01 février 2026

Pérennité photographique à l'ère du numérique


 Tous reconnaissent l'extraordinaire grande capacité d'archivage des supports numériques et plus particulièrement en photographie. Et tous s'accordent de cette caractéristique se double d'un potentiel documentaire indéniable. Mais il y a aussi cet envers contradictoire à ce nouveau contexte, i.e. à la fois l'imprévisibilité que ces supports restent accessibles à très long terme et qu'il y est un auditoire intéressé à les consulter ne fut-ce que des intérêts historiques. Et c'est là où le bât blesse plus particulièrement pour un médium ou un art dit d'expression avant tout.


Comment tout petit photographe que nous sommes aujourd'hui, comment pouvons-nous au moins s'assurer que nos efforts ne soient pas totalement vains dans cette sphère de l'indifférence et de l'éphémère proposé par l'internet et la communication instantanée? Si certains se tournent vers un passé photographique représenté par l'époque argentique, si d'autres créent des sauvegardes s'adressant à des publics pour le moins incertains sinon inexistants et qu'enfin, si plusieurs tentent de faire rayonner leur expression iconique à travers le Web, comme pour ce blog d'ailleurs, l'impression au propre comme au figuré du moment décisif est pour le moins en danger de disparition complète.

Il n'y a pas de formule magique à ce dilemme qui est plutôt relié intimement à notre propre désir en société de préserver les témoignages du passé souvent et malheureusement perçu comme encombrants pour notre conscience réduite à l'équation du présent exclusif. Et c'est toute l'écologie de l'histoire documentaire de l'humanité qui semble vouloir passer à la trappe sauf pour quelques éléments décoratifs (fashion) souvent remodelé suivant la saveur du moment.

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Il nous reste peut-être une autre forme d'impression moins palpable et plus durable, c'est celle qu'engendre l'exposition à nos images les plus marquantes, celles dont l'impact s'inscrit dans nos mémoires biologiques et dont l'effet peut se transmettre entre nous, entre générations. Du tangible on provoque l'intangible. Et le pourquoi du photographe s'en trouve justifié par sa pratique, par son partage et par sa persistance. Influer sur une personne peut être plus productif que s'inscrire dans la masse de la conformité vite oubliée des pseudo-critiques de notre civilisation néo-médiatisée. Car le nombre de clics n'est rien à coté d'un seul vrai déclic!

Photos Daniel M