11 juillet 2026

Le "premier" grand-angle: Olympus/OM System M.Zuiko ED 12mm F2 Premium


 D'un certain point de vue historique, l'objectif M.Zuiko ED 12mm F2 d'Olympus a été une optique emblématique en ce qu'il se démarquait lors de son introduction en 2011 de tout ce qui constituait alors la gamme des objectifs du manufacturier pour le format d'image numérique Micro Four Third ou µ43. Sa construction, son fini argenté et son esthétique rappelait celle des premiers objectifs 35mm film et tout contribuait à lui conférer un statut particulier au point même qu'on en fit des coffrets associés avec un autre produit d'exception, l'Olympus Pen-F.

Bien sûr, l'objectif M.Zuiko ED 12mm F2 n'a pas été ni le véritable premier grand angulaire de la gamme (Cet honneur reviendrait plutôt au M.Zuiko 17mm F2.8 introduit en 2009), ni le seul grand angulaire faisant parti de la gamme optique en format Micro Four Third ou µ43. Mais pour un ancien disciple convaincu comme moi de la pertinence de l'optique de 24mm adaptée à l'ancien format de film 135 (35mm), son angle de champs de 84 degrés reste une caractéristique fétiche pour cette longueur focale élargie. Certains vous diront que le 12mm en MFT est même le premier véritable grand angle digne de ce nom et c'est pourquoi on le retrouve souvent comme la limite focale inférieure des objectifs-zoom Pro comme avec les 12-35mm, 12-40mm, 12-45mm, 12-60mm et 12-100mm tant chez Olympus / OM System que chez Panasonic Lumix G.


Visuellement le M.Zuiko ED 12mm F2 est très compact et fut longtemps disponible exclusivement en livrée argentée. Avec un poids-plume de 130g et un diamètre de filtre-accessoire de 46mm, il mesure à peine 4,3 cm de longueur. Son pare-soleil dédié LH-48 de forme carré était cependant optionnel, onéreux et requérait un montage par resserrement d'un collet. Sa construction était métallisée et l'objectif n'était pas catégorisé à l'épreuve des intempéries (AW) et ne l'est toujours pas à ce jour (2026). Il n'avait pas et n'a toujours pas de stabilisation optique interne. De plus son tarif élevé d'acquisition a été longtemps un obstacle majeur à sa popularité.

Sa bague de mise au point manuelle peut être activé par un ingénieux système (clutch) permettant un enclenchement avant-arrière du barillet et les échelles des distances et de la profondeur de champs sont visibles en position manuelle. Avec une ouverture maximale de F2, le M.Zuiko ED 12mm s'adapte à plusieurs conditions d'éclairage et évite souvent l'utilisation d'un support-trépied en faible luminosité. 


Le M.Zuiko ED 12mm F2 est peut être l'optique contextuel de proximité du sujet par excellence. Malgré son champs visuel élargi de 84 degrés, il conserve une certaine prévisibilité de perspective qui permet au photographe de l'appréhender sans pour autant garder l'oeil constamment à travers le viseur, une qualité indéniable en situation de reportage et documentaire comme en voyage. En lui combinant une bonne profondeur de champs, l'objectif encourage la spontanéité de déclenchement avec une zone de netteté accrue.

En situation de prise de vue, le M.Zuiko ED 12mm F2 se comporte avec une belle réactivité en parfait accord pour une optique au déclenchement opportuniste. Il n'est pas exempt de distorsion optique (barillet) et d'aberrations chromatiques (débordements) mais le logiciel interne de l'appareil photo en corrigera l'essentiel si vous utilisez les formats de fichiers d'image JPEG (ce qui n'est évidemment pas le cas en RAW). La netteté sera maximale au centre de l'image et peut s'améliorer en choisissant de refermer un peu le diaphragme de l'optique vers F2.8-5.6. Le rendu chromatique du M.Zuiko ED 12mm F2 s'accorde avec celui des autres objectifs de cette série Olympus/OM System. En situation  de  prise de vue architecturale, il est préférable de soigner sa position face au sujet et éviter la plongée ou la contre-plongée afin de conserver la parallélisme des lignes de fuite traditionnelles (à moins que ce soit l'effet recherché).

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Ce que l'utilisation d'un grand angle comme le M.Zuiko ED 12mm F2 peut apporter au photographe, c'est une certaine éducation dans notre perception de l'organisation des espaces pour la composition de nos images. En soignant plus nos agencements entre les différents plans de cette image (avant-plan, plan moyen et arrière-plan), on encourage l'oeil de l'observateur à balayer tout le contexte d'un sujet et à s'interroger sur son propos. Oui, un grand angulaire peut être une optique moins facile à maitriser à prime abord mais il peut participer à une certaine éducation de l'art de photographier de façon plus "environnemental" si je puis dire.

Un autre aspect de l'usage du M.Zuiko ED 12mm F2 est son exigence de proximité du sujet principal qui peut entrainer un meilleur "contact" avec le sujet et proposer au photographe une meilleure compréhension de celui-ci. Encore là la facilité d'espionner à distance le sujet comme un téléobjectif peut si bien le faire, est parfois remplacée par une socialisation quasi inévitable que demande le grand angulaire afin de s'immerger dans le contexte de la prise de vue. Bref un rapprochement qui peut être salutaire à plusieurs égards. Ici une plus grand profondeur de champs apparente reste aussi un atout indéniable.

Le coté créatif du M.Zuiko ED 12mm F2 est sans contredit une autre avantage qui plaide pour le choix de cette optique. C'est tout un univers de formes et d'espaces qu'on peut explorer au gré des angles d'attaque en prise de vue pour représenter le ou les sujets photographié(s). Encore là, il y a place pour un apprentissage dans la manipulation et l'anticipation de l'objectif. Tout espace photographié peut potentiellement présenter un intérêt particulier dans la mesure les lignes de fuite imaginaires s'organise harmonieusement dans un théâtre visuel d'impact. 

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Ce bref plaidoyer en faveur du M.Zuiko ED 12mm F2 ou de tout autre objectif grand angulaire du même type, avait surtout pour but de proposer un "élargissement" de nos horizons photographiques en prise de vue et une approche du sujet plus socialisante et plus contextuelle. Au demeurant, tout cela reste l'affaire du photographe, n'est-ce pas?

Photos Daniel M

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