Il arrive parfois que je procède impulsivement à une "vente de feu" grâce à laquelle je fais table rase de tout mon équipement photographique sous différents prétextes qui, avec le temps, peuvent se répéter consciemment ou non. C'est une forme de purgation de mon esprit qui permet de repartir techniquement et artistiquement au point zéro. Je jongle constamment entre les systèmes de format de capteur d'images numériques µ43 et APS-C. Les deux m'attirent invariablement pour différentes raisons de dimensions, d'ergonomie, de fonctionnalités ou encore de performances iconiques. Et d'un changement se créée un renouvellement d'intérêt à réaliser des sujets anciens ou inédits.
En ce moment, il s'agit d'un nouveau retour vers la gamme APS-C proposée par Fujifilm et sa série emblématique X. Ce compagnonnage n'est pas le premier et on peut remonter jusqu'au modèle X-E2 il y a plus de douze ans. Il est vrai que j'adore les rendus en Jpeg de Fujifilm tant en couleur qu'en monochrome. Ils sont tout simplement sublimes à mes yeux. De plus, en faible lumière, cette série X donne des résultats étonnants surtout depuis l'incorporation de la stabilisation du capteur dans le boitier, fonction d'abord apparue avec le modèle pro X-H1, une bête de somme époustouflante mais d'un encombrement assez particulier.
Bien que j'ai apprécié plusieurs déclinaisons Fujifilm X-T (10, 20 & 30) et X-E (2, 2S, 3 & 4), c'est la série des X-S (10 & 20) qui retient mon vote actuel par sa configuration plus moderne P-A-S-M et son esthétique spartiate. D'autre part, l'aspect plutôt sévère des modèles X-S20 et de l'ancien X-S10 exerce chez moi une certaine séduction par son caractère dépouillé et "Bauhaus". En fait leur versatilité se cache dans les multiples configurations possibles de l'interface de contrôle de ces appareils. Une fois compris, expérimenté et dûment paramétré via les modes Custom (il y en a quatre!), un X-S20 devient un outil pratique, bien adapté et simple à opérer.
Avant d'approfondir les vertus proclamées de la gamme X de Fujifilm, il faut souligner ses carences en termes d'ergonomie avec des dessins d'appareils aux carrures prononcées et plutôt inconfortables à manipuler surtout pendant de longues périodes de prises de vue. Il semble que les nouvelles versions deviennent petit à petit plus arrondies et, se faisant, plus agréable à tenir. D'autres éléments irritants comme l'absence d'accès direct à certaines fonctionnalités ou encore une mise au point automatique moins performante au suivi (Tracking) du sujet ayant des mouvements erratiques (Ouf!) et d'autres bal-bla-bla critiques de certains chroniqueurs dits experts du Web du domaine de l'équipement photographique. Pour ses messieurs et ses quelques madames, nous leur disons simplement de faire de la photo et de s'adapter à leurs outils sans en changer constamment.
Si on exclut la série X-H de la gamme X de Fuji, la plupart des modèles d'appareils offerts ont des dimensions physiques assez compactes. Malheureusement on ne peut en dire autant de tous leurs objectifs XF ou XC et c'est là où le bât peut blesser parfois. Certaines optiques comme l'ancien XF 18-55mm F2.8-4 R LM OIS sont pourtant des modèles du genre alors que d'autres comme le XF16-55 F2.8 R LM WR sont des objectifs-monstres à soutien musculaire prononcé bien que Fuji ait fait dernièrement un nouvel effort de réduction à cet effet avec une nouvelle version II. Par contre, sauf exception, la qualité de construction de ces optiques reste exemplaire et rassurante pour l'utilisateur.
