une carte mémoire de format SD.

À l'usage, la vocation "tout-terrain" du Lumix G95(D) demeure un élément-clé de son succès. Certes ce n'est pas le modèle en format de capteur numérique MFT le plus compact et le moins lourd mais sa préhension exceptionnelle hiver comme été (avec ou sans gants) compense largement ce constat. Cependant la dimension plus petite de son capteur commande au photographe d'apporter un soin plus particulier dans la composition finale de son sujet pour éviter les retouches plus prononcées de cadrage en post-traitement de l'image. La présence du système interne de stabilisation d'image est aussi un facteur important pour le choix du G95(D). Dans la mesure du possible il faut privilégier la sélection d'une sensibilité moins élevée, de 200 à 800 ISO par exemple, pour optimiser les performances du capteur numérique. 

Le Lumix G95(D) est aussi un appareil photo compact très modulable avec les ajouts optionnels d'un poignée d'alimentation interactive (contrôles et déclenchement), d'un flash électronique externe avec alimentation (AA) indépendante et éclairage de soutien, des prises de connexion microphone, écouteurs, télécommande, port USB et HDMI, bref plusieurs possibilités de rehaussement technique. Si on le compare avec la gamme OM-System / Olympus, le G95(D) se situe entre leurs modèles OM-1 (OM-D E-M1 II & III) et OM-5 (OM-D E-M5 III), i.e. pas tout à fait un véritable appareil photo de niveau professionnel mais certainement de calibre pour amateur avancé et enthousiasme (ou pour un ancien professionnel à la retraite!).

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Que conclure de ce retour à la maison et au format de capteur d'images MFT en disant simplement que le Panasonic Lumix G95(D) facilite bien les choses. 😉

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* En toute honnêteté, les images obtenues cette année en Guadeloupe avec le Fujifilm X-T30 II étaient excellentes et ce dernier s'est avéré un outil photographique très compétent. Cependant son ergonomie et son interface moins accessible ainsi que l'absence de la caractéristique de résistance aux intempéries ont constitué des irritants déterminants pour le remplacement du X-T30 II au profit du Lumix G95(D). De plus, les optiques trans-standard compactes du système Micro Four Third offrent également une meilleure sélection d'objectifs particulièrement pour le photographe voyageur qui recherche discretion et versatilité.

Photos Daniel M: Panasonic Lumix G95(D) / Lumix G Vario 12-60mm F3.5-5.6 Power OIS / Leica DG Vario-Elmarit 12-60mm F2.8-4 ASPH Power OIS 

01 avril 2024

Imprévisible


 Avec chaque pélérinage photographique planifié, prévu ou anticipé, il subsiste toujours une certaine dose d’improvisation face aux facteurs changeants du contexte et du sujet traité. Il est vrai que tout photographe qui se respecte est à la recherche de l’appareil photo idéal et de l’approche technique infaillible suivant une perspective de réaliser l’image exceptionnelle. Et voilà que sur le terrain et dans le concret de la situation, les plus grandes certitudes volent parfois en éclats! 

À l’époque de la photo argentique, plusieurs d’entre nous limitaient au maximum la variance des facteurs décisifs de la prise de vue. Par exemple avec le choix de la pellicule photographique et de son traitement ou développement, ou encore par la présélection des paramêtres d’exposition comme le temps de pose ou l’ouverture du diaphragme de l’objectif, ou encore par une mise au point sélective, etc. La composition finale de l’image enrégistrée et le moment de prise de vue demeurant les tous derniers facteurs à considérer.

On ne peut négliger l’aspect imprévisible de la photographie malgré tous ces efforts constants de préparation. et j’oserai dire heureusement car c’est souvent un élément essentiel de la spontanéité du sujet photographié qui engendre son coté unique et original. Oui il faut saluer la chance quand elle se présente ainsi et qu’elle sublime en quelque sorte le travail du photographe. Après tout, ce dernier ou cette dernière n’est qu’en fait le témoin volontaire ou non de son environnement et son équipement n’est que l’extension momentanée de cette observation avec toutes ses limites techniques et, j’ajouterais aujourd’hui, sa part d’interprêtation en cette ère d’intelligence artificielle.

Bref, l’improvisme est peut-être le sel de la photographie spontanée et sans complexe.

iPhone Photo Manon P

26 mars 2024

Le Mémorial ACTe à Pointe-à-Pitre, Guadeloupe



 Ce sont peut-être des pages d’histoire et pourtant cela ne signifie aucunement que toute ségrégation sociale soit effacée de nos sociétés modernes. Tout est maintenant enrobé d’une hypocrite subtilité qui nous interdit une plus flagrante dénonciation de non-respect de l’égalité entre les humains peu importe leur origine ethnique, culturelle ou social-économique.


En visitant le superbe Mémorial ACTe (Centre caribéen d'expressions et de mémoire de la Traite et de l'Esclavage) situé à Pointe-à-Pitre en Guadeloupe, on réalise o combien était profond ce racisme qui justifiait l’exploitation humaine par une pseudo élite politico-religieuse bien pensante. Et l’étendue de l’esclavagiste à travers les ages, les continents et les sociétés reste toujours une actualité dérangeante pour plusieurs d’entre nous. 

Qu’on se le dise, ceux et celles qui se proclament les patriciens modernes d’un sectarisme camouflé de droite, ne sont au fond que l’expression d’une grande insécurité et souvent d’un complexe d’infériorité refoulé. Et on peut penser à beaucoup d’exemples contemporains. Il n’en demeure pas moins que ces ponts essentiels entre humains de tout azimut restent encore à bâtir et à se renforcer.

Photos Daniel M