10 février 2018

Les "gros" chez les "petits"compacts: une tendance à contrario.

Crise d'obésité chez les compacts sans miroir à objectifs interchangeables!

Avertissement amical: le monsieur n'est pas content...!

N'est-ce pas la contradiction ultime de construire de nouveaux modèles d'appareils photo numériques dans des formats réduits de capteurs comme l'APS-C et le MFT et de gonfler leurs dimensions et leurs poids à un point tel qu'ils tutoient les traditionnels DSLR de format 24 X 36mm (ancien 135)? La question se pose plus d'actualité que jamais avec l'apparition des nouveaux modèles Fujifilm X-H1 et Panasonic G9 de haut de gamme. En effet un des objectifs premiers en créant ces nouveaux formats était d'offrir des ensembles d'appareils-objectifs diminutifs des anciennes et largement répandues combinaisons d'appareils reflex (optiques (1)) et de leurs objectifs.

Panasonic Lumix GM5 et son zoom Pancake 12-32mm:
 l'essence même d'un format MFT compact.
 Évidemment et par définition ce blog-photo fait modestement l'apologie des appareils compacts. La tendance actuelle démontrée par les manufacturiers me déprime un peu beaucoup. Panasonic avec ses séries GM, GM1 & GM5, et GX du début, Fujifilm avec avec ses séries XA, XE et XM, et Olympus avec ses séries Pen et OM-D ont toujours proposés des modèles somme toute performants tout en respectant cet état d'esprit original des "sans-miroir" avec des solutions légères et aux dimensions réduites.

Je comprends l'argument de tenue en main voulant répondre de certaines exigences ergonomiques pour la sécurité d'usage et le confort de l'utilisateur. Cependant les expériences passées démontrent que passé un seuil assez limite quant au volume de l'appareil l'utilisateur a tendance à délaisser sa caméra à la maison pour n'emporter ce qu'il considère beaucoup moins contraignant et là on voit poindre tous ces nouveaux mobiles multifonctions si alléchants.

Plus vraiment un compact!: l'Olympus OM-D E-M5 Mark II 
combiné avec sa poignée externe et son bloc d'alimentation
D'ailleurs je m'interroge aussi de l'impact d'une telle contradiction entre les petits objectifs produits depuis les débuts de ces nouveaux formats APS-C et MFT et les nouvelles propositions des fabricants qui sont de plus en plus volumineuses. Cette coexistence deviendra difficile puisque sur le plan du confort de manipulation les boitiers compacts ne font pas bon ménage avec des optiques plus lourdes et plus grandes en créant des déséquilibres évidents.

Du point de vue strictement commercial je conçois que Fujifilm, Panasonic et Olympus se préparent frénétiquement aux offensives prévisibles et imminentes des majors Canon, déjà amorcé, et Nikon, ça presse dans leur cas qu'il le veuille ou non (!). Et il ne faut pas sous-estimer cette menace compte tenu du marché restreint de la photographie spécialisée. Par contre l'argument commercial dans ce cas pourrait avoir son envers en aliénant l'essence même qui permis l'essor de cette catégorie d'appareils photo numériques, les compacts.

Cette lutte entre les compacts et les caméras de plus grandes dimensions n'est pas nouvelle et les tensions entre les deux écoles vont certainement persister encore longtemps. Il faut juste souhaiter qu'elle n'affectera pas trop l'offre actuelle pour des appareils photo et des objectifs compacts de qualité supérieure.
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(1) Notez la nuance ici qu'un appareil reflex optique renvoie l'image dans le viseur via un jeu de miroir et de prisme tandis qu'un "mirrorless" le fait de façon virtuelle par liaison électronique. Dans les deux cas les contraintes techniques et la qualité des composantes de construction influent dans le rendu final de l'image ainsi visionnée par l'utilisateur.

07 février 2018

L'éloge de l'objet... en photographie!

Un édito-philo-photo de Daniel M...