Sans jouer les rabat-joie à l'égard d'un format de capteur d'images numériques versus un autre, il est évident que chacun d'entre eux a un rendu et une définition qui lui sont particuliers. Et comment ne pas être conquis par ceux-ci (rendus) offerts par Fujifilm via ses simulations de film et pour l'ancien adepte de l'argentique que je suis d'autant plus que les pellicules de Fuji formaient une bonne partie de mon arsenal de pellicules d'alors. Ici, on comprend que nous ne parlons plus d'objectivité analytique mais plutôt d'impressions toutes personnelles. De même les simulations de films monochrome et en particulier celles prénommées Acros sont tout simplement époustouflantes dans leur contraste et dans la profondeur de leurs nuances reproduisant (to replicate) celles recherchés par les adeptes du "fine printing" si cher aux fans d'Ansel Adams.
Pour mon compte-rendu complet concernant le modèle X-S20, vous pouvez consulter ce lien. Tant en balade photographique qu'en assignation professionnelle, le Fujifilm X-S20 s'avère un outil compétent, facile d'emploi et très performant. En faible luminosité, je le qualifierais comme le meilleur compact dont j'ai eu l'usage à plus long terme (je ne doute pas qu'un boitier ayant un capteur d'images numériques de plus grande dimension serait encore plus supérieur à cet égard 😉). L'autonomie de sa pile-accu dédiée NP-W235 est remarquable même si elle peut servir parfois de chauffe-main droite involontaire... La stabilisation incorporée au capteur du boîtier permet l'utilisation d'objectifs de tout genre sans perdre cet avantage indéniable pour la qualité finale des images enregistrées sur le vif. Enfin le X-S20 offre des options efficaces pour paramétrer l'appareil allant du mode complètement automatisé intelligent (AUTO) à celui vous permettant une configuration personnelle totale (Focus, ISO, Obturation, Ouverture). Il ne faut pas se gêner de créer des modes personnalisés (C1-C2-C3-C4) à cet effet.
Un autre des aspects importants à considérer dans le choix d'un système photographique demeure la sélection des optiques offertes. La gamme Fujinon X et surtout dans sa version originale XF répond bien, même si certains objectifs XF soient notoirement moins compacts et relèvent beaucoup plus d'une philosophie ancienne propre à l'équipement de vocation professionnelle. Je souligne entre autres l'excellent Fujinon XF16-50mm F2.8-4.8 R LM WR avec sa mise au point et son zoom internes, qui se substitue au légendaire XF18-55mm F2.8-4 R LM OIS bien que j'aurais souhaité qu'il conserve la stabilisation optique de son prédécesseur. Le Fujifilm X-S20 s'harmonise très bien à l'utilisation d'objectifs à focale fixe en vertu de sa stabilisation incorporée au boîtier. Sur un plan personnel, j'utilise souvent des objectifs à focale fixe Viltrox avec un succès remarquable en situation de faible éclairage lors de conférences ou de représentations-spectacles par exemple.
Depuis mon premier boitier Fujifilm X-E2 ou X-T10, beaucoup de nouvelles versions se sont succédé avec un raffinement évident mais à travers toutes ses évolutions, Fuji a su conserver une certaine approche qui a ravi ses plus ardents supporteurs peut-être parce qu'elle représentait une vision photographique plus classique ou plus traditionnelle. Et nous leur en sommes gré de ne pas avoir trop perverti cette approche face aux désiratas d'une certaine critique "pleine formate" et de maintenir un engagement clair et franc au format de capteur d'images numériques APS-C.
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Le goût d'expérimenter avec plaisir et ... avec succès! C'est peut-être le meilleur hommage que je peux offrir dans l'appréciation des différents modèles Fujifilm de leur gamme X APS-C. Plusieurs de leurs boitiers ont une personnalité qui leur est propre et demande au photographe de s'adapter avant de les endosser sans compromis. C'est pourquoi on parle souvent du coté culte et secte des usagers-initiés de la religion Fuji. Sans faire ombrage aux autres systèmes de photographie numérique, il est vrai que ces appareils et ces objectifs issus de Fujifilm ont une certaine personnalité qui les distinguent et c'est ainsi qu'on peut prétendre finalement "être sur son X".
Photos Daniel M




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