Bien sûr il faut être de son temps et donc de l'instantané-présent! Car nous vivons dans l'éphémère furtif ou la consommation matérielle effrénée et sans cesse renouvelée devient un acte de vie incontournable, une raison d'exister. En fait il ne s'agit plus de posséder ou encore d'être propriétaire mais plutôt de "passer GO" à toutes les modes, tendances, soubresauts d'une frénésie d'achats, de locations, de passades consommatrices. Et pour empirer le tout la désuétude des objets est maintenant programmée au quart de tour avant même que ce matériel devienne enfin familier dans notre petit univers humain.

Venant d'un consommateur invétérée de l'équipement photographique depuis, disons, quelques décennies, je parle en connaissance de cause. Et c'est bien là mon malheur... Mais il y a cette séduction irrésistible d'admirer un bel objet, de pouvoir le sentir dans ses mains, d'humer l'odeur de ses constituants, de saisir sa grandeur esthétique. Car ce n'est pas toutes les nouveautés (d'équipement photographique) qui ont accès à mon pinacle de l'objet d'Art, i.e. du nec le plus ultra en design et utilité conceptuelle. Par exemple de tous ces nouveaux DSLR je ne retiens aucune originalité d'accomplissement les uns pouvant s'inter-changer aux autres. Tout le contraire chez la gamme des appareils photo numériques dits "sans miroir" ou là la finesse, le clin d'oeil et la beauté pure se côtoient entre manufacturiers imaginatifs. Conclusion je ne peux résister ou alors très difficilement.

Plusieurs modèles d'appareils photo numériques sont visiblement devenus d'outil utilitaire à objet de collection absolument non-nécessaire mais si attirant! Oui ils sont fonctionnels au delà souvent de nos propres besoins mais encore ce qui les rend si désirable est plutôt leur jolie frimousse. Bref c'est l'éloge de l'objet avant sa nécessité fondamentale. Et parfois ce même appel à l'admiration esthétique pure a une conséquence inattendue en ce sens qu'elle incite à l'accomplissement de la création photographique. Et pourquoi pas! Ne sommes-nous pas rendu tous de grands artistes du moment présent et bref par définition?

Il y a donc un appel à collecter ce patrimoine des beaux appareils photo numériques avant qu'ils soient tous broyés et réduits en pâte de récupération par la roue de course au changement. Allons musées, collectionneurs, mécènes, au travail et offrez-nous de belles expositions sur l'éloge de l'objet en photographie!


04 février 2018

Les paramètres de la photo: du connu à l'inconnu.

Clair-Obscur du binôme des sujets se confrontent dans la composition de cette image en fuite.
Les paramètres connus, sous-entendus et ignorés de la photographie sont les contraintes techniques qui participent à la création de l'image fixée. Avec l'évolution technique des appareils photo contemporains et leur automatisation progressive, beaucoup d'utilisateurs ignorent ou ne se préoccupent plus de la configuration de ceux-ci. Il faut dire que les logiciels embarqués de ces appareils font un travail remarquable de détection et de prévision des conditions intrinsèques de la prise de vue. Ils sont performants et peu enclins à une mauvaise interprétation de la situation photographique. De plus ils gèrent instantanément un ensemble de paramètres qu'il est difficile d'appréhender pour le simple utilisateur déjà pénétré dans sa recherche du sujet, de sa composition et de son moment de déclenchement.

Des couleurs saturées représentatives de cette floraison en pleine essor
Mais quelle est cette recette mystérieuse aux ingrédients secrets qui rend possible l'enregistrement correct d'une image. Pour les vétérans de l'argentique classique, ces épices sont pour la plupart bien connues. Le choix du film pour un qui en impose le type, couleur, noir & blanc ou diapositive, sa sensibilité exprimée en ISO ou anciennement ASA/DIN et sa température couleur adaptée au type d'éclairage. Déjà certaines contraintes apparaissent inévitables et induisent des limitations de prise de vues en terme de qualité d'image ou de choix du sujet. À cela s'ajoute le traitement en laboratoire (développement) du film proprement dit après la prise de vues qui peut entrainer des variations sur le résultat anticipé. Avec l'avènement du numérique le film est substitué par le capteur universel d'images dont la sensibilité ISO est variable et le post-traitement s'effectue en partie par l'appareil photo lui-même. De même les palettes de coloration ou de nuances de gris ou encore d'effets spéciaux peuvent être sélectionnées directement. De plus le nombre de poses n'est plus limité à un nombre restreint mais propose une quantité très appréciable d'expositions.

Une zone de netteté restreinte dans cette illustration du phénomène de
la profondeur de champs associé à une grande ouverture de l'objectif.
Sur les appareils photo argentiques traditionnels les autres paramètres de prise de vues les plus courants sont le choix du temps de pose, i.e. la vitesse de l'obturateur ou d'obturation, l'ouverture du diaphragme, le F/stop, et la mise au point, i.e. le point de focalisation ou de netteté choisi sur le sujet. Chacun de ces éléments a une incidence sur le résultat de l'image. La vitesse d'obturation en plus de déterminer la durée d'exposition du film peut contribuer à fixer l'action du sujet pour un instant ou encore pour un parcours plus ou moins long exprimé par un flou caractérisé. L'ouverture de l'objectif en plus de contrôler l'entrée de lumière dans l'appareil déterminera la zone de netteté avant-arrière du sujet qu'on exprime en terme de profondeur de champs. Plus cette ouverture est grande plus cette zone de netteté est rétrécie créant ainsi une sélectivité intuitive de sujet. La mise au point de l'objectif sélectionné précisément le point focal de plus grande netteté choisi pour le sujet ce qui contribue également à la sélectivité exercée sur le sujet de l'image. Tous ces trois éléments techniques d'ajustement de l'appareil photo sont présents dans les versions numériques actuels mais leur paramétrage s'effectuent automatiquement sans l'aide de l'utilisateur qui peut cependant en connaitre les valeurs respectives attribués par le logiciel de la caméra et les corriger s'il le souhaite.

Un effet silhouette par sous-exposition de l'image en contre-plongée
 pour accentuer l'atmosphère de cette photo.
Afin de réaliser les choix techniques appropriés à une situation d'éclairage du sujet donnée, les appareils photo modernes utilisent un photomètre appelé aussi posemètre qui mesure la luminosité de ce sujet et de son ambiance et suggère à l'utilisateur ou à l'ordinateur de l'appareil une combinaison optimale de vitesses d'obturation et d'ouvertures de l'objectif à employer. De plus l'analyse de l'éclairage du sujet est souvent réalisée de façon matricielle ou zonale par un découpage de sections de l'image complète et une comparaison avec des patterns prédéterminés de pondération pour l'ajustement final des paramètres d'exposition. Ce système complexe est maintenant pris pour acquis par les photographes d'aujourd'hui et fonctionne très bien presqu'en toute occasion. Cependant le choix final de l'exposition du sujet reste subjectif dans la mesure ou le photographe reste maitre d'y introduire un biais correctif à priori via un coefficient de correction d'exposition ou encore une modification de la courbe de sensibilité selon les niveaux d'éclairage. Enfin il faut souligner la présence de programmes d'exposition adapté à des sujets spécifiques qui induisent des correctifs adaptés à des situations d'éclairages plus extrêmes.

Un champs visuel panoramique au cadrage visuel marqué par les édifices latéraux
Souvent omis de l'équation sont des critères de prise de vues pourtant sélectifs eux aussi comme le choix de l'objectif ou encore la modification de l'éclairage ambiant du sujet. Ce choix de la longueur focale de l'objectif en prédétermine son angle de champs, i.e. le champs visuel couvert par l'image captée de l'appareil photo. Cette mesure de sélectivité du sujet peut être à la fois inclusive du contexte   environnant du sujet ou au contraire discriminant de celui-ci. De même on peut choisir une compression des sujets présents dans l'image ou inversement un éloignement de ceux-ci suivant le type d'objectifs choisis, allant du téléobjectif au grand angle. La position et la distance entre le sujet et  le photographe sont aussi des éléments-clés de cette équation.

Une attention réciproque du sujet et du photographe
Il ne faut pas oublier tous ces paramètres implicites de la photo dans le choix du sujet comme son contexte environnemental et factuel, sa position, sa posture ou son expression particulière. L'étude du sujet photographique se compare avantageusement à tout autre étude réalisée dans les autres arts visuels. Le style de l'auteur lui permet d'imposer sa signature visuelle à travers son oeuvre. La persistence de cette recherche permet de raffiner son résultat à un niveau toujours plus élevé.

Ce modeste et forcément incomplet tour d'horizon des paramètres de la photographie cherche simplement à explorer la nature plus profonde des choix explicites et implicites de cet art visuel à part entière. Il n'est pas nécessaire d'en déterminer en profondeur tous les éléments mais plutôt d'en appréhender intuitivement la présence et leur importance relative dans le processus créatif. Leur plus grande maitrise vous assure ainsi un contrôle plus grand de votre production photographique et une recherche plus enrichissante.

Le style du photographe se définissant par une signature visuelle récurrente

03 février 2018

L'Olympus M.Zuiko Premium 45mm F1.8: la modestie du talent




Une des plus belles optiques avec laquelle j'ai pu travailler professionnellement durant mes années argentiques était l'objectif Leica Summicron 90mm F2.8. Compact avec un angle juste assez discriminant ce chef d'oeuvre d'outil photographique était vraiment un charme créatif pour son utilisateur. Je n'ai retrouvé cette magie visuelle que beaucoup plus tard en adoptant l'Olympus M.Zuiko Premium 45mm F1.8 pour le format numérique MFT (M4/3).

L'Olympus M.Zuiko Premium 45mm F1.8 est un petit téléobjectif discriminant doté d'un angle de champs visuel de 27 degrés. Petit en dimension et très léger grâce à sa construction en composite, il s'agit pourtant d'une optique de définition supérieure offrant des résultats détaillés sans aberration apparente. Sa nouvelle grande soeur ayant une ouverture maximale de F1.2 lui fait maintenant ombrage mais pour les adeptes de la street photography le 45mm F1.8 reste sans rival et d'une discrétion exemplaire. C'est l'antithèse de la photographe intimidante.

Un des aspects les plus intéressants de l'Olympus M.Zuiko Premium 45mm F1.8 est sa grande vivacité peu importe le modèle de boitier M4/3 auquel il est couplé. La mise au point automatique reste efficace même dans des conditions d'éclairage plus difficiles. On regrette simplement qu'il soit pas doté de l'option de mise au point manuelle sur la bague de focalisation du point comme son grand frère (45mm F1.2). Mais c'est peut-être le compromis à faire pour son tarif réduit et sa conception plus ancienne. Vous pouvez choisir la fonction de mise au point automatique avec l'option manuelle de votre appareil si vous désirez accéder facilement à cette fonctionnalité particulière.

L'Olympus M.Zuiko Premium 45mm F1.8 est une des principales raisons qui a provoqué mon adhésion au format M4/3. À l'époque j'expérimentais ce nouveau format de capteur avec un modèle Olympus EP-3 et son objectif-zoom de base 14-42mm mais c'est le 45mm F1.8 qui a révélé le véritable potentiel de cette catégorie de capteur numérique. Les résultats obtenus en terme d'imagerie était tout simplement d'une classe à part d'ou cette similitude avec le Leica Summicron 90mm f2.8 de l'ère argentique.

Mais jusqu'à quel point peut-on considérer ce 45mm F1.8 comme un objectif de tous les jours et comme la "normale" du photographe à l'imagerie discriminatoire. Car il s'agit bien de cela c'est à dire d'utiliser l'Olympus 45mm F1.8 comme l'outil optique sélecteur par excellence idéal sur le terrain bien que son angle de champs réduit le rend moins malléable en recherche contextuel et oblige son utilisateur à compresser son sujet sur des éléments restreints. Mais il s'agit bien là d'un choix ou d'une démarche purement artistique ou esthétique. Et cela participe à la signature de l'auteur tout comme tout autre objectif de votre choix.




Action, portrait, architecture et bien d'autres sujets sont à la portée de l'Olympus M.Zuiko Premium 45mm F1.8. Il n'y a qu'à prendre son appareil et déclencher. On revient toujours à l'Olympus 45mm F1.8 malgré toutes les infidélités j'en suis le premier témoin!




02 février 2018

L'Olympus M.Zuiko Premium 17mm F1.8: l'autre objectif normal

Bien sûr tous et chacun connaissent le consensus habituel qui définie la longueur focale "normale de tout format d'image par sa diagonale de son plan-surface d'enregistrement. Le plus connu est célèbre et se retrouve dans l'ancien format-film 35mm (24 X 36mm) avec les objectifs de 50mm bien que le résultat de son véritable calcul se situerait plutôt autour de 43mm. Cette même règle s'appliquant aux autres formats cette dite longueur focale "normale" peut varier beaucoup.

De fait avec un angle de champs d'environ 45 degrés ou un peu plus, les objectifs "normaux" sont souvent perçus comme un peu trop discriminants et c'est pourquoi se sont développé une autre catégorie d'objectifs souvent qualifiés de semi-grand-angle avec un arc visuel de plus ou moins 65 degrés. Leur effet d'éloignement des sujets par rapport à notre vision personnelle n'est pas très prononcé et  règle générale les distorsions engendrées par leur compression d'image restent modestes sinon imperceptible.

Au cours de la petite histoire de la photographie moderne plusieurs auteurs, reporters ou voyagistes ont privilégié cette autre distance focale normale comme avec les objectifs de 35mm dans le format 24 X 36mm parfois même s'aventurant avec des longueurs focales de 40mm surtout présent chez les appareils compacts mono-objectifs non-interchangeables. Plus près de nous plusieurs adeptes du 35mm film se rappellerons entre autres des Leica Summicron 35mm F2.0 ou des Nikon Nikkor AI(S) 35mm F2.8 comme des optiques de base très versatiles.

Aujourd'hui avec le développement prononcé et universel des objectifs-zoom les autres objectifs de longueur focale unique ou fixe ont pris un peu d'ombrage mais on assiste depuis une décennie à leur retour en force chez certains manufacturiers et plus particulièrement chez les systèmes compacts d'appellation "sans-miroir". C'est ainsi que chez Olympus, format de capteur MFT,on a développé toute une série d'objectifs nommés Premium et maintenant de la série "Pro" qui correspondent bien aux longueurs focales prisés par les amateurs de focales fixes. Parmi ceux-ci il y a ce 17mm F1.8 accompagné maintenant par son grand frère plus récent dit professionnel le 17mm F1.2.

L'Olympus M.Zuiko Premium 17mm F1.8 peut être le compagnon idéal d'un appareil compact comme les modèles OM-D E-M5 Mark II ou encore le Pen-F. Son champs visuel de 65 degrés correspond à un rendu visuel comparable à la zone de netteté de l'oeil humain même si notre champs visuel total est bien entendu beaucoup plus étendue. Ce 17mm F1.8 est compact et relativement léger. Sa mise au point peut être automatique ou manuelle à la volée puisque que la bague d'ajustement du point focal possède deux positions commodes et directement accessibles. Sa construction très métallisée est sérieuse mais l'objectif n'est pas qualifié officiellement par le fabricant de résistant aux intempéries.

L'Olympus M.Zuiko Premium 17mm F1.8 fait partie de cette catégorie d'optiques que j'aime nommer contextuel, i.e. en prise direct et à proximité du sujet. On retrouve dans cette famille d'autres longueurs focales comme les 12mm, 15mm, 20mm, 25mm ou encore les 42,5mm et 45mm, tous adaptés au format MFT, M4/3. Mais le 17mm a cet atout supplémentaire d'être véritablement un objectif "vadrouille" qui peut ramasser ou traiter à peu près n'importe lequel sujet spontanément. Et ce n'est pas un objectif intimidant, donc il est à l'aise en toute situation. C'est aussi l'objectif du reporter et du voyageur mais également du documentaliste puisqu'il respecte bien les proportions du sujet avec comme seule exception les gros-plans ou sujets rapprochés.

Parce que L'Olympus M.Zuiko Premium 17mm F1.8 n'est pas un objectif-zoom il exigera de la part du chorégraphe-photographe-auteur une plus grande disponibilité de mouvement en vue d'obtenir l'assurance d'un cadrage ou d'une composition adéquate pour son utilisateur et d'optimiser la qualité du résultat anticipé. Il en est ainsi de la plupart des objectifs à focales fixes bien entendu. Cependant ces objectifs de longueurs focales invariables sont des outils qui procurent une qualité d'image supérieure à bien des points de vue que les objectifs-zoom. Ils sont moins exigeants et plus linéaires pour les logiciels correctifs embarqués dans les appareils photos actuels. La correction moins grande induit ici une plus grande finesse de définition de l'image ce qui contribue à un post-traitement beaucoup moins destructeur même dans la situation d'un recadrage prononcé.

Peut-être découvrirez-vous que cet Olympus M.Zuiko Premium 17mm F1.8 est la seule optique que vous avez vraiment besoin ou encore la plus utilisée ou utilisable. Dans tous les cas ce 17mm saura bien remplir son mandat et deviendra un compagnon ou une compagne bien apprécié(e) n'en doutez pas!

19 janvier 2018

Je suis en Pen...-F! : Impressions françaises sur l'Olympus PEN-F

Depuis l'an dernier, 2017, pendant laquelle j'ai publié l'un de mes blog-notes sur l'Olympus Pen-F j'ai toujours eu l'impression de ne pas avoir vraiment tout dit sur ma relation totalement subjective et affective sur ce modèle compact du format M4/3. Doté du même capteur que la version PRO de l'OM-D E-M1 Mark II, le PEN-F représente le logique aboutissement de toute la série Pen d'Olympus depuis les débuts du modèle EP-1. Moi-même ex-propriétaire d'une version EP-3 dotée de son viseur électronique externe, j'ai toujours considéré cette configuration à la "rangefinder" comme l'interprétation la plus juste représentant le format Micro 4\3, MFT.

L'Olympus PEN-F nous renvoie aux concepts d'appareils photos utilisés par des marques de légende comme le Leica. La similitude est frappante et les clins d'oeil faits par les designers d'Olympus sont nombreux sur le boitier. Qu'on songe à l'interrupteur d'alimentation, le ON/OFF,  ressemblant à s'y méprendre à au bouton de rembobinage de film 135. Ou encore du sélecteur d'options situé à l'avant du boitier rappelant l'ancien sélecteur de vitesses d'obturation lente des Leica série F ou G. Et que dire de la possibilité d'utiliser l'antique cable déclencheur mécanique sur le déclencheur du PEN-F. Bref c'est un véritable festival de nostalgie et de technologie à la fois.

Mais le PEN-F c'est aussi un appareil diablement sérieux et qui peut avoir ses exigences. Utilisable en tout-auto vous me dites? Peut-être mais certains pourront facilement s'y mêler les pinceaux s'ils ne prennent pas garde. Oui c'est bien un Olympus avec toute sa complexité habituelle à commencer par son interface à options multiples. Et de plus il est totalement ou presque reconfigurable et il s'agit de bien se rappeler tous ces changements de fonctionalités des différents sélecteurs et boutons-poussoirs.  Donc le PEN-F n'est surtout pas pour le distrait et l'explorateur inconséquent. Non Madame et monsieur c'est un outil photographique qui demande à être respecté et profondément apprivoisé.

Il s'en est dit beaucoup sur ces formes délicieusement "vintage" suscitant une vague d'amour et d'endossement aveugle par beaucoup de bloggeurs reconnus, respectables et toujours si connaisseurs. Oui le PEN-F ressemble à un Leica M mais de vous à moi qui suis un ancien possesseur devenu pauvre (!) de Leica M4-P et M6, l'Olympus est d'une autre planète sinon galaxie par rapport à ces archaïques télémètres couplés d'un âge révolu. Le PEN-F est issu de l'ère numérique en étant performant, versatile et éminemment fonctionnel. Son capteur surpasse en résultat tout ce que les anciennes pellicules argentiques pouvaient offrir point à la ligne. Son posemètre analyse plus finement que n'importe lequel Sekonic ou Gossen de la génération des appareils à films. Sa mise au point automatique (!) répond à des situations où l'oeil combiné au télémètre ne pouvait être efficient. Bref on laisse tomber les tomates pour se consacrer aux oranges.

Ce que j'apprécie le plus de l'Olympus PEN-F est bien sa "fausse" discrétion classique car personne n'est dupe de votre présence avec cet appareil mignon comme tout mais tout le monde est séduit! C'est pourquoi il devient votre meilleur ambassadeur en toutes circonstances surtout en photo urbaine ou en voyage. Et aussi le complice de nombreux sourires... Mais attention le PEN-F peut être également un vrai pro toutes catégories... enfin presque.

En prise de vue son viseur électronique est dans la bonne norme avec un zeste de surplus de contraste surtout pour les scènes ensoleillés. Son temps de réponse est faible lui permettant une bonne réactivité aux situations spontanées. Sa visée-écran est excellente pour la composition précise ou encore les travaux de reproduction. Vrai aussi qu'un visée électronique décentrée ne correspond pas vraiment à un viseur sportif prévu pour l'usage des objectifs téléphoto puissants, donc journalistes sportifs s'abstenir. La position des différents sélecteurs et boutons-poussoirs répond à la logique courante pour ce type d'appareil. L'écran-viseur est tactile ou non au choix de l'utilisateur, option déjà existante chez les autres modèles de la série Pen il faut le souligner.

L'Olympus PEN-F est compact mais pas au point de glisser dans la poche de votre pantalon à moins qu'il soit cargo... Si on le combine avec un objectif de focale fixe tel les 12mm, 17mm, 25mm ou 45mm l'ensemble reste discret et relativement léger. La remarque prévaut également pour les objectifs zoom comme les 14-42mm mais au détriment d'une réduction possible de la qualité d'image obtenue et d'une ouverture maximale passablement plus petite.

Avec le PEN-F vous perdez toute inhibition à montrer votre appareil photo et vous redevenez beaucoup plus productif. Vous le tenez prêt à toute éventualité photographique et comme disent mes cousins français, vous shootez! C'est pourquoi le PEN-F est un outil créatif de première ligne toujours  paré à tout pour vous.

La tenue en main du PEN-F n'est cependant pas optimale comme à l'image des anciens télémètres couplés. c'est plutôt un appareil de poitrine ("chest device") comme on n'en voyait plein sur ces bons vieux touristes allemands des années 1950. Heureusement il est plutôt léger surtout avec une focale fixe comme précédemment mentionné dans ce texte. On le tient pour prendre des photos et non comme certains designs de type DSLR pour exercer ses poignets et renforcer ses biceps. La protubérance frontale du sélecteur de mode d'images  peut être gênante pour certains utilisateurs, c'est dit.

Concernant la qualité et le rendu des images obtenues, l'Olympus PEN-F remplit son mandat en vous offrant des résultats détaillés et des couleurs réalistes sans trop d'accentuations agaçantes et purement commerciales. La neutralité des images en noir et blanc est exemplaire et correspond parfaitement à l'archétype attendu d'un vieux routard comme moi qui a fait son apprentissage et en partie sa carrière avec ce format (N & B) traditionnel dont la renaissance est un autre bienfait de l'ère numérique.




La mise au point automatique est performante dans la plupart des situations. Il faut simplement s'assurer de l'initier dans la zone de netteté privilégiée du sujet. L'option de suivi du sujet, focus cracking, est intéressante si le mouvement reste fluide et selon un axe plutôt linéaire. La fonction "loupe" peut servir à affiner une mise au point effectuée manuellement à l'aide du viseur électronique ou de l'écran-viseur.

Pour des analyses pixel par pixel vous n'avez qu'à vous référer aux multiples ressources Internet spécialisées dans l'analyse de photos "à plat" répétées à l'infini. D'ailleurs tout au long de ma glorieuse épopée de photographe professionnel mes éditeurs se foutaient littéralement du matériel que j'utilisais et ne jugeant mon travail que sur les tirages ou transparents (diapo) présentés. Il en est ainsi dans ce monde cruel... Donc si le PEN-F vous permet de générer des images originales de qualité ayant un impact pour votre auditoire, il remplira vos exigences les plus pointues.

Quelques suggestions peut-être... Un accu BLN-1 et une carte mémoire SD de rechange assurément. Pour la photo au flash électronique d'appoint, le diminutif fourni avec l'appareil est par trop faible pour l'emploi à moins qu'il soit utilisé comme unité de déclenchement d'un montage multi-flashes. Privilégiez plutôt une unité autonome en énergie et puissance comme l'Olympus FL600R. La poignée amovible optionnelle ECG-4  ou ses clones a l'avantage de recentrer vers l'arrière l'orifice prévu pour le boulon du trépied et d'offrir un plateau intégré de type Arca-Swiss. Étant donné l'instabilité avérée de la version 2.0 du firmware, une mise à jour vers la nouvelle version 2.1 est fortement suggérée si vous voulez éviter la mise hors service impromptue de l'appareil.

L'Olympus PEN-F vous offre les options de connectivité standard pour la tablette ou le mobile. L'interface est complète et comprend entre autres les options de prises de vues et de transferts des images.

En résumé l'Olympus PEN-F est un appareil compact mignon mais sérieux qui incite à la photographie et c'est bien ce qu'on lui demande!

Blog-note on the Olympus Pen-F english version previously published in 2017.





11 janvier 2018

Excuse my french! (Pardon pour mon français!)

Pourquoi pas ce blog en français? Après tout il s'agit de ma langue maternelle (et paternelle!). Et la photographie n'est-elle pas une invention toute française, un peu de chauvinisme ne fait pas de tort. Et la passion pour ce médium visuel est encore très présente dans l'Hexagone.

En effet pourquoi pas l'avant-scène et l'arrière scène de l'appareil photo avec Daniel M. Hum peut-être un peu long comme en-tête de blog-photo. Essayons plutôt le Devant-Derrière du mini photoscope avec Daniel M. Peut-être mais mieux encore adoptons la nouvelle phraséologie française en conservant le Back and Front the (compact) camera with Daniel M prononcé à la française bien évidemment...

Oû en sommes-nous aujourd'hui avec la photographie française et autre? Dans un univers visuel tout aussi fascinant qu'à son origine. Les thématiques sont infinies et infiniment renouvelables, les outils de création jamais aussi diversifiés, les place-formes de diffusion multiples bref c'est encore un univers sans frontière "visible" et les amants de la photo n'ont jamais été si nombreux.

La photo c'est un geste créatif personnel dont l'impact ne dépend que de notre volonté à le partager. Sa motivation qu'elle soit profonde ou superficielle dépasse notre conscient-inconscient individuel. Une fois lancé dans la stratosphère sociale de notre civilité une photographie ne nous appartient plus vraiment devenant ainsi une composante de notre environnement visuel émotionnel. C'est pourquoi il faut parler de contribution plutôt que d'expression photographique.

Ah la langue française! Comme elle permet la prose, la poésie et qu'elle enrichit la philosophie! Aujourd'hui je ressent bien la difficulté de la rendre "anglaise" et de la réduire à l'expressif réduit de l'américain moderne présent partout dans le "Web" de maintenant. Comme quoi nos racines culturelles restent irremplaçables.

Sans parler de tout un vocabulaire photographique à priori français. Il n'y a plus d'excuses pour me prévenir de piger dans cette ressource linguistique et culturelle extraordinaire pour rédiger mes modestes élucubrations photographiques.

Alors qu'en est-il pour l'année-modèle 2018 de Back and Front...? Certainement une touche toute canadienne-française à offrir pour tous mes fidèles d'entre les fidèles et pour certains leur suggérer d'utiliser l'option "Goggle traduction" s'il ne le font pas déjà